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​Faciliter la vie des bénéficiaires de l’ITR


Tahiti, le 18 février 2026 - La question de l’indemnité temporaire de retraite (ITR), perçue par les retraités de la fonction publique dans les outre-mer, est revenue sur le devant de la scène à l’occasion d’une intervention de la députée Mereana Reid Arbelot lors des questions orales à l’Assemblée nationale.

 
Dans la nuit de mardi à mercredi, la députée Mereana Reid Arbelot est intervenue à l’Assemblée nationale à l’occasion de la séance des questions orales au gouvernement afin de défendre les 39 000 retraités de la fonction publique dans les outre-mer qui perçoivent l’indemnité temporaire de retraite (ITR) qui vient compenser la cherté de la vie et, surtout, le plafonnement du taux de remplacement des pensions civiles.
 
“Pour bénéficier de cette indemnité de manière continue, ces retraités ne doivent pas s’absenter de leur territoire plus de 90 jours cumulés par an”, rappelle la députée. “Au-delà, leur indemnité est suspendue, raison pour laquelle elle est présentée comme temporaire : elle n’est pas acquise une fois pour toutes.”
 
Le problème réside dans la déclaration que doivent chaque année faire ces retraités qui, dans les îles notamment, n’ont pas nécessairement accès à un internet fiable ou n’en comprennent pas l’utilisation. “Pour nombre d’entre eux, ces démarches sont angoissantes, voire humiliantes. Certains, las des procédures et faute de documents, finissent par baisser les bras et renoncer à leur indemnité”, explique Mereana Reid Arbelot. “Elle est suspendue pour ceux qui seront considérés comme absents de leur territoire, sur le seul fondement d’une baisse de consommation sur une facture d’électricité demandée comme justificatif. Rendre visite à ses enfants et à ses petits-enfants ou se faire soigner sont pour vous tous des situations ordinaires. Eh bien, elles le sont aussi en Polynésie, à la différence qu’il faut parfois changer d’île ou d’archipel ! On quitte sa maison, pas son territoire”, explique-t-elle venant au secours de ces retraités parfois évasanés, ou qui doivent changer d’île pour voir leur famille pour des vacances, prendre du temps avec leurs mootua ou gérer un deuil.
 
Aussi, la députée préconise de “substituer aux justificatifs multiples une déclaration sur l’honneur du bénéficiaire attestant de ses présences et absences”.
 
Une proposition que la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, n’a pas écartée, sur une question à laquelle elle a aussi évité de répondre. “Les personnes les plus âgées et les plus éloignées du numérique peuvent avoir du mal à fournir les pièces demandées”, a-t-elle acquiescé. “Les modalités de contact téléphonique sont elles-mêmes rendues difficiles par le décalage horaire, ce qui est tout aussi problématique. Le haut-commissariat de la République en Polynésie française a toutefois ouvert un pré-accueil physique pour répondre à certaines demandes.”
 
Aussi, la ministre a proposé que les propositions faites par la députée soient discutées dans des réunions avec les autres parlementaires des territoires concernés “pour travailler à ces pistes d’amélioration pour ces publics très fragilisés”.
 
Pour éviter que ses propositions ne soient repoussées aux calendes grecques en fonction des réunions parlementaires et des prochaines élections à venir en 2027, Mereana Reid Arbelot a rappelé à la ministre que les contrôles “sont fixés par décret” et qu’un décret, “ça se modifie”.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 18 Février 2026 à 17:35 | Lu 645 fois