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Communiqué de l'UPLD-Tavini: Les leçons d’une victoire et le respect avec l’Etat


La victoire du Tahoeraa Huiraatira est sans appel : ses 3 candidats sont élus au 2ème tour. Le parti et son président en tirent une conclusion hâtive : c’est la victoire du Tahoeraa. Ils imaginent déjà réunir tous les autonomistes sous leur bannière aux territoriales et revenir au pouvoir en 2013. Sans attendre, des voix se font entendre : Nous avons soutenu l’autonomie, pas le Tahoeraa ! La nuance est d’importance.

Au premier tour, 85 000 électeurs se sont déplacés. Le Tahoeraa a obtenu 25 000 voix, les autres partis autonomistes, tous écartés du 2ème tour, ont totalisé 30 000 voix, et le Tavini-UPLD 20 000.
Le second tour a rassemblé 100 000 électeurs. Les 54 000 voix du vainqueur sont ses 25 000 du 2 juin plus les 30 000 des autres composantes autonomistes. La différence du nombre d’électeurs entre le 1er et le 2ème tour, provient uniquement du Tavini-UPLD qui passe de 20 000 à près de 43 000, sans avoir réussi à rassembler tout son électorat. Ces déçus ne sont pas considérés définitivement perdus.

Côté autonomiste, le choix est : rejoindre le Tahoeraa ou créer une nouvelle formation. Des leaders se sont déjà exprimés pour une union avec le Tahoeraa. Mais la seconde hypothèse se confirme. Parmi ceux qui ont fait partie du Tahoeraa, certains ont rompu définitivement. Pour les autres, la volonté est d’apporter une nouvelle image et une autre pratique de l’autonomie, sans oublier qu’il sera plus facile d’avoir sa place sur une liste nouvelle. Enfin, les affaires refont surface dès septembre : l’OPT, les emplois fictifs, c’est du lourd.

Au final que retenir de la victoire du Tahoeraa ? M. Fritch ne tire pas un bilan fracassant de son premier mandat à l’Assemblée Nationale, on s’interroge sur l’utilité de M. Tahuaitu, quant à M. Tuaiva, ses interventions sur les télévisions et autres média laissent dubitatifs. En siégeant aux côtés d’une droite complètement éclatée et archi-minoritaire, nos 3 députés ne servent à rien pour leur pays. Au lieu de mesurer les enjeux, les Polynésiens ont voté le nez dans les « anuhe ».

Le président Oscar Temaru s’est envolé lundi soir pour Paris avec une petite délégation qui sera rejointe par M. Frébault en cours de semaine. Ce qui est en jeu, ce sont les fonds de l’état bloqués par le Président Sarkozy, qui de fait, pénalisait toute la population. Il s’agit des 6 milliards et de la réouverture des guichets de l’AFD, mais il y a aussi le règlement des enseignants stagiaires ou la loi qui attribue les 4 aéroports de l’Etat à la Polynésie. Le Président Hollande s’est déjà engagé sur cette question. Elle constitue un enjeu majeur : le transfert s’accompagne des fonds du fonctionnement et de mise à niveau des installations et le gouvernement a une grande ambition pour le développement de cette structure.

Il a été reproché au président Temaru ses mauvaises relations avec l’Etat UMP, ce n’était pas sans raisons. La fermeture des robinets, les 3 modes de scrutins en 8 ans qui étaient tous destinés à le contenir dans l’opposition, l’impossibilité de gouverner dans une instabilité entretenue, ces entorses à la démocratie étaient révoltantes. Avec le Parti Socialiste, le respect et la paix sont revenus, la relance et le développement deviendront réalité. Quant au dernier mode de scrutin, il a satisfait les autonomistes, mais le pari peut être tenu pour 2013. Encore huit mois d’attente.

Rédigé par () le Mardi 19 Juin 2012 à 16:47 | Lu 733 fois