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« Les maires tâtent le pouls sur le terrain »



Tahiti, le 5 avril 2020 – Le président Édouard Fritch et le haut-commissaire Dominique Sorain ont réuni les maires des îles du Vent vendredi après-midi pour une réunion d’échanges et d’information sur la vie des communes pendant le confinement. Selon le président, les tāvana estiment notamment qu’il n’est pas de leur ressort d’acheminer le matériel pédagogique pendant le confinement comme cela leur avait été demandé.

Vous avez longuement rencontré les tāvana des îles du Vent. Comment s’est passée cette réunion et quels sont les principaux problèmes auxquels font face les maires dans cette période de confinement ?

« Ça s’est bien passé. Vous savez que c’est une rencontre qu’on a souhaité faire avec le haut-commissaire, parce que ce sont les maires qui tâtent le pouls sur le terrain, qui vivent avec ces populations qui sont aujourd’hui obligées de se confiner avec toutes les difficultés, toutes les contraintes que l’on connaît. Et puis le deuxième objet de la réunion, c’était d’apporter des compléments d’information sur les mesures que le Pays prend et les mesures de gestion qui sont prises par l’État. Puisqu’effectivement, nous sommes dans l’urgence et évidemment que les maires se posent des questions sur la gestion administrative et financière. »

Vous avez évoqué la question de la reprise de la vente d’alcool ?

« J’en ai parlé. Et il y a eu un silence assourdissant. En d’autres termes, effectivement, les maires ne sont pas prêts à ré-accepter la vente de l’alcool. Donc on va discuter bien sûr, mais je n’ai pas voulu insister parce c’était évident que la situation actuelle de paix sociale, de non-violence dans les familles, de peu d’accidents sur les routes, c’est une situation qui plaît à pas mal d’entre nous. Donc il ne faut pas rompre cet équilibre. Mais il faut tenir compte du fait qu’à côté de cela, il y a quand même d’autres difficultés du fait de l’interdiction de la vente d’alcool. Mais aujourd’hui, je dois tenir compte du fait que la paix sociale et l’état du Pays c’est un peu grâce à cela. »

Un appel a été lancé par la direction de l’éducation (DGEE) pour que les tāvana prennent en charge l’acheminement des documents pédagogiques pour les élèves qui n’auraient pas d’accès à internet notamment. Visiblement, les maires ne sont pas très enclins à s’y résoudre ?

« En général, les maires sont courageux et très volontaires. Sur ce sujet de l’éducation, effectivement certains traînent des pieds, mais ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas envie de faire le boulot. C’est parce qu’ils estiment que c’est un sujet très spécialisé. Les enseignants connaissent leurs élèves. Les enseignants savent qui a internet, qui n’a pas internet et connaissent les sujets qu’il faut développer. Un des maires nous disait : ‘Que les enseignants apportent ces enveloppes et leur expliquent clairement. Le mūto’i va venir et juste distribuer les enveloppes comme ça. Alors que l’enseignant, connaissant ces enfants et connaissant le niveau de chacun, serait plus à même de le faire’. Donc ce n’est pas un refus pour refuser, c’est une autre vision de la difficulté que nous voyons. Ce n’est pas une histoire de personnel. Parce que chacun de nous voulons que ces enfants suivent. C’est plus un problème de professionnalisme du personnel communal par rapport au sujet qui doit être traité. C’est là où il y a une vision différente. »

Propos recueillis par Antoine Samoyeau

le Lundi 6 Avril 2020 à 02:46 | Lu 5175 fois

Tags : CORONAVIRUS





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