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​Opposition polynésienne au Sénat à la fin de vie


Tahiti le 20 janvier 2026. Lana Tetuanui a invité les sénateurs hier à la suivre dans sa démarche de retirer la Polynésie française de la proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir, qui deviendrait une exception à l’échelle de l’Etat et qui serait – encore - à rebours de l’évolution des mentalités, comme pour le Pacs.
 

Les élus nationaux et autres représentants à l’assemblée de la Polynésie française sont sensés être le relais de la pensée et des aspirations de la population qui les a portés au pouvoir. Sans consultation et sur la base de considérations religieuses et culturelles, avec un agenda électoral bien ancré aussi alors que les municipales arrivent à grands pas, ils ont récemment fermé la porte à l’extension à la Polynésie française de la proposition de loi nationale sur le droit à l’aide à mourir.

C’est à ce titre que la sénatrice Lana Tetuanui est montée au créneau mardi à Paris pour annoncer défendre un amendement à l’article 19-10 qui retirera, s’il est voté par les parlementaires, le Fenua de l’application de la loi. "Il existe entre la métropole et la Polynésie une différence qui porte sur des valeurs culturelles" a scandé avec vigueur la sénatrice. "La société polynésienne est une société où la place de la religion est fondamentale. L’introduction de ce dispositif législatif en Polynésie française heurterait la conscience de beaucoup de Polynésiens", a-t-elle poursuivi en invitant les sénateurs à la suivre dans sa démarche de retirer la Polynésie française, qui deviendrait une exception à l’échelle de l’Etat et qui serait – encore - à rebours de l’évolution des mentalités, comme pour le Pacs.

Paradoxalement, Lana Tetuanui a assuré "ne pas condamner ce dispositif" et pouvoir "comprendre parfaitement qu’on puisse y adhérer en métropole" mais a insisté fortement. "Il n’est pas approprié à la situation de la Polynésie, c’est-à-dire notre organisation particulière, nos intérêts propres de notre collectivité qui relève de l’article 74 de la Constitution."

"Etendre une telle disposition à la Polynésie française doit être conditionnée, en amont, à une couverture en soins palliatifs sur l’ensemble de notre territoire avec la garantie de moyens humains et financiers supplémentaires" a conclu la sénatrice.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 20 Janvier 2026 à 15:29 | Lu 332 fois