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De la viande de tortue et des perles saisies par les douaniers


Les carcasses de tortues transitaient dans des glaciaires réfrigérées.
Les carcasses de tortues transitaient dans des glaciaires réfrigérées.
PAPEETE, le 17 novembre 2014. Un simple contrôle des douanes à la sortie du port de Papeete en fin de semaine dernière a permis aux agents de mettre la main sur 93 kilos de viande de tortue chez deux particuliers de Paea et Papara.
Vendredi 14 novembre : à la sortie du port de Papeete, les douaniers opèrent en soirée un contrôle classique. Dans un pick-up avec deux hommes à bord, ils trouvent une quarantaine de kilos de viande de tortue congelée. La marchandise transitait tout simplement dans des glaciaires réfrigérées. L'origine de cette chair de tortue est encore à déterminer, même si elle vient probablement du sud des Tuamotu : des analyses seront effectuées dans le cadre de l'enquête judiciaire qui démarre.

A la suite de cette découverte, les douaniers ont poursuivi leurs investigations en se rendant cette fois au domicile des deux hommes d'une quarantaine d'années qui se trouvaient dans le pick-up lors de la première saisie effectuée sur le port. Les visites à Paea et à Papara alourdissent le butin des douaniers. La saisie se fixe sur 93 kilos de viande de tortue conservées dans des congélateurs, mais aussi 181 perles et 545 keishis dont on ignore la provenance, et encore une arme et enfin des traces d'ice sur l'un des deux hommes. Au final, la sanction qui se traduira notamment par une amende risque d'être lourde pour ceux qui se livraient à ce trafic. Une amende qui pourrait atteindre le million de Francs pacifique aux deux auteurs identifiés.

La saisie de 93 kilos de viande de tortue est importante : "cela démontre qu'il y a un trafic régulier" précise Bruno Hamon, directeur des services douaniers. Un trafic régulier, donc une organisation avec des acheteurs occasionnels ou réguliers, un réseau et donc forcément des actes de braconnage tout aussi réguliers sur les tortues qui sont pourtant une espèce protégée en Polynésie. D'abord, depuis 1971, une réglementation de la pêche des tortues vertes marines, puis une délibération de l'assemblée de Polynésie de juillet 1990 qui vise à protéger les tortue vertes, imbriquées et luths. Malgré cela, le braconnage persiste car il est lucratif : la chair de tortue se vend sous le manteau environ 5 000 Fcfp le kilo.

Rédigé par Mireille Loubet le Lundi 17 Novembre 2014 à 16:35 | Lu 2582 fois