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A l'Assemblée de Polynésie, la consommation de chair de tortue est évoquée


Une tortue blessée par un fusil harpon.
Une tortue blessée par un fusil harpon.
PAPEETE, le 17 avril 2014. Les représentants de l'Assemblée de Polynésie ont adopté ce jeudi par 46 voix pour et 11 abstentions (le groupe d'opposition UPLD), le projet de Loi du Pays sur la traçabilité douanière de certaines espèces marines. En l'occurrence, il s'agissait de codifier les différents produits exportés qui concernent les bénitiers et les bêches de mer ou rori. La volonté de ce nouveau texte sur deux espèces protégées mondialement est de "permettre de différencier les filières de produits, différencier notamment la filière aquariophilie de celle alimentaire" indiquait sur la tribune du gouvernement, Geffry Salmon en remplacement du ministre des ressources marines, Tearii Alpha. En dépit de quelques critiques émanant des rangs de l'UPLD suggérant que cette nouvelle loi de Pays devait être liée avec le "projet pharaonique d'aquaculture" à Makemo selon les termes d'Antony Géros, le texte n'a pas été très âprement discuté.

En revanche, bien que le texte étudié par les représentants n'évoquait que la situation des bénitiers et des rori, il a permis d'aborder la question de la tortue, espèce protégée également au plan mondial avec une interdiction absolue de la chasser, mais dont la chair est encore consommée régulièrement en Polynésie française. C'est Antonio Pérez, du groupe A Ti'a Porinetia qui a engagé le débat. "Il est temps de constater cette hypocrisie qui nous étouffe tous et voir s'il ne serait pas possible de créer un élevage de tortue territorial pour la chair de tortue. Cet élevage permettrait de combattre le braconnage en préservant la ressource naturelle".

Dans les rangs de la majorité Tahoeraa, René Temeharo poursuivait : "On montre du doigt les braconniers, ceux qui mangent la chair de tortue -d’ailleurs j’en vois parmi nous- et, en face, on ne nous donne pas plus de solutions pour préserver cette espèce. N’est il pas nécessaire de voir cette possibilité d’un élevage de tortues du Pays, afin de garantir la préservation de l'espèce, au lieu de se réfugier uniquement derrière la convention de Washington?"
Sur la tribune gouvernementale, Geffry Salmon qui remplaçait le ministre des affaires marines, n'a pu que promettre de faire passer ce message et ces idées d'un élevage territorial de tortues à Tearii Alpha lors de son retour en Polynésie française.

Rédigé par Mireille Loubet le Jeudi 17 Avril 2014 à 10:28 | Lu 3713 fois