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​Les Établissements français d’Océanie et l’Indo-Chine française



Billet de la banque de l'Indochine. Impression australienne 1944 - Verso (Collection privée).
Billet de la banque de l'Indochine. Impression australienne 1944 - Verso (Collection privée).
PAPEETE, 31 janvier 2019 - L’association Mémoire polynésienne et la Maison de la culture organisent une conférence sur le thème Les Tahitiens dans les guerres d’Indochine et de Corée, mardi 12 février. Tahiti Infos s’associe à cet événement en publiant chaque jour un épisode de ces épopées tahitiennes en Orient. Aujourd’hui, quelques faits historiques relatant les liens entre les EFO et l’Indochine.

Avant la guerre d’Indochine, des liens particuliers se sont tissés entre les Établissements français d’Océanie (ÉFO) et l’Indo-Chine française qui jusqu’en 1927, s’écrit avec le trait d’union car elle intègre aussi les comptoirs français d’Inde de Pondichéry, de Karikal, de Yanaon et de Mahé. 

La Banque de l’Indochine s’installe dans la colonie en 1904. Une main-d’œuvre ouvrière principalement originaire d’Annam arrive dans les ÉFO en 1930. Elle a été précédée au début du siècle par l’exil politique de Nguyen Van-Cam.
Dans les années 1989, la colonie d’Océanie accueille Nguyen Van Cam dit Ky Dong, activiste dans le delta du Tonkin du cercle de  Yen Thé et exilé par ordre du gouverneur Doumer.  Ky Dong, l’enfant merveilleux, à peine âgé de neuf ans conduit une première manifestation de contestation  contre la citadelle de Nam Dim. A cause de son jeune âge, il est envoyé au lycée d’Alger où il passe son baccalauréat.

(Debout) Nguyen Van Cam, dit Ký Dông.
(Debout) Nguyen Van Cam, dit Ký Dông.
A son retour en Indochine, après neuf années d’absence, il fonde une colonie agricole dans les montagnes de l’Annam, district de Cho Kei qui se transforme rapidement en une organisation quasi militaire. Le 24 janvier 1898, le gouverneur général de l’Indochine signe l’ordre de déportation de Nguyen Van Cam, d’abord en Nouvelle Calédonie puis Tahiti. Ky Dong est transporté aux Marquises, terre polynésienne de déportation où il rencontre Punu Ura a Teriitaumihau, sa future épouse, exilée comme lui, après les révoltes des îles Sous-le-Vent, de Ra’iatea et de Tahaa.

>> Lire aussi : Ký Dông, ce héros national vietnamien méconnu de l'Uranie

Ky Dong exerce à Hiva Oa la fonction d’infirmier. Il devient l’ami de Paul Gauguin. Il écrit notamment une pièce intitulée Les Amours d’un vieux peintre aux îles Marquises. Nguyen Van Cam est finalement ramené sur Tahiti pour travailler à l’hôpital de Papeete. Il décède le 17 juillet 1929 sans avoir revu sa terre natale et est inhumé au cimetière de l’Uranie. De son union avec Punu Ura sont nés en 1903 Pierre Napoléon et Bernadette, décédée pendant l’épidémie de grippe espagnole en 1919.

L’économie des Établissements français de l’Océanie a toujours eu à souffrir de pénurie de main-d’œuvre locale et va accueillir un millier d’ouvriers annamites dans les productions agricoles locales, cas de la culture de la vanille et du coprah mais surtout à Makatea pour l’extraction du phosphate pour une durée de cinq ans. 

Les Tahitiens les nomment anami sans mesurer dans leur inconscient collectif que des liens ancestraux les unissent peut-être, cas de la civilisation Cham. Les Chams furent de brillants navigateurs. Certains d’entre eux, acculés au littoral dans d’incessantes guerres sino-cham, ont-ils été poussés dans leurs voyages jusque dans les lointaines îles du Pacifique.
À la fin des années 40, la chute du prix de la vanille et du coprah dans les ÉFO rend la main-d’œuvre annamite bien plus coûteuse que l’embauche locale. Beaucoup de contrats ne sont pas renouvelés pour des raisons économiques ou sont résiliés à l’amiable pour indiscipline. Les derniers Annamites quitteront Makatea en 1953. Peu demandent le statut de résident et retournent en Indochine.

La guerre d’Indochine n’émeut pas l’opinion publique tahitienne. L’actualité retient davantage le vol expérimental d’un DC 4 d’Air France qui effectue une liaison de Paris à Bora Bora.

Seul, un leader politique tahitien se lève contre la guerre d’Indochine : Pouvana’a a Oopa surnommé par ses détracteurs le Viet, ou Pou Van Nam. Ses mots d’ordre ne sont pas entendus par tous ses fils polynésiens dont l’engagement au sein du corps expéditionnaire français d’Extrême Orient fait l’objet du livre Les Tahitiens dans les guerres d’Indochine et de Corée, récemment publié par Jean-Christophe Shigetomi.  

​Conférence le 12 février

L’association Mémoire polynésienne et la Maison de la culture organisent une conférence sur le thème Les tahitiens dans les guerres d’Indochine et de Corée.
Jean-Christophe Shigetomi relatera l’épopée des Tamari’i Tahiti engagés dans le corps expéditionnaire d’Extrême-Orient, entre 1945 et 1954. Il parlera aussi de ceux, moins nombreux, qui ont servi au sein du Bataillon français de l’ONU, entre 1950 et 1953 en Corée.

Date : le 12 février 2019 à partir de 18 heures

Lieu : Petit théâtre

Entrée libre et gratuite


Rédigé par TI le Jeudi 31 Janvier 2019 à 15:35 | Lu 590 fois






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