Le diagnostic local de sécurité sera présenté en conseil municipal après les élections (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 9 mars 2026 – Fin 2024, la commune de Taiarapu-Est a missionné un bureau d’études pour réaliser un diagnostic local de sécurité auprès de la population et des services concernés, en vue de la mise en œuvre d’un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Cinq axes d’amélioration associés à plusieurs pistes de réflexion résultent de cet état des lieux, tels que la formation des référents de quartier, le déploiement de la vidéoprotection ou encore l’évolution du service de la police municipale.
Une restitution du diagnostic local de sécurité de la commune de Taiarapu-Est s’est tenue ce lundi matin à la mairie de Taravao, en présence de plusieurs élus, dont le maire, Anthony Jamet, et du directeur général des services. Comme évoqué lors du conseil des ministres délocalisé, cet état des lieux lancé fin 2024 en parallèle d’un projet de vidéoprotection a été mené sur douze mois par un bureau d’études, à travers la collecte de données auprès de différents services du Pays, de l’État et de la commune, mais aussi sur le terrain au contact des administrés, de jour comme de nuit, en semaine et le week-end, soit un total de 80 acteurs interrogés. Cette étude cible les points faibles à améliorer.
Une restitution du diagnostic local de sécurité de la commune de Taiarapu-Est s’est tenue ce lundi matin à la mairie de Taravao, en présence de plusieurs élus, dont le maire, Anthony Jamet, et du directeur général des services. Comme évoqué lors du conseil des ministres délocalisé, cet état des lieux lancé fin 2024 en parallèle d’un projet de vidéoprotection a été mené sur douze mois par un bureau d’études, à travers la collecte de données auprès de différents services du Pays, de l’État et de la commune, mais aussi sur le terrain au contact des administrés, de jour comme de nuit, en semaine et le week-end, soit un total de 80 acteurs interrogés. Cette étude cible les points faibles à améliorer.
Immersion sur le terrain
De nombreuses épaves de voitures ont été recensées, de même que des abandons de déchets variés ou encore le non-respect des limitations de vitesse. En plus de l’éducation, de la santé, de la gendarmerie et de la justice, plusieurs heures d’immersion avec la police municipale ont permis d’affiner l’observation et les analyses : les agents font régulièrement face à des attroupements, avec ou sans car-bass, mais aussi à des conflits de voisinage et à des violences intrafamiliales. Concernant les chiens errants et mordants, le bilan 2025 du prestataire conventionné fait état de 232 captures. La brigade, qui compte 16 agents et quatre médiateurs pour 13.000 habitants, aurait besoin d’être “réformée, modernisée et accompagnée” en lien avec l’évolution de la société et de ses missions quotidiennes.
Des usagers de Faaone à Tautira ont également pu se confier sur leur vécu et leur ressenti. Les référents de quartier et d’association interrogés évaluent en moyenne le sentiment de sécurité à 6/10, avec des écarts très variables d’un quartier à un autre. À Afaahiti-Taravao, ils répondent majoritairement qu’il fait “bon vivre”, mais soulignent diverses préoccupations, dont la divagation des chiens, l’insécurité routière ou encore le manque d’animations. L’avis de commerçants a été pris en compte : ces derniers constatent une “dégradation de la sécurité”, citant comme principales problématiques le trafic de drogues, la consommation d’alcool et les rixes entre jeunes.
Vers un CLSPD
Cinq axes d’amélioration (lire encadré ci-dessous) résultent de ce diagnostic. Ils ont vocation à servir de base de réflexion en vue de la mise en œuvre d’un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), envisagé dès 2011 à Taiarapu-Est. “Les communes de plus de 5.000 habitants ont l’obligation d’installer un CLSPD”, rappelle le consultant Philippe Gauvin, dont le bureau d’études accompagne également Mahina, Paea et Moorea sur cette voie. “Le diagnostic, c’est la première pierre préalable à l’installation du CLSPD, qui va permettre de co-produire la sécurité et la prévention de la délinquance pour aboutir à un contrat local de sécurité. On parle de co-production, car même si ça peut paraître un peu galvaudé : la sécurité, c’est l’affaire de tous.”
“Aujourd’hui, ce qui est intéressant, c’est qu’on a une bonne photographie des principaux désordres dans notre commune avec une priorisation de ce que les différents acteurs remontent sur le terrain. L’idée, c’est d’avoir un document qui va définir une stratégie à long terme pour élaborer des plans d’action. On sait par exemple qu’il faut passer d’une police municipale d’intervention à une police municipale de proximité”, complète le directeur général des services de Taiarapu-Est, Teiva Archer. Le diagnostic sera présenté en conseil municipal après les élections. Selon les orientations fixées par la nouvelle équipe, l’installation du CLSPD pourrait intervenir courant 2026.
Cinq axes d’amélioration
Les principales pistes de réflexion formulées dans le diagnostic local de sécurité de Taiarapu-Est :
1. Agir plus tôt et aller plus loin dans la prévention auprès des jeunes : renforcer les mesures en faveur de la parentalité ; renforcer les contrôles de stupéfiants en milieu scolaire et sportif.
2. Aller vers les personnes vulnérables pour mieux les protéger : déployer un binôme “éducateur de nuit/de rue” ou affecter des profils adéquats de la police municipale ou des sapeurs-pompiers ; miser sur des modules de gestion des émotions et des conflits auprès d’enfants et de jeunes adultes.
3. S’appuyer sur la population, nouvel acteur de la prévention de la délinquance : former les référents de quartier ; évaluer et étendre le dispositif mis en œuvre par un commerçant de Tautira ; mettre en place le dispositif “voisins vigilants”.
4. Créer une gouvernance rénovée et efficace : instaurer le rappel à l’ordre par le maire ; accompagner l’évolution nécessaire du service de la police municipale ; instaurer un conseil junior et un budget participatif.
5. Améliorer la tranquillité publique : finaliser l’étude de déploiement de la vidéoprotection ; réaliser un diagnostic sur les nuisances sonores ; identifier un lieu pour tolérer un temps les car-bass.
1. Agir plus tôt et aller plus loin dans la prévention auprès des jeunes : renforcer les mesures en faveur de la parentalité ; renforcer les contrôles de stupéfiants en milieu scolaire et sportif.
2. Aller vers les personnes vulnérables pour mieux les protéger : déployer un binôme “éducateur de nuit/de rue” ou affecter des profils adéquats de la police municipale ou des sapeurs-pompiers ; miser sur des modules de gestion des émotions et des conflits auprès d’enfants et de jeunes adultes.
3. S’appuyer sur la population, nouvel acteur de la prévention de la délinquance : former les référents de quartier ; évaluer et étendre le dispositif mis en œuvre par un commerçant de Tautira ; mettre en place le dispositif “voisins vigilants”.
4. Créer une gouvernance rénovée et efficace : instaurer le rappel à l’ordre par le maire ; accompagner l’évolution nécessaire du service de la police municipale ; instaurer un conseil junior et un budget participatif.
5. Améliorer la tranquillité publique : finaliser l’étude de déploiement de la vidéoprotection ; réaliser un diagnostic sur les nuisances sonores ; identifier un lieu pour tolérer un temps les car-bass.




























