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Affaire JPK : l'annulation des écoutes de Manate et Puputauki confirmée en cassation


Les mis en examen Tino Mara et Tutu Manate, en juin 2014 au palais de justice de Papeete. La justice soupçonne les deux anciens agents du GIP et leur supérieur hiérarchique de l'époque, Rere Puputauki, d'être liés à la disparition du journaliste d'investigation Jean-Pascal Couraud, en décembre 1997.
Les mis en examen Tino Mara et Tutu Manate, en juin 2014 au palais de justice de Papeete. La justice soupçonne les deux anciens agents du GIP et leur supérieur hiérarchique de l'époque, Rere Puputauki, d'être liés à la disparition du journaliste d'investigation Jean-Pascal Couraud, en décembre 1997.
PAPEETE, 12 janvier 2015 – Les sonorisations faites aux domiciles de Léonard Puputauki et de Tutu Manate courant 2013 dans le cadre de l'instruction sur la disparition de Jean-Pascal Couraud sont définitivement annulées après le rejet en cassation des pourvois formés par les proches du journaliste d'investigation.

La cour de cassation rejette, par une décision rendue le 6 janvier, les pourvois formés contre l’arrêt de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Papeete qui avait reconnu, le 8 juillet 2014, l’insuffisance de motivation de la commission rogatoire à l’origine des captations sonores réalisées aux domiciles de Tutu Manate et de Léonard, dit Rere puputauki, courant deuxième semestre 2013.

Après que la haute juridiction se soit rangée à l'avis de la chambre de l'instruction, ces sonorisations ne peuvent plus figurer dans le dossier d'instruction.

L’exploitation faite par la Section de recherches de Papeete de ces captations sonores avait permis de mettre en évidence plusieurs éléments de conversation qui évoquaient l'homicide, et suggéraient que Tino Mara et Tutu Manate auraient pu être rétribués "12 millions" Fcfp en contrepartie. Il ressort en outre de ces enregistrements que les deux anciens du GIP et Rere Puputauki ont tenté de s'entendre pour mentir au juge d'instruction.

Depuis l'annulation, en juillet dernier, des mises en examen pour meurtre des prévenus de ce dossier, les deux anciens agents du groupement d’intervention de Polynésie (GIP) ainsi que leur ancien supérieur hiérarchique, Rere Puputauki, demeurent mis en examen pour enlèvement séquestration sans libération avant le 7ème jour, suivi de la mort de la victime, en bande organisée.

La justice les soupçonne d’être liés à la disparition, en décembre 1997, du journaliste d’investigation Jean-Pascal Couraud.
"Les mises en examen indiquées ci-dessus devraient donner lieu à une ordonnance de renvoi devant la cour d’assises au cours des prochains mois", espère le comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, dans un communiqué transmis ce lundi à la presse. "Il est donc raisonnable de considérer qu’un procès pourrait enfin avoir lieu dans le courant de l’année 2016, tel que cela est attendu depuis de nombreuses années par la famille, les proches de Jean-Pascal Couraud et de nombreuses autres personnes en quête de vérité et de justice".

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 12 Janvier 2015 à 11:06 | Lu 91022 fois