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​Le thon en PPN, peine perdue



Tahiti, le 21 avril 2020 - Alors que les exportations sont impossibles, les thons pêchés sont donc désormais destinés au seul marché local. Un recentrage qui s'est accompagné d'un retour du thon sur la liste des produits de première nécessité (PPN) dans l'optique de faire baisser le prix de vente au kilo. Les marges sont ainsi très réglementées mais l'effet sur les prix n'est pas toujours évident à constater.
 
En avril 2007, le thon blanc est intégré à la liste des PPN. Une insertion pour “faire baisser les prix mais également et surtout de les lisser sur l’année en réduisant les fortes amplitudes de prix constatées précédemment”. Il aura fallu une douzaine d'années pour que le gouvernement se rende compte qu'il n'y avait eu ni baisse manifeste, ni lissage. En février 2019, plusieurs produits, dont le thon, étaient retirés de la liste car “l’encadrement administratif n’a eu que peu d’effet sur les prix de vente”. Un an plus tard, c'est pourtant retour à la case PPN. Le gouvernement décide le 23 mars dernier de remettre le thon blanc sur la liste. Le thon rouge, dont le prix avait toujours été libre, l'accompagne désormais et voit ses marges réglementées. Une mesure justifiée par la volonté de “protéger les consommateurs contre les risques induits par une situation manifestement anormale du marché résultant de la crise liée à l’épidémie”. Le retour parmi les PPN était pourtant déjà dans les tuyaux depuis janvier dernier, avant la crise sanitaire, du fait de revendications de quelques professionnels du secteur.
 
Un prix très réglementé
 
Le mécanisme de marge maximale s'applique, désormais et de nouveau, de façon uniforme, aux thons blanc et rouge, frais ou congelés. Ainsi, les pêcheurs fixent un prix de vente de leur pêche et vendent leurs marchandises aux mareyeurs sur cette base tarifaire. Au niveau des entreprises de mareyage, on multiplie alors ce prix d'achat par un coefficient de perte de 1,8, censé couvrir les pertes issues de la découpe et du vidage du poisson. Une expertise avait conduit il y a quelques années à une évaluation du coefficient réel de 1,65/1,70 mais le coefficient a été majoré pour tenir compte de petites charges liées à l’exploitation comme l'élimination des déchets ou la réfrigération. Après application de ce coefficient, la marge pour le mareyeur est limitée à 200 Fcfp/kg, quel que soit le prix d’achat, et la marge maximale du détaillant est également fixé à 200 Fcfp/kg. Une marge globale qui peut atteindre 300 Fcfp/kg en cas de vente directe du pêcheur au détaillant.
 
Péréquation dans le poisson
 
Ainsi, si les pêcheurs vendent leurs thons à 900 Fcfp le kilo sur les quais du Port de Pêche, le même poisson se retrouvera à plus de 2000 Fcfp/kg sur un étal de magasin. Si le prix de vente du pêcheur est de 450 F le kilo, le thon ne pourra être vendu plus de 810 F en rayon. En théorie, car le dispositif, remis en place en 2020, fait largement abstraction de la qualité et empêche les professionnels de valoriser les bons morceaux. La marge autorisée pour un thon rouge de très bonne qualité acheté 1000 Fcfp/kg, sera identique à celle d’un thon blanc de qualité inférieur acheté 200-300 Fcfp/kg. D'où une technique de “lissage” entre les prix des différents types de thon afin de compenser ces écarts de qualité. Un dispositif qui conduirait à une “banalisation du thon rouge” mais aussi et surtout à une certaine incompréhension de la part des consommateurs sur les prix pratiqués.

Rédigé par Sébastien Petit le Mercredi 22 Avril 2020 à 00:08 | Lu 6335 fois





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