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Billabong Pro Tahiti 2015, le Bilan - Jérémy Florès dédie sa victoire aux victimes des requins.

C’est l’heure du bilan pour une Billabong Pro 2015 qui aura tenu toutes ses promesses en terme d’émotions. Satisfaction pour Taumata Puhetini qui remporte pour la 3e fois les Trials, déception pour l’élimination de Michel Bourez au round 2, puis joie intense pour la victoire flamboyante du Français Jérémy Florès, la compétition aura réservé bien des surprises au public venu nombreux pour assister aux exploits des surfeurs de récif.


Gabriel Medina, le tenant du titre est arrivé jusqu'en finale en sortant John John Florence.
Gabriel Medina, le tenant du titre est arrivé jusqu'en finale en sortant John John Florence.
Une organisation réussie

TEAHUPO’O, le 27 août 2015.
Le rideau est tombé sur une édition 2015 de la Billabong Pro riche en émotions. Elle restera dans les mémoires pour diverses raisons. L’heure du bilan a sonné pour cette compétition qui peut être considérée, avec Hawaiki Nui Va’a, comme l’événement sportif de l’année, une compétition que Tahiti Infos aura vécu pour vous au plus près de l’action, à quelque mètres de la zone d’impact.
 
L’organisation aura été sans faille. Pascal Luciani et Steve Robertson de Tahiti Ocean Production ont pu satisfaire les demandes des médias internationaux et locaux. La fédération tahitienne de surf a également été un des acteurs principaux de la réussite avec Philippe Klima, Max Wasna, Sarah Lienard, Ingrid Leboucher et tous les bénévoles, les juges-arbitres, météo France, le maire de Teahupo’o, les associations, les water patrol…La liste des personnes impliquées est longue.
 
La rédaction de Tahiti Infos remercie la WSL, la société Top, la fédération tahitienne de surf ainsi que tous les acteurs de cette réussite, tous les surfeurs qui ont pris des risques pour satisfaire leur passion et nous offrir un tel spectacle.

Taumata Puhetini est le premier surfeur à avoir remporté trois fois les Trials
Taumata Puhetini est le premier surfeur à avoir remporté trois fois les Trials
De la satisfaction pour Taumata Puhetini
 
Cette année les vagues auront été moyennes lors des trials mais cela n’aura pas empêché nos surfeurs locaux de se faire remarquer et à Taumata Puhetini de rentrer dans l’histoire du surf tahitien en remportant sa 3e victoire. Il s’était pourtant blessé à la cheville lors de la finale. Fort heureusement Bruno Santos, un habitué des Trials qui avait réussi l’exploit de gagner le Main Event en 2008 face à Manoa Drollet, ne trouvera pas de vagues laissant Taumata s’imposer.
 
On ne peut que formuler des regrets pour Steven Pierson qui se fait éliminer en demi finale à quelques points de la qualification pour le Main Event. Steven Pierson bataille depuis des années dans les séries qualificatives du championnat du monde (WQS) rêvant de rejoindre Michel Bourez dans le WCT. Il avait là une magnifique occasion de participer à une épreuve du WCT, il aurait eu moyen de créer des problèmes à l’élite du Top 34…mais le sort en a décidé autrement.
 
Taumata Puhetini en raison de vagues capricieuses et de sa cheville foulée fera un passage discret dans le Main Event avec une série du round 1 où il ne marque que 1.33/20 et une série du round 2 où il ne marque que 8.44/20.

Michel Bourez a manqué de réussite lors de cette Bilabong Pro mais le championnat n'est pas fini
Michel Bourez a manqué de réussite lors de cette Bilabong Pro mais le championnat n'est pas fini
De la déception pour Michel Bourez, mais ce n'est pas fini
 
Après une magnifique 5e place à l’issue du championnat mondial 2014, Michel connaît un début de saison difficile. Deux 25e places, une 5e place puis un terrible wipe out en session libre qui le contraint au forfait sur deux épreuves. Il revient en Afrique du Sud, remporte brillamment sa série du round 1, du round 3 mais il se fait éliminer au round 5. En interview, il nous avouera ne pas se sentir à 100% pour la première fois de sa carrière.
 
En 2014 à Teahupo’o, il avait pu se hisser jusqu’au 5e round et avait manqué de justesse les quarts de finale, stoppé par Bede Durbidge. Il avait malgré tout fait marqué les esprits en prenant des vagues impressionnantes, en chutant et en s’élançant à nouveau devant son public en extase. Le chouchou du public tahitien avait montré son courage et sa volonté de bien faire.
 
Malheureusement cette année, la vague a décidé que ce n’était pas encore son heure. Dans le round 1, après 5 séries permettant aux gagnants de marquer entre 10 et 15 points/20, il tombe sur une série sans vague. Il score 2.44, le leader au classement Adriano De Souza 5.30 et Bruno Santos 8.67. Lors du round 2 de repêchages, Jadson André obtient une vague à 8.77, une autre à 8.33…et Michel casse son leash, casse sa planche et ne marque que 10.60 sur le total de ses deux vagues.
 
