Le 7e Nu’uroa Fest’, samedi dans les jardins du Musée de Tahiti et des Îles, marquait la fin des festivités du Heiva i Tahiti 2026. L’occasion pour le public de retrouver, lors de cette journée de gratuite, plusieurs groupes qui ont animé cette édition du concours, dans une ambiance plus conviviale.
Organisé par Te Fare Tauhiti Nui - la Maison de la culture, en partenariat avec Te Fare Iamanaha – Musée de Tahiti et des Îles, l’événement a proposé une nouvelle rencontre entre les artistes et le public. Cinq formations de danse et de chant ont présenté une version condensée d’une trentaine de minutes de leur spectacle. Se sont ainsi relayés les groupes de danse Temaeva, O Tahiti E et Pupu ‘Ori Tamari’i Vaira’o, ainsi que les groupes de chant Tamari’i Tepeti nō Pare Nui et Tamari’i Tautira.
Au-delà du spectacle, le Nu’uroa Fest’ poursuit plusieurs objectifs : prolonger la fête après le concours, valoriser le travail des artistes et rendre la culture accessible au plus grand nombre.
À l’issue des prestations, les spectateurs ont également pu approcher les danseurs et les chanteurs pour prendre des photos. Une manière de découvrir de plus près les costumes.
Le rendez-vous a débuté à 13 heures avec un moment fort : la remise officielle au musée des costumes récompensés par le prix Joseph Uura du meilleur costume.
Le groupe Nuna’a e Hau, grand gagnant, a remis ses costumes homme et femme, qui rejoindront la collection “Costumes du Heiva i Tahiti des années 40 à nos jours”. Celle-ci compte déjà plus de 200 pièces retraçant l’évolution de la création vestimentaire liée à la danse traditionnelle.
“Les artistes ressentent aussi cette dimension”
Les deux costumes de Nuna’a e Hau sont passés du croquis à la scène de To’atā. Pour cela, plusieurs étapes ont été nécessaires pour donner vie à ces créations. “Le plus compliqué, c’était de réussir à extraire du thème les éléments qui allaient composer le costume, notamment sa coiffe d’un mètre”, a expliqué Tahia Lehartel, costumière en chef.
Cette coiffe, pièce centrale du costume, a notamment demandé un travail minutieux. “Il fallait qu’elle tienne pendant les danses, qu’elle soit stable, tout en restant esthétique”, a expliqué la costumière en chef, sourire aux lèvres. Ce costume raconte le dernier tableau du spectacle, consacré à “l’envol des jumeaux vers l’au-delà”. Chaque détail porte une symbolique particulière.
“Il représente la lumière, la sérénité et la paix”, a ensuite détaillé Tahia Lehartel. Les différentes tailles de roses présentes sur les costumes féminins évoquent notamment “les générations, la transmission et l’envol des enfants”. Réalisée principalement à partir de pākana et de ma’iri, la création joue sur des formes de rosaces, de fleurs et de pompons.
Pour les organisateurs, le choix du Musée de Tahiti et des Îles n’est pas anodin. Le site offre un terrain de jeux particulier aux prestations des groupes. “C’est un cadre exceptionnel, qui a connu les grandes périodes historiques du pays”, a souligné Samantha Bonet-Tirao, ministre de la Culture. “Les artistes ressentent aussi cette dimension lorsqu’ils viennent danser et chanter ici.”
Avec une jauge fixée à 800 personnes, le Nu’uroa Fest’ attire chaque année un public nombreux. L’événement se veut avant tout familial et accessible, avec une entrée gratuite et des stands de restauration installés dans les jardins du musée.
INTERVIEW Samantha Bonet-Tirao, ministre de la Culture
Quel est le principe du Nu’uroa Fest’ et pourquoi cette clôture est-elle importante ?
“C’est un partenariat avec le musée. Le musée met à disposition les lieux et la Maison de la culture se charge de toute la partie organisation. C’est un rendez-vous qui revient chaque année et qui vient clôturer les festivités du Heiva i Tahiti. C’est vraiment le temps qui marque la fin de cette saison du Heiva. C’est aussi un moment où l’on remet le grand costume du vainqueur du meilleur costume Hura nui (Prix Joseph Uura).”
Cette année, le groupe Nuna’a e Hau remet officiellement ses costumes au musée. Ils rejoindront les collections qui sont déjà conservées ici. Ces costumes sont-ils exposés au public ?
“Ils sont conservés dans les réserves du musée. Il y a une très belle collection qui rassemble plus de 200 costumes retraçant l’évolution du Heiva i Tahiti, des années 1940 jusqu’à aujourd’hui.”
Qu’est-ce qui fait l’identité du Nu’uroa Fest’ ?
“L’idée est de permettre aux groupes qui se sont produits pendant le Heiva de revenir partager leur travail avec le public. Ce n’est pas une nouvelle compétition, c’est un moment de transmission et de rencontre. C’est aussi important de souligner que certains groupes qui n’ont pas participé aux soirées de podium ou qui n’ont pas été primés peuvent revenir présenter leur spectacle ici. Cela fait partie de l’ADN du Nu’uroa Fest’.”
L’événement est pensé pour être accessible à tous ?
“Oui, c’est gratuit et ouvert à tout le monde. C’est aussi l’objectif de notre politique culturelle : rendre la culture la plus accessible possible.C’est un événement très familial et populaire. La jauge est de 800 personnes et chaque année, nous atteignons généralement cette capacité. C’est une journée qui commence à 13 heures avec la remise du costume au musée, puis les prestations vont s’enchaîner avec les groupes de chant et de danse jusqu’à environ 16 heures. L’idée est de rester dans quelque chose de simple, de convivial, de partager la culture polynésienne dans un cadre exceptionnel.”




































