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​Louis Bertignac : “Ma guitare, c'est l'élément en plus de mes doigts”


Tahiti, le 3 février 2026 - Louis Bertignac, cofondateur du groupe Téléphone et figure essentielle du rock français sera en concert au Fenua au Tahiti Lagoon Resort à Punaauia, samedi 18 avril à 18h30. Dans le cadre de sa tournée anniversaire, le guitariste et chanteur célébrera cinquante ans de carrière, mais surtout, sept décennies d'une vie dédiée à la musique, au blues et à la liberté. Sur scène, c’est accompagné de ses musiciens et de sa guitare fétiche, une Gibson SG de 1963, que les nouvelles chansons de son dernier album, Dans le film de ma vie, résonneront aux côtés des titres emblématiques de son répertoire depuis ses débuts.
 
70 ans et 50 ans de carrière. C'est quoi votre état d'esprit aujourd'hui ?
“De plus en plus, je suis à la recherche du plaisir, parce que plus ça va, moins il me reste de temps à vivre, donc j'en profite un maximum. On peut dire ça.”
 
C'est une tournée pour faire la fête avant tout et s'amuser.
“Oui, exactement. J'ai besoin de ça, j'ai envie de ça. En plus, les 70, c'était l'an dernier, maintenant j'en suis à 71 et donc on rappelle toujours 70, c'est des poussières. Bon, 70 ans, mais 50 ans de carrière surtout aussi. J'ai commencé vers 19, 20 ans.”
 
Et pourquoi c'était important de marquer le coup pour ce double anniversaire ?
“Ce n'est pas spécialement important, c'est une occasion. En fait, c'était qu'il fallait un nom pour la tournée et on s'est dit, voilà, on va l'appeler 70 tours parce que le logo, ça faisait penser un peu à Route 70. Mais bon, on aurait pu avoir cette idée quand j'avais 66 ans aussi.”
 
Une carrière d'artiste dans la musique, n'est-ce pas que du plaisir finalement ?
“C'est beaucoup de travail. Oui, il y a du boulot, mais ça part du plaisir. Évidemment, quand j'avais 15 ans, la musique, c'était pour le plaisir avant tout. Bon, après, quand j'ai grandi, que j'ai eu le bac, j'ai même fait un petit peu de médecine pour faire plaisir à mes parents. Mais en fait, j'avais trop envie de faire de la musique. C'était vital pour moi. Donc, j'ai fait ça en me disant, bon, si ça ne marche pas, je pourrais toujours me rabattre sur autre chose, trouver un job ou éventuellement reprendre des études de médecine. Mais ça s'est très… Ça s'est rapidement très bien passé.”
 
Quand on lit votre bio sur Wikipédia, on voit que vous avez redoublé au lycée et que vous vous êtes retrouvés dans la même classe que Jean-Louis Aubert qui venait d'arriver. Finalement, une carrière, ça se construit aussi avec les hasards de la vie, les rencontres inattendues.
“Oui, exactement. Les rencontres comme ça sont à peu près toujours inattendues. J'ai rencontré Jean-Louis, donc pas dans la même classe, mais dans mon lycée. On m'avait déjà parlé de lui. Moi, j'étais le guitariste du lycée Carnot et lui, apparemment, c'était le guitariste du lycée Parc-Pique-Pasteur.”
 
Vous aviez déjà des petites réputations tous les deux.
“Oui, c'est ça. On avait un copain en commun qui voulait absolument qu'on se rencontre. C'est bien tombé parce qu'on s'est retrouvés dans le même lycée. Il s'est fait virer de Pasteur et il est arrivé à Carnot, donc on est rapidement devenus potes et inséparables. Richard, je l'ai rencontré dans une soirée où on m'avait invité. Il jouait avec Vince Taylor et tout de suite, j'ai aimé ce mec et j'ai aimé son jeu de batterie. Je suis allé lui parler, j'ai pris son numéro et je lui ai dit qu'il fallait qu'on se revoie. Donc, on s'est revus pas mal de fois. Après, c'est des hasards, mais c'est aussi des opportunités qu'on saisit, qu'on ne laisse pas passer.”
 
