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Enfant tué à Taunoa : le conducteur condamné à 18 mois ferme


Enfant tué à Taunoa : le conducteur condamné à 18 mois ferme
Tahiti, le 10 mars 2020 - Le quinquagénaire qui avait mortellement percuté un enfant de cinq ans devant le temple de Taunoa le soir du 31 décembre 2016 a été présenté devant le tribunal correctionnel mardi. Le prévenu, reconnu coupable d’homicide involontaire aggravé, a été condamné à 36 mois de prison dont 18 avec sursis.
 
Le drame avait eu lieu le soir du réveillon du 31 décembre 2016 devant le temple de Taunoa dans le quartier Estall à Papeete. Alors qu’il traversait la route pour rejoindre sa mère, un enfant de cinq ans avait été mortellement percuté par un véhicule d’1,7 tonne. Le chauffeur de la voiture, qui s’était arrêté non loin du lieu de l’accident, avait été pris à partie par des jeunes du quartier puis finalement interpellé par la DSP. Les analyses sanguines avaient permis de démontrer que le quinquagénaire présentait un taux d’alcoolémie de 0,44 gramme.
 
Plus de trois ans après les faits, l’homme a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Papeete pour répondre d’ “homicide involontaire aggravé”. Le soir des faits, et tel qu’il l’a expliqué à la barre, il avait bu deux litres de bière. Consommation qui était venue interrompre une période d’abstinence de trois ans. Abstinence qui faisait elle-même suite au décès de sa fille de 24 ans, morte sous les coups de “poing” et de “pied” de son compagnon.

“Prendre la vie d’un enfant”

Face au tribunal, le quinquagénaire, dont le casier comporte deux condamnations dont une en 2006 pour conduite en état alcoolique, a évoqué la difficulté de vivre lorsque l’on a “pris la vie d’un enfant”. Un dramatique accident qui a, tel que l’a vivement rappelé l’avocate de la famille du petit garçon, a provoqué une insondable douleur chez la mère de la victime. Pour le conseil des parties civiles, loin de relever de la “fatalité”, cet accident aurait “pu être évité” si le prévenu n’avait pas bu et pris un véhicule.
 
Avant de requérir 36 mois de prison dont 18 avec sursis, le procureur de la République a assuré que le dossier était “clair” sur le “lien de causalité” entre les “manquements reprochés” au conducteur et la “collision mortelle”.
 
Affirmant que ce type d’accidents ne devait pas rester “impuni”, l’avocat du prévenu, Me Jourdainne a toutefois rappelé lors de sa plaidoirie que l’enfant n’était “pas visible pour un véhicule qui circulait sur la chaussée” et que “l’absence de traces de freinage” démontrait que son client n’avait pas vu l’enfant.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions du ministère public en condamnant le prévenu à 36 mois de prison dont 18 avec sursis.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 10 Mars 2020 à 11:17 | Lu 4258 fois