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Deux amendements polynésiens au projet de mariage pour tous


Deux amendements polynésiens au projet de mariage pour tous
Le député Edouard Fritch participe ce mardi à la commission des lois de l’Assemblée nationale, qui a débuté à 16 h, pour la discussion sur le projet de loi ouvrant le mariage pour tous.

Au cours de cette discussion, Edouard Fritch a fait une première intervention pour rappeler que si le droit civil, dans lequel s’inscrit le mariage pour tous, était bien une compétence régalienne de l’Etat, le législateur ne devait pas oublier les spécificités polynésiennes, et notamment celle d’une société profondément imprégnée des valeurs du christianisme, notant au passage que la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’avait jamais été rendue applicable localement.

« De part sa culture propre, la Polynésie française est restée largement éloignée d’un certain nombre d’évolution de la société française, et notamment de l’émergence et du militantisme public des mouvements homosexuels visant à leur reconnaissance. Dans ce contexte, la loi sur le mariage pour tous, si elle n’a pas fait l’objet d’un débat de fond qui aurait pu préparer les esprits à une évolution non revendiquée venue de l’extérieur, apparaît comme pouvant être en rupture avec l’équilibre ancestral de la société polynésienne, au risque de heurter profondément les consciences ».

Edouard Fritch a également souligné que si la société polynésienne n’était pas fermée aux évolutions, il fallait lui laisser le temps « d’une acceptation commune qui ne peut résulter que de l’apprentissage et du débat ».

Avant de parler de mariage pour tous, le député a souhaité l’application intégrale des dispositions relatives au PACS qui « apparaît donc comme une étape nécessaire, telle qu’elle le fut en métropole, dans l’évolution des mentalités et de la société avant d’ouvrir, ultérieurement, le débat sur le mariage pour tous ». A l’heure actuelle, en effet, certaines dispositions du PACS n’ont pas été étendues à la Polynésie française, empêchant de contracter un PACS à Papeete.

Aussi, les trois députés polynésiens ont signé deux amendements visant à l’extension des dispositions manquantes du PACS, tout en excluant la Polynésie française du champ d’application de la loi sur le mariage pour tous.

Ces amendements seront discutés ultérieurement, la commission poursuivant ses travaux en séance de nuit puis demain, mercredi.

Rédigé par communiqué EF le Mardi 15 Janvier 2013 à 10:54 | Lu 1572 fois