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Du ferme pour le danger public


Tahiti, le 9 janvier 2026 – Un père de famille de 25 ans a été jugé jeudi en comparution immédiate pour refus d'obtempérer et conduite sans permis sous ice et paka. Le tout commis à bord d'un véhicule volé dans lequel se trouvaient ses deux enfants âgés de 7 et 21 mois. L'individu, déjà condamné à trois reprises, a cette fois écopé de deux ans de prison dont un an ferme.

Le tribunal correctionnel a jugé, jeudi en comparution immédiate, un ouvrier de 25 ans qui était poursuivi pour toute une série d'infractions qui auraient pu aboutir à un drame mortel. 

Le 20 octobre dernier et alors qu'il circulait dans une voiture volée avec sa compagne et ses deux très jeunes enfants non attachés, le prévenu avait refusé d'obtempérer alors que les policiers tentaient de le contrôler. Le jeune homme avait alors entamé une course folle au cours de laquelle il avait failli renverser plusieurs passants. Il avait fini par perdre le contrôle de la voiture avant d’être interpellé. Les analyses avaient permis d'établir qu'il avait consommé de l'ice et du paka. 

Un “sentiment de contradiction”

Lors de l'audience jeudi, le jeune homme a expliqué au tribunal qu'il vivait dans la voiture volée avec sa famille depuis trois semaines lors de son interpellation. Il avait à l'époque trouvé un travail “au black” de chef de chantier. Alors que la présidente du tribunal lui demandait comment il avait fait pour en “arriver là”, le prévenu a expliqué à plusieurs reprises que son seul souci était de “subvenir aux besoins” de sa femme et de ses deux enfants qui avaient été légèrement blessés lors de la course-poursuite avec les policiers. 

Tel que la présidente du tribunal l'avait déjà relevé, la procureure de la République a évoqué lors de ses réquisitions une certaine ambivalence chez le prévenu : “On a un sentiment de contradiction entre son attitude quand il dit vouloir subvenir aux besoins de sa famille et le fait qu'il consomme une drogue très coûteuse”, a-t-elle observé avant d’ajouter : “On a aussi le sentiment qu'il ne comprend pas bien la gravité des faits”. La magistrate a fini par requérir deux ans de prison dont un avec sursis probatoire pendant deux ans. Le tout assorti du maintien en détention. 

Constitué pour la défense du prévenu, Me Sylvain Fromaigeat a ensuite pris la parole pour affirmer que son client ne “banalisait” pas les faits mais qu'il avait simplement du mal à “analyser la situation” et qu'il n'avait pas le parcours d'un “délinquant d'habitude”. 

Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a condamné le père de famille à deux ans de prison dont un avec sursis. Une peine assortie du maintien en détention tel que requis par le parquet. 

Rédigé par Garance Colbert le Vendredi 9 Janvier 2026 à 06:54 | Lu 1616 fois