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Centre de détention de Papeari : mission réinsertion



Tearii Alpha, Grégoire de Chillaz et le directeur de Papeari, Gilbert Marceau.
Tearii Alpha, Grégoire de Chillaz et le directeur de Papeari, Gilbert Marceau.
PAPEETE, le 11 août - Jeudi matin, la presse était conviée à la nouvelle prison de Papeari pour assister à la signature de contrat de concession de main d'œuvre pénitentiaire entre le centre de détention et EDT ENGIE. L'occasion, pour nous, d'échanger avec les détenus sur leurs conditions d'incarcération et sur l'importance du travail dans le milieu carcéral.

Inauguré en mars dernier par l'ex garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, le Centre de détention de Papeari a ouvert ses portes le temps d'une journée. Jeudi matin, les journalistes ont pu intégrer la prison afin de visiter un atelier d'assemblage électrique de compteurs. Ce dernier a vu le jour grâce à un contrat de concession de main d'œuvre pénitentiaire entre la prison, le Directeur interrégional de la Mission des services pénitentiaires de l'Outre-mer et EDT. Le contrat a donc été signé, hier matin, par le directeur de Papeari, Gilbert Marceau et le Président Directeur Général d'EDT ENGIE, Grégoire de Chillaz. Le Pays était représenté par Tearii Alpha, ministre des ressources primaires Ce projet vise à permettre aux détenus d'exercer une activité professionnelle pour laquelle ils seront rémunérés. Le centre accueille actuellement 195 détenus, dont 87 d'entre eux travaillent sur la base du volontariat. Sur ce chiffre, l'on dénombre 60 détenus travaillant au Service Général, 12 au Fa'apu et 15 en atelier pour EDT ENGIE. Pour ce dernier, l'entreprise a installé, dans l'atelier de 600 m2, un établi avec les outils appropriés. Elle va également mettre à disposition trois employés pour assurer la formation, le contrôle et la gestion courante de l'atelier. Dans son discours, Gilbert Marceau a souligné l'importance du travail dans le cadre de la réinsertion et s'est dit satisfait du travail fourni par les détenus.

Dignité

La signature de ce contrat était l'occasion de rencontrer les détenus qui ont été récemment transférés de Nuutania vers Papeari. Nous avons pu nous entretenir avec les condamnés qui sont employés à l'atelier EDT ENGIE. Comme nous l'a expliqué l'un d'entre eux: "Exercer une activité professionnelle est une chose qui nous permet de reprendre confiance en nous. Les gens peuvent penser que nous sommes de mauvaises personnes au regard de nos incarcérations. Mais nous souhaitons prouver que nous sommes capables de travailler de manière sérieuse, capables d'apprendre et de nous préparer au retour à la vie en société. Le travail en milieu carcéral nous permet de rythmer nos journées, nous ressentons beaucoup moins la force de l'ennui" A propos des conditions de détention à Papeari, les détenus commencent, unanimement, leur propos par la même phrase: "ici, nous avons retrouvé le sommeil." Il est vrai que la modernité des locaux de Papeari ainsi que les nombreux projets que l'on souhaite y développer semblent redonner un peu de confiance à des hommes condamnés, pour certains, à des peines d'emprisonnement supérieures à une décennie. Comme une dignité retrouvée, ils évoquent leurs cellules individuelles: "nous retrouvons une intimité, la possibilité d'avoir de l'eau chaude et des sanitaires dignes de ce nom. Cela apaise un peu les rapports entre nous et nous donne l'envie de nous structurer." Car, outre la tranquillité affichée, les détenus appréhendent la fin de leur peine. Pudiquement, l'un d'entre eux, condamné à plus de dix ans de prison, évoque sa peur, "Je redoute le retour à la liberté, le comportement en société. Je suis trop habitué au milieu carcéral pour ne pas être angoissé à l'idée du jour où je reviendrai totalement autonome."

Grégoire de Chillaz, Président Directeur général d'EDT ENGIE :

"En tant que patron, j'ai la conviction que les entreprises doivent être en prise avec les réalités des territoires, c’est-à-dire qu'elles ne doivent pas simplement se contenter de faire leur travail mais aussi répondre aux besoins du territoire. Dans les attentes exprimées aujourd'hui, nous avons une problématique qui se pose, celle de l'insertion et notamment de l'insertion des jeunes. Outre les projets que l'on a développé, nous avons considéré, avec Gilbert Marceau, qu'apporter un travail à des détenus, leur apprendre un métier, les former, était la meilleure manière de réussir leur réinsertion. Cela nous permet d'avoir une main d'œuvre volontaire et motivée. Nous allons sur place pour contrôler le travail et nous fabriquons des candidats qui pourront peut-être intégrer nos effectifs lorsqu'ils seront libres. Nous sommes dans un partenariat bienveillant, les détenus seront rémunérés sur la base d'un barème défini par l'administration."

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 10 Août 2017 à 17:01 | Lu 2144 fois




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