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​28,6 milliards sous conditions



Tahiti, le 4 août 2020 – Le président Edouard Fritch, le haut-commissaire Dominique Sorain et la directrice de l'AFD Céline Gilquin ont signé mardi le prêt de 28,6 milliards sur 25 ans destiné à renflouer les caisses de la CPS et à financer les mesures de crise du Pays. En contrepartie, le Pays s'est engagé à poursuivre ses efforts sur les dépenses publiques et ses réformes des comptes sociaux.
 
Le Pays et l'Etat ont concrétisé mardi la signature du fameux prêt de 28,6 milliards de Fcfp mis en œuvre par l'Agence française de développement (AFD), en discussion depuis le début de la crise du Covid au fenua. D'un besoin "d'avance de trésorerie" de l'ordre de 10 milliards de Fcfp en avril dernier, le Pays est passé au fil des semaines à une demande d'emprunt à l'Etat de 56 milliards en juin. Depuis, Paris a arbitré. Et seule la moitié du prêt demandée a été consentie, avec la promesse de travailler à un deuxième volet de l'emprunt dans les prochains mois.
 
Mardi après-midi à la résidence du haut-commissaire, le président du Pays Edouard Fritch, le représentant de l'Etat Dominique Sorain et la directrice de l'AFD Céline Gilquin ont donc signé une "convention de crédit" sur 25 ans, mais avec "un différé de remboursement du capital de 2 ans" pour éviter à la Polynésie d'avoir à supporter la charge de cet emprunt en plus de l'impact de la crise. "En contrepartie, le Pays s'est engagé à poursuivre ses réformes de la gestion des finances publiques et des comptes sociaux", confirme également le communiqué commun Etat-Pays-AFD.
 
Des "conditions" bien acceptées
 
Comme pour le retour de l'Etat au financement du régime de solidarité en 2014 et comme pour le prêt de crise consenti par l'AFD à la Nouvelle-Calédonie en juin dernier, des conditions ont donc bien été imposées au Pays en contrepartie de l'octroi de ce prêt. Alors que ces mesures étaient assez mal passées chez nos voisins calédoniens, le président Edouard Fritch a assuré mardi que "les conditionnalités ne sont pas un problème". Pour le vice-président, Teva Rohfritsch, elles sont même "respectueuses des travaux menés ces dernières années" et doivent uniquement permettre de "mettre en œuvre les moyens de remboursement".
 
Si le détail exact de ces conditions n'a pas encore été dévoilé, ses grandes lignes ont été abordées par le haut-commissaire et le président du Pays. D'un côté des "engagements sur la maîtrise de l'évolution des dépenses publiques", a indiqué Dominique Sorain, et de l'autre –pour la partie comptes sociaux– la poursuite de "réformes déjà engagées" notamment visées par le dernier rapport de la mission Igas-Iga-IGF publié en 2019 pour la santé. "Il s'agit pour le Pays de continuer à accompagner ces réformes qui étaient déjà engagées", a tenu à minimiser le haut-commissaire.
 
"L'Etat veille depuis un certain temps à ce que nous fassions preuve de bonne gestion en matière de deniers publics, c'est ce que nous faisons. En terme de réforme, c'est ce que nous faisons. Peut-être pas suffisamment. Je dois reconnaître qu'avec le Covid nous devions continuer la réforme sur les retraites, mais elle a été stoppée", a expliqué de son côté Edouard Fritch, évoquant notamment la fin de la réforme de la tranche A de la retraite, ou encore "sur la santé publique" un projet de réforme "important" que "veut mettre en chantier docteur Raynal". L’apurement pour 6,9 milliards de Fcfp du Fonds pour l’amortissement du déficit social (Fades) au bénéfice de la CPS, consenti par le Pays lors du dernier collectif budgétaire, faisait notamment partie de ces conditionnalités pour le prêt. Le prêt de trésorerie de 9,6 milliards de Fcfp du Pays à la CPS également.
 
"Continuer de serrer la ceinture"
 
Edouard Fritch a d'ailleurs longuement insisté mardi sur le "sérieux budgétaire" dont faisait preuve le Pays pendant la crise. "Nous avons rendu ce que nous avions pris au FIP, comme nous nous y étions engagés. Nous avons fait droit aux engagements du Fades. Et nous allons continuer à serrer la ceinture. Puisque c'est comme ça qu'il faut le dire." Le président du Pays a rappelé que les services du Pays et ses satellites "continueront par leurs efforts à ce que d'ici la fin de l'année nous repoussions au plus tard les prochains besoins du Pays en matière de financement". Sur les fonds prélevés en urgence au début de la crise sur les établissements publics pour constituer une réserve suffisante pour les mesures de protection de l'emploi, c'est 1,2 milliard de Fcfp qui a été "gardé" par le Pays à l'issu du dernier collectif, a rappelé le président du Pays.
 
"Nous allons tout faire pour faire mentir tous ces chiffres qui annoncent une situation catastrophique à venir. Le président de la CPS a annoncé 14 000 suppressions d'emplois, je vais le faire mentir. Il faut que nous nous battions, c'est la volonté du Pays", a martelé Edouard Fritch, expliquant que le prêt de l'AFD devait permettre de "ne pas avoir de rupture dans les prestations sociales, parce que c'est important que nous puissions continuer à servir les allocations familiales, les retraites, que nous puissions continuer à soigner les Polynésiens et que nous puissions continuer à soigner la relance et faire travailler les Polynésiens."
 
Négociations à venir à Paris
 
Enfin, le président du Pays a livré quelques détails du programme de son prochain déplacement à Paris, notamment pour y retrouver le nouveau ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu. Au menu, les contrats de projet Etat-Pays et Etat-Pays-communes qui arrivent à échéance à la fin de l'année. "Il faudra voir si nous travaillerons par avenant ou s'il faudra envisager autre chose, puisque Paris est dans cet état d'esprit". La future convention santé-solidarité sera également discutée. "C'est 1,4 milliard pour la solidarité mais aussi les investissements en matière d'oncologie et pour les hôpitaux périphériques". Enfin, c'est de saison avec le congrès du SPC, la situation des communes devrait être à l'ordre du jour. "Nous avons un gros souci en commun avec l'Etat, c'est la construction des abris de survie. Nous devons aider les communes à passer du tout fossile aux centrales hybrides. Il y a encore beaucoup de chantiers."
 
Le déplacement est prévu pour l'heure à la fin du mois mais la date n'est pas encore arrêtée. "Nous envisageons d'aller à Paris fin du mois-début septembre, si la Covid ne nous en empêche pas", a conclu Edouard Fritch.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 4 Août 2020 à 21:59 | Lu 2967 fois





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