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Antony Géros, tavana fédérateur



Tahiti, le 4 juillet 2020 - C'est sans surprise qu'Antony Géros a été élu tavana de Paea vendredi. Seul candidat à la succession de feu tavana Jacquie Graffe, le nouvel édile a même bénéficié de l'appui d'un élu de la minorité, puisqu'il a obtenu 26 voix sur les 25 issues de sa liste. En revanche, pour l'élection des adjoints, deux listes ont été proposées. Et un des élus de la majorité a mis un bulletin blanc dans l'urne.

La population de Paea est venue nombreuses vendredi pour assister à l'investiture du conseil municipal. Quatre points à l'ordre du jour, l'installation des élus, l'élection du tavana, le choix du nombre d'adjoints et enfin leur élection.

Avant de passer au vote du premier magistrat de Paea, l'élue et présidente du groupe Tapura à l'assemblée, Tepuaraurii Teriitahi, a regretté que la confidentialité du vote ne soit pas respectée : "on doit pouvoir voter sereinement et en toute confidentialité". Elle a demandé à ce que les élus puissent se retirer dans une salle pour pouvoir mettre leur bulletin de vote dans l'enveloppe. Une requête qui a été huée par la population venue nombreuse et a été mis au vote. La majorité a finalement accepté cette demande.
Autre couac, lors de la distribution de l'enveloppe et d'un seul bulletin blanc, beaucoup d'élus se sont étonnés qu'il n'y ait pas de bulletin sur lequel le nom du seul candidat Antony Géros apparaissait. L'élue Tepuaraurii Teriitahi est intervenue : "normalement on doit avoir un bulletin blanc et un autre avec le nom du candidat (…). S'il n'y avait qu'un bulletin blanc, on aurait écrit à la main et cela n'anonymise pas le vote car on peut reconnaitre l'écriture de la personne. Et cela peut faire l'objet d'un recours même si on ne va pas aller jusque-là. Il va être élu mais il vaut mieux que les choses soient faite dans les règles". L'élue a ensuite indiqué que l'élection, ou en tout cas son organisation logistique, avait été préparée par le personnel de la commune.

Une surprise dans l'urne au moment de l'élection du maire, un élu de la minorité a voté pour Antony Géros, lui offrant 26 voix au lieu de 25 contre 7 bulletins blancs. En revanche, lors du vote pour les adjoints, deux listes ont été déposées. L'une par la majorité et l'autre par la minorité avec des noms des élus de la majorité. L'actuel premier adjoint, Mike Chong Ayou, s'est levé pour demander à ce que son nom soit retiré de la liste de la minorité, tout comme tous les autres élus de la majorité. Surprise également dans l'urne, un élu de la majorité n'a pas voté pour sa liste… Interrogé sur cet épisode, le nouveau tavana est resté philosophe : "c'est la démocratie".
 

Antony Géros : "L'indépendance ne s'impose pas mais elle se partage"

Comment vous sentez-vous ?
"La partie la plus rude a été accomplie, celle des deux tours du scrutin. Et la consécration a été obtenue dimanche soir. Maintenant la tension s'est un peu relâchée. On s'est bien reposée et aujourd'hui on est prêt à repartir pour les six ans qui s'annoncent."
C'est une journée exceptionnelle ?
"Très exceptionnelle parce que je vais devoir remplacer Jacquie Graffe qui a officié aux affaires de cette commune pendant près de 45 ans. Ce n'est pas chose facile, mais il faut le faire. Je suis que toute l'équipe qui m'ait solidaire, a décidé de relever le défi. Et on essaiera de faire mieux."
Est-ce que vous allez partager les postes d'adjoint avec la minorité ?
"On va partager certaines choses, mais peut-être pas les postes d'exécution, parce que j'ai besoin d'avoir une équipe soudée, de confiance. Et pour éviter les revers ou les débordements, j'ai préféré rester homogène. Mais par contre, vous verrez dans la charte que j'ai fait préparer, la charte de l'élu, on a prévu quelque chose pour permettre à cette opposition de vivre ces six années dans le cadre de cette institution."
Quels seront vos premiers chantiers ?
"Dès cette semaine j'ai rendez-vous avec le concepteur du réseau hydraulique. Pour essayer de voir comment on peut activer les travaux restants pour garantir la potabilité de l'eau d'ici le mois de décembre. Cela va être le premier chantier et le plus important d'ailleurs et le plus prioritaire."
(Après l'investiture) Pourquoi ne pas avoir mis votre écharpe ?
"L'écharpe n'est pas une condition de validation des actes. C'est vrai que dans certaines cérémonie protocolaires, si l'institution l'impose et bien je serais bien obligé de mettre cette écharpe. Mais celle-ci (ndlr, la couronne) me va à merveille."
Vous avez appelé à l'union ?
"Oui j'ai appelé à l'union et à l'ouverture. Ma liste était composée de deux formations politiques fortes dans le Pays. Et j'ai ouvert également la porte aux candidats qui sont sans étiquette. Et c'est avec beaucoup de plaisir que je savoure cette victoire avec eux."
Vous avez évoqué dans votre discours les présidents du Tavini et Tahoeraa…
"Cela me donne une force supplémentaire qui accrédite le fait que j'ai vu juste, en faisant le rapprochement et l'entente de ces deux formations au sein de notre groupe. Et j'espère vraiment que dans les six ans à venir, ils vont rester à la hauteur de leurs engagements, en gardant cette harmonie, cette solidarité et cette entente jusqu'à la fin de notre mandat."
Vous disiez aussi dans votre discours que désormais vous n'êtes plus le second ?
"Eh bien, aujourd'hui, l'oiseau construit son nid et l'homme fait son chemin. Et comme je le disais j'ai été président de l'assemblée, vice-président, ministre, président de groupe. Aujourd'hui je suis au-delà de mes fonctions de conseiller municipal, je suis également maire de la commune de Paea. Et qui plus est avec beaucoup d'émotion en remplacement de Jacquie Graffe. C'est un remplacement qui m'honore vraiment."
Vous disiez que être un tavana indépendantiste mais pas votre commune ?
"L'indépendance ne s'impose pas mais elle se partage. Il faut laisser le temps au temps. Mon aspiration politique, c'est que tout le monde puisse accéder à sa souveraineté. J'estime que l'histoire m'a rapporté trop de faits réels dans la manière dont ce Pays n'a plus été celui qu'il aurait dû toujours être. Et c'est pour cela que je dis qu'il faut reconquérir notre souveraineté. Et pour cela il faut d'abord rester soi-même, bien campé dans ses chaussures, avec toutes ses convictions et essayer de partager ses convictions avec ceux qui ne le sont pas encore. Et lorsque la majorité de cette population sera enfin convaincue que le vrai objectif est d'accéder à notre souveraineté, de prendre les affaires du Pays en main, nos responsabilités en main, à ce moment-là seulement ce ne sera plus la chose du Tavini, et peut-être demain la chose du Tahoeraa, ce sera vraiment l'objectif de la Polynésie."
 


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Samedi 4 Juillet 2020 à 02:17 | Lu 1856 fois





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