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​Crédits garantis par la BPI : « On peut déjà recevoir les demandes des sociétés »



Tahiti, le 30 mars 2020 - Retour sur le détail de deux mesures phares mise en place pour soulager la trésorerie des entreprises polynésiennes mise à mal par la crise du coronavirus. Entretien avec Matahi Brothers, directeur général de la banque Socrédo et président du Comité des banques de Polynésie française de la Fédération des banques françaises.
 
Avez-vous aujourd’hui plus d’informations sur le processus permettant de bénéficier ici des prêts garantis par l’Etat aux entreprises ? Comment cela va-t-il marcher en Polynésie ?
 
“La loi prévoit effectivement que la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, puissent bénéficier de ce dispositif de soutien. Il n’en demeure pas moins que chaque société qui souhaite en avoir le bénéfice va devoir déposer une demande et obtenir l’accord de la banque. A partir de là, nous sommes aujourd’hui dans des considérations techniques de mise en place. Par exemple, on n’a pas de n° SIREN localement. On ne peut pas mettre le numéro T.A.H.I.T.I. à la place. Il n’est pas au même format. On a soulevé ce problème. On attend un retour de la BPI sur un cahier des charges. Manifestement, pour remplacer le numéro SIREN, on va pouvoir communiquer un numéro T.A.H.I.T.I. pour permettre aux demandeurs polynésiens d’être identifiés sur une plateforme afin d’obtenir un numéro unique et bénéficier éventuellement de la garantie de l’Etat. Il faut que les tuyaux puissent se brancher. On attend un retour rapide de la Banque publique d’investissement pour nous aider à mettre en place le plus rapidement possible ce dispositif.”
 
Le plus rapidement possible, est-ce que cela veut dire que les entreprises pourront s’enregistrer dans le courant de la semaine ?
 
“On peut déjà recevoir les demandes des sociétés pour les instruire et gagner du temps. Et je pense que sur ce point mes confrères sont d’accord avec moi. A partir de là, lorsque les conditions précises d’attribution de ce dispositif seront là, on pourra tout de suite mobiliser le fonds de garantie. Il faut savoir que les banques métropolitaines ont de l’avance sur nous. Et l’enveloppe peut partir assez vite. Il nous faut être réactifs.”
 
Sous quelles conditions seront accordés ces prêts par les banques locales ?
 
“Il faut savoir que la garantie de l’Etat a un coût. Il est de 0,25% la première année. Ce coût évolue pour atteindre 1% à l’issue de la sixième année. A côté de cela, le capital c’est bien la banque qui le prête. Nous allons essayer de pratiquer un taux d’intérêt qui soit plus bas que celui que l’on a l’habitude de faire aux sociétés, compte tenu du fait que la garantie est prise en charge. J’entends dire que dans les départements d’outre-mer y sont allés un peu fort sur les taux. Ce n’est pas ce que l’on fera ici. Néanmoins, il faudra bien qu’il y ait un crédit. Il ne sera pas à zéro parce que nous aussi, les banques, nous sommes dans une période tourmentée. Tout le monde est en difficulté aujourd’hui.”
 
Toujours sur des considérations très concrètes, nous confirmez-vous que ce sont les conseillers clientèles de chaque banque qui seront chargés d’instruire au cas par cas les demandes de prêts garantis par l’Etat faites par les entreprises ?
 
“Absolument. Les chargés de clientèle sont censés recueillir les demandes et les instruire, en veillant à informer les gérants de société sur les critères d’éligibilité au dispositif. C’est important parce qu’il y a des critères d’exclusion. C’est le cahier des charges que l’on attend. Manifestement, les entreprises qui sont déjà en redressement judiciaire ne pourront pas bénéficier de ce dispositif. On se pose la question aujourd’hui sur les entreprises qui sont dans une procédure de conciliation : sont-elles éligibles ou pas ? Les entreprises qui ont déjà des retards de crédit, sont-elles exclues du dispositif ou pas ? Y a-t-il des notes de risque adossées à la Banque de France qui devront être prises en compte ? On est en attente de ce cahier des charges qui va nous préciser tout cela pour nous permettre d’instruire sereinement les dossiers et conseiller les sociétés.”
 
Autre sujet : la question du report des échéances de prêts actuellement mis en place par les banques, pour les professionnels et les particuliers. En tant que représentant ici de la Fédération des banques françaises, pouvez-vous nous préciser la position de principe des établissements locaux ?
 
“Au niveau de la FBF nous avons un consensus sur le principe d’un report à six mois. Ensuite, chaque banque ayant ses spécificités reporte également les intérêts ou pas. Il semble qu’aujourd’hui, toutes les banques locales ont convenu de reporter le capital et les intérêts durant la période de suspension de six mois. Ensuite, chaque banque a ses contraintes de groupe, ou bien informatiques, etc. En ce qui concerne la banque Socrédo, nous proposons un report de six mois, capital et intérêts. Les intérêts différés seront étalés à compter de la reprise du paiement des échéances, sur une période d’un an voire plus si la situation l’exige.”
 
 
Ce report des échéances de crédit, les établissements bancaires décident s’il est automatisé ou accordé au cas par cas. Est-il acquis de droit pour les demandeurs ?
 
“Non. Il faut une demande formelle de la part du client pour bénéficier de ce report. Nous examinons tous les cas de manière à ce que les reports d’échéances autorisés soient justifiés : un ménage qui n’a aucun souci, qui continue sa vie sans difficulté particulière ne sera pas prioritaire dans ce contexte. En ce qui concerne la banque Socrédo, qu’il s’agisse des particuliers, des professionnels ou des entreprises, nous avons décidé de traiter de la même manière les demandes de report.”
 

​Pourquoi les intérêts demeurent pendant a période de report

Pendant cette période de six mois où les banques reportent les échéances de remboursement, les intérêts restent dus. En réalité, ils doivent être payés et ils sont reportés. Quand quelqu’un loue un service, même s’il ne l’utilise pas, il faut bien qu’il continue à payer le loyer. Certains clients des banques se disent que, compte tenu du caractère exceptionnel de la crise du coronavirus, on aurait pu leur faire cadeau des intérêts différés, c’est compréhensible. Mais les intérêts représentent le chiffre d’affaires des banques. Elles ne gagnent pas leur vie avec le capital, car elles l’ont elles-mêmes emprunté. Elles gagnent leur vie avec les intérêts, qui est comparable à une marge commerciale. Si les intérêts ne sont pas payés, les banques ne gagnent plus d’argent et cela présente un risque systémique.

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 31 Mars 2020 à 00:58 | Lu 3648 fois





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