Dix années avec Téléphone, une carrière solo, des collaborations avec d'autres artistes. Qu'est-ce que vous avez préféré dans tout ça ?
“Je ne peux pas vraiment dire ce que j'adore, c'est tout ça en même temps. En même temps et séparément. C'est-à-dire que j'ai beaucoup aimé Téléphone, mais j'ai beaucoup aimé la carrière solo qui n'est pas terminée. Téléphone, il fallait que ça s'arrête, il y en avait assez, on était toujours les uns sur les autres et l'ambiance était moins bonne au bout de dix ans. Donc, on a décidé d'arrêter, au grand dam de notre manager, qui espérait parce qu'on commençait enfin à gagner pas mal d'argent. C'est le moment où on a décidé d'arrêter. Lui, il n'a pas compris, mais c'était notre problème, à nous, pas à lui. Et ensuite, la carrière solo a été longue et très variée. J'ai joué avec plein de musiciens. J'ai adoré ça, j'ai adoré composer des morceaux. Après, je me suis dit : ‘C'est bien d'avoir plusieurs casquettes’. Alors comme j'avais apprécié les gens qui nous produisaient, qui réalisaient nos albums, qui étaient en général Américains ou Anglais, j'ai eu envie d'essayer ça. Je suis tombé sur Carla [Bruni], qui était une vieille copine, qui m'a demandé de réaliser son album et je me suis dit, ‘Bon, c'est une bonne occasion d'essayer’. J'avais réalisé déjà l'album de Corinne [Marienneau] à l'époque. Carla, ça s'est très bien passé. On s'est bien amusé. Puis, il y a Joyce Jonathan aussi, qui m'a demandé après de faire le sien. Mais c'est un métier que j'aime beaucoup aussi. En fait, j'aime beaucoup avoir plusieurs casquettes. C'est chouette dans une carrière d'avoir pu faire tout ça et que ça continue d'ailleurs. J'espère encore en avoir d'autres.”
 
On dit de vous que vous êtes une légende du rock français. Qu'est-ce que vous pensez de ce qualificatif ?
“Je ne sais pas, ça ne me touche pas particulièrement parce que pour moi, je suis… je suis moi. Et après, ce qu'on dit, ce qu'on met comme mot autour, c'est les gens que ça regarde. Pour moi, je ne suis pas du tout une légende. Je suis moi, ce n'est pas toujours facile de vivre, de vivre moi, d'être moi, forcément, comme tout le monde. Mais bon, Téléphone, ça a quand même compté.”
 
Tahiti, ce sera une première ?
“Non, je suis déjà venu avec Téléphone. En quelle année alors ? Oh là là ! Franchement, je ne sais plus. Dans les années 1980.”
 
Et quel souvenir vous gardez de Tahiti ?
“C'était, bon, évidemment. C'est merveilleux. C'est beau comme tout. Mais on avait eu, on est tombé pendant un cyclone. C'était le premier cyclone de ma vie. Il était assez violent. Je me souviens, ça devait être en fin d'année parce que le journal avait titré ‘Téléphone, le dernier cyclone de l'année.’ J'ai rejoué une autre fois aussi. C'est une personne que je connaissais, qui est devenu mon copain, qui m'avait contacté pour venir à Tahiti, à Papeete, faire une première partie de je ne sais plus qui, un Hawaiien, je crois. Et donc, j'ai fait ma première partie, c'était à To’ata. J'étais parti pour 15 jours, mais j'ai tellement aimé que toutes les semaines, j'allais chez Air France et je leur disais que je restais une semaine de plus. Et finalement, je suis resté un mois et demi.”
 
Pour le concert, qu'est-ce qui est prévu exactement ? Qu'est-ce que vous allez jouer ?
“Eh bien, ce que je joue en métropole, c'est-à-dire les morceaux que j'ai faits depuis deux ans. C'est-à-dire qu'il y a une partie, c'est mon dernier album, une autre partie, c'est ma carrière solo et une troisième partie, c'est Téléphone. Et il y aura peut-être une ou deux reprises en plus.”
 
Comment ça se passe quand vous reprenez les tubes de Téléphone ? Les gens sont contents ?
“En principe, oui, en principe, l'ambiance monte. C'est pour ça que je les garde un peu pour la fin. En principe, je commence par mes dernières chansons, ensuite par les plus connues de ma carrière solo et ensuite par Téléphone, mais je finis quand même par une de ma carrière solo.”
 
Alors à Tahiti, vous venez avec votre famille, mais aussi des musiciens et la fameuse guitare Gibson SG de 1963, qui apparemment est très célèbre. Elle ne vous quitte jamais ?
“Non, parce que je l'aime plus que tout, comme guitare, mais c'est vrai que j'en ai plein des guitares, mais c'est toujours celle-là, parce qu'elle est toujours là comme il faut. Elle est toujours parfaite, c'est ma guitare. C'est l'élément en plus de mes doigts.”
 
Si vous montiez sur scène sans elle, ce ne serait pas pareil ?
“Ce ne serait sans doute pas pareil. Mais bon, je pourrais m'en sortir quand même. Disons que, quand même, quand je l'ai dans les bras, j'ai confiance en elle. Elle ne me trahit jamais, elle sonne toujours comme j'aime. Et puis, c'est vrai que ça fait tellement longtemps. Ça fait donc 50 ans que je la connais, 50 ans qu'on se connaît. Mes doigts sont formés exactement au millimètre près sur ce manche. Mes os, mes articulations se sont un peu déformés pour aller avec ce manche.”

Billetterie

Tarif unique : 7 000 francs
Placement non numéroté.
En vente sur www.ticketpacific.pf, dans les magasins Carrefour Faa’a, Punaauia, Arue, Taravao et à Radio 1/Tiare FM à Fare Ute (frais web : +100 francs/place achetée en ligne).

le Mercredi 4 Février 2026 à 09:11 | Lu 230 fois