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Virus mutant H5N1: l'article de la controverse finalement publié



Virus mutant H5N1: l'article de la controverse finalement publié
PARIS, 02 mai 2012 (AFP) - Un article portant sur la création en laboratoire d'un inquiétant virus mutant de la grippe aviaire H5N1 a été finalement publié mercredi après une controverse sur les risques d'utilisation par des bio-terroristes.

La polémique était née à la fin de l'année passée après l'annonce par deux équipes, l'une américaine et l'autre néerlandaise, de la création de mutations du virus H5N1 capables, pour la première fois, de se transmettre facilement entre mammifères et potentiellement entre êtres humains.

Le virus H5N1, essentiellement présent parmi la volaille d'élevage et les oiseaux sauvages, est très dangereux pour l'homme avec un taux de mortalité de 60% mais n'a fait que 350 morts environ depuis son apparition en 2003 car il se transmet difficilement entre êtres humains.

Le but de ces recherches --financées par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH)-- était de comprendre si ce virus pouvait muter en une version capable de se transmettre facilement par voie aérienne entre humains.

En novembre, le Bureau national américain de la science pour la biosécurité (NSABB) avait demandé à la revue américaine Science et à la revue britannique Nature de ne pas publier les résultats de ces travaux, évoquant le risque de bioterrorisme et des scientifiques avaient alors qualifié cette décision de "censure".

En mars, après de nouvelles évaluations, le NSABB a finalement autorisé la publication des études, estimant que "les données (...) ne semblent pas fournir d'informations qui permettraient une utilisation nuisible (...) au point de mettre en danger la santé publique ni la sécurité nationale".

La revue britannique Nature publie mercredi les résultats de l'équipe américaine, dirigée par Yoshihiro Kawaoka de l'Université du Wisconsin. L'autre article du Pr Ron Fouchier du centre médical Erasmus de Rotterdam est en cours de "révision" avant publication dans Science.

"Les éléments scientifiques essentiels" du manuscrit original "n'ont pas été modifiés" a expliqué Nature qui précise s'être entouré pour cette publication de plusieurs avis en matière de biosécurité.

L'équipe de Kawaoka explique avoir travaillé sur un gène clé du H5N1, l'hémagglutinine (HA) pour y ajouter une mutation afin de le rendre plus compatible avec les cellules du système respiratoire humain.

Les chercheurs ont ensuite utilisé le virus de la grippe porcine H1N1 --qui avait causé une pandémie en 2009 mais sans se révéler in fine plus dangereuse qu'une grippe saisonnière-- pour créer un "hybride H5/H1".

Ce mutant a été ensuite testé sur six furets, un mammifère couramment utilisé dans les laboratoires de recherche en virologie pour leur proximité avec l'homme en matière de système respiratoire.

Les furets infectés ont transmis le virus par voie aérienne à d'autres furets mais aucun d'eux n'en sont morts.

De tels travaux mettent en lumière les mécanismes d'emprunts génétiques qui permettent à un virus de gagner en transmissibilité, selon ces chercheurs.

La revue accompagne l'article d'un rapport d'une agence de bio-sécurité "non-américaine" selon lequel les bénéfices d'une telle publication dépassent les risques liés à une utilisation malveillante.

"Ne pas publier cette information ralentirait ou même bloquerait le développement de vaccins contre un virus qui a encore la capacité à muter naturellement vers une forme pandémique" selon le rapport.

ri/ot/jca/dif

Rédigé par Par Richard INGHAM le Jeudi 3 Mai 2012 à 06:03 | Lu 497 fois





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