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Des listes "citoyennes" à la conquête des villes



Rennes, France | AFP | mercredi 25/02/2020 - "Brest, la liste citoyenne", "Archipel citoyen", "Maintenant j'agis"... Dans le sillon de Nuit debout, des marches pour le climat et des "gilets jaunes", un vent de listes "citoyennes", ancrées sur des valeurs de gauche, souffle sur les municipales, en ville comme à la campagne.

A Chambéry (Savoie), où l'abstention a dépassé 40% en 2014, le projet municipal participatif "Chambé citoyenne" a germé en 2017 sous l'impulsion d'un collectif d'habitants inspirés par le concept de municipalisme. Objectif? En finir avec l’"accaparement du pouvoir" par le maire et ses adjoints, et permettre aux habitants de se réapproprier les institutions locales.
Certaines listes tirent au sort une partie de leurs candidats, les autres étant volontaires ou désignés au terme de votes sans candidats prédéfinis. "Nous voulons montrer que la politique est accessible à tous", revendique Aurélie Le Meur, 38 ans, tête du "quatuor tête de liste" de Chambéry.
Quant au programme, il s’écrit généralement avec les habitants, comme à Besançon, où il est présenté comme l’aboutissement des 50 réunions publiques organisées par le mouvement "Bisontines-Bisontins".
Ces listes sont souvent inspirées par Saillans, ce village de la Drôme érigé en laboratoire de la démocratie directe depuis la victoire, en 2014, d'une liste collégiale et participative montée par les habitants.
Elles "sont un phénomène nouveau, sans aller jusqu'à contaminer la vie municipale", analyse Martial Foucault, directeur du Cevipof. "Ce qui est inédit, c'est qu'elles tirent leur légitimité de l’écologie et des inégalités sociales, et qu’elles prennent corps dans les grandes villes, et non plus seulement dans les petites, où l’on se présentait traditionnellement +sans étiquette+", ajoute le politologue.
A l'origine selon lui, la crise des "gilets jaunes" et l'idée qu'un président élu "ne tire plus toute sa légitimité du suffrage universel". "C'est le signe de la fin d'un cycle de la démocratie représentative", avec l'envie de voir émerger "une forme complémentaire à la démocratie électorale, qui ne s'exerce que tous les six ans", poursuit M. Foucault.
 

- "des règles du jeu perturbées" -

 
Tristan Rechid, coinitiateur de l’expérience de Saillans, aide depuis quatre ans des listes participatives, qu’il évalue entre "500 et 1.000", à se présenter dans toute la France. "Il y a une vraie volonté d'expérimenter une gestion communale où l'on fait penser les habitants", raconte cet ancien directeur de centre social devenu formateur "en démocratie locale".
A Commercy (Meuse), haut lieu de la mobilisation des "gilets jaunes" rendu célèbre par son appel national à "réinventer la démocratie directe", une liste envisage de laisser les habitants prendre les décisions importantes. A charge pour les élus de gérer les affaires courantes.
Mais ces listes citoyennes n’en ont parfois que le nom, cachant des partis ou des dissidences. "C'est dans l'ère du temps d'apparaître comme des citoyens libres. Cela correspond à l'affaiblissement structurel des partis. L'ère est au +parti bashing+ et à son corollaire, le +citizen washing+", observe Jean Petaux, politologue à Sciences Po Bordeaux.
Si certaines listes revendiquent le "zéro élu", d'autres agrègent des partis, comme "l'Archipel citoyen" à Toulouse.
"Elles ne se construisent pas forcément contre les partis, mais ça devient un problème quand un parti initie une liste, intègre des citoyens, et se présente ensuite comme liste participative", résume Guillaume Gourges, maître de conférences à Lyon 2.
Peut-on y voir un renouveau démocratique? "Oui", répond Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, qui évoque "une addition d'expériences locales" quand Guillaume Gourges décrit, lui, un "phénomène coordonné, avec des méthodes communes, des réseaux, et l'ambition d'enclencher une dynamique municipaliste dans le temps".
"C'est microscopique au regard des 35.000 communes, mais il se passe quelque chose par rapport à 2014", poursuit M. Gourgues, pour qui les listes citoyennes "s’ajoutent à la perturbation générale des règles du jeu". Selon lui, "on n'est plus dans les sempiternelles listes +sans étiquette+ qui fonctionnaient comme des listes +avec étiquette+, mais dans une repolitisation des débats et dans une volonté d’utiliser la liste comme outil de démocratie".

le Mercredi 26 Février 2020 à 05:51 | Lu 886 fois




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