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Etude sanitaire : prise de sang à venir pour 300 habitants de Hao


Après Maemo au cours des deux dernières semaines, c'est au tour de 300 habitants de Hao d'être soumis à cette étude sanitaire.
Après Maemo au cours des deux dernières semaines, c'est au tour de 300 habitants de Hao d'être soumis à cette étude sanitaire.
OTEPA, le 17 avril 2016. Après l'atoll de Makemo qui a eu droit à la visite des médecins, chercheurs et infirmiers au cours des deux dernières semaines, c'est maintenant à la population de Hao de passer par cette étude sanitaire pour mesurer "l'imprégnation aux polluants industriels". Les résultats complets ne seront pas livrés avant l'année prochaine.

Le champ de cette étude sanitaire inédite s'adresse à la population âgée de plus 12 ans vivant depuis au moins cinq ans sur l'atoll de Hao. L'étude est menée par l'Institut Malardé en partenariat avec des chercheurs de l'université Laval de Québec. En fonction de données statistiques fournies par l'ISPF, les noms de 300 personnes ont été sortis. "Toutes les personnes qui sont concernées ont déjà été informées de la nécessité de cette étude et de la manière dont elle se déroulera" indique Théodore Tuahine, le maire de Hao. En fin de semaine dernière, trois personnes dont le docteur Édouard Suhas, chargé de recherche à l'Institut Louis Malardé sont déjà arrivées sur place, directement à l'issue de la même opération menée sur Makemo.

Car si on cherche à mesurer l'imprégnation aux polluants industriels des habitants de Hao, qui ont vécu durant trente années avec les installations militaro-industrielles de l'ancienne base arrière du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP), il fallait pouvoir comparer les résultats obtenus avec des habitants issus d'un autre atoll similaire. C'est ainsi que Makemo a été choisi comme atoll témoin.
Pour que l'étude soit parfaitement renseignée, le panel de 300 personnes doit compter 77 personnes de 12 à 19 ans, 169 personnes de 20 à 49 ans et 54 personnes au-delà de 50 ans. Dans le sous-groupe des 20-39 ans évalué à 120 personnes, la moitié devra être des femmes car elles sont alors en plein âge de procréation. Bien entendu, à Makemo, les prélèvements effectués au cours des deux dernières semaines, l'ont été sur un échantillon de 300 personnes également, sélectionnés selon les mêmes critères, les deux dernières journées exclusivement consacrées aux élèves du collège de Makemo. Sur place tout s'est déroulé sans difficulté, ni crainte particulière.

A Hao, toutefois, l'ambiance pourra être un peu plus tendue et pourra réveiller des craintes plus profondes liées à l'histoire de l'atoll et son passé de base arrière du CEP. Rappelons que cette enquête sanitaire sur la population de Hao a été décidée après la publication, en 2011, des résultats d'une étude d'impact des pollutions des sols et des eaux. Laquelle révélait une pollution de l'eau et des sols aux polychlorobiphényles (PCB), aux hydrocarbures aromatiques polycycliques et aux métaux lourds. La même étude pointait une pollution des aliments de l'atoll (poisson, coco) aux PCB et aux métaux lourds.
L'enquête sanitaire repose sur des prélèvements sanguins et sur un questionnaire portant sur les habitudes de consommation alimentaire. Les prélèvements effectués sur les 600 habitants de Makemo et Hao seront analysés dans les prochains mois. Les résultats définitifs devraient être livrés en avril 2017.


Rédigé par Mireille Loubet le Dimanche 17 Avril 2016 à 19:07 | Lu 1916 fois