Alors qu’il était en phase de remontée, à l’issue de la Billabong Pro il stagne à la 25e place du classement mondial. Il a malgré tout devant lui 4 épreuves pour se refaire et assurer son maintient dans le Top 34. Heureusement, les épreuves hawaiiennes lui ont souvent réussi, espérons que cela sera le cas encore cette année.

La vague de la victoire pour Jérémy Florès, notée 9.87.
La vague de la victoire pour Jérémy Florès, notée 9.87.
De la joie intense avec Jérémy Florès :
 
Jérémy Florès a toujours bien surfé à Teahupo’o. Il y surfe en backside, c’est à dire dos à la vague. Suspendu en 2014, il attendait cette revanche, mais blessé dernièrement en Indonésie en chutant lourdement sur le récif indonésien, Jérémy Florès n’était même pas sûr de participer. Il s’est présenté au round 1 avec un casque sur la tête. Peu de surfeurs en portent malgré les risques évidents. ‘La sensation est bizarre’, ‘cela perturbe l’équilibre, l’audition’… Il a remporté la compétition avec ce casque, espérons que cela puisse convaincre de futurs utilisateurs !
 
Son style est magnifique. La patience, la placement et le choix de vagues ont été primordiaux mais pas seulement. Ses ‘take off’ sont parfaits. Son ‘grab rail’, sa manière de baisser son centre de gravité en tenant de sa main droite le rebord de sa planche tout en freinant sa progression avec sa main gauche, est d’une précision chirurgicale, il lui permet de se caler dans le tube et d’y rester le plus longtemps possible, même lorsque celui ci n’est pas ample comme ce fut le cas cette année.
 
Il se permet le luxe de remporter sa série du round 1 avec un total de 14.90/20 puis au round 3 il sort Joel Parkinson avec 18.87. Au round 4, il s’incline face au King Kelly Slater avec 14.66 puis au round 5, il passe de justesse avec 13.37 et seulement 14 dixièmes de points d’avance sur un des nombreux Brésiliens désormais sur le tour, Wiggolly Dantas.
 
Il sort le grand jeu à partir des quarts de finale en prenant sa revanche sur Kelly Slater qu’il élimine grâce à un total de 16.83, il se défait en demi finale de l’excellent CJ Hobgood avec 15.86 et en finale…il débute la série avec un 9.87, ce qui va mettre ses nombreux supporters dans un état de jubilation et d’excitation. Avec une 2e vague notée 7.00 et un Gabriel Medina se déplaçant dans tous les sens sans savoir quoi faire, la victoire ne pouvait pas lui échapper.
 
Quelle émotion de voir pleurer de joie sa compagne Hinarani De Longeaux, notre Miss Tahiti 2012, et de les voir s’enlacer de bonheur après sa sortie de l’eau.

Jérémy Florès et Hinarani De Longeaux lors de la remise des prix.
Jérémy Florès et Hinarani De Longeaux lors de la remise des prix.
Un surfeur engagé, fort en caractère :

Le caractère de Jérémy Florès est tout sauf mièvre
. On s’en était rendu compte lors de son coup de gueule contre les juges de la WSL, si souvent critiqués par les internautes mais rarement par les surfeurs eux-mêmes. Un coup de gueule qu’il avait dû payer par une suspension et, indirectement, une 33e place au classement mondial en 2014. Il n’avait dû son maintien dans le Top 34 qu’à d’excellents résultats en WQS l’ayant maintenu in extremis.
 
Et aujourd’hui, il est 7e au classement du championnat du monde, il peut espérer faire aussi bien voir mieux que la 8e place de l’année de son entrée dans le WCT en 2008, après 9 années passées dans l’élite du surf mondial, lui le ‘petit’ Réunionnais face aux Australiens, Américains, Brésiliens ou Hawaiiens.
 
On se souvient de ses prises de position osées au sujet de la ‘crise du requin’ à la réunion, critiquant ouvertement ‘l’écologisme’ (et non l’écologie) et la réserve marine mise en place en 2007 en la décrivant comme facteur principal des attaques qui étaient apparues en 2011. Son île de la réunion et ces victimes que sont Elio Canestri, Mathieu Schiller et les autres, ils ne les a pas oubliées puisque lors de notre interview, il dédiait sa victoire à ses frères de la Réunion tragiquement disparus. Une victoire pour Jérémy Florès amplement méritée et saluée par le public polynésien. SB

Après 11 titres de champion du monde, chaque apparition de Kelly Slater pourrait être une dernière dont il faut profiter.
Après 11 titres de champion du monde, chaque apparition de Kelly Slater pourrait être une dernière dont il faut profiter.

Rédigé par SB le Jeudi 27 Août 2015 à 14:20 | Lu 6207 fois