Tahiti, le 9 juillet 2026 – Adopté à l'unanimité jeudi au Cesec, un vœu porté par Léna Normand et Patrick Galenon demande l'introduction d'un amendement à la proposition de loi de la députée Mereana Reid Arbelot sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires. La société civile souhaite réintégrer les personnes ayant résidé en Polynésie entre la fin des essais atmosphériques, en 1975, et le démantèlement du CEP en 1998. Une période que la députée a pourtant choisi d'écarter pour maximiser les chances d'adoption de son texte au Parlement.
Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) soutient la réforme de la loi Morin portée par la députée Mereana Reid-Arbelot. Mais la quatrième institution du Pays estime qu'un point important mérite encore d'être revu.
Réunis jeudi, les conseillers ont adopté à l'unanimité un vœu présenté par Léna Normand et Patrick Galenon demandant l'introduction d'un amendement à la proposition de loi actuellement en discussion au Parlement. Leur objectif : rétablir la possibilité de déposer une demande d'indemnisation pour les personnes ayant résidé ou séjourné en Polynésie entre 1975 et le démantèlement officiel du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP), en 1998.
Dans sa rédaction actuelle, la proposition de loi retient, pour la Polynésie, une période correspondant aux essais atmosphériques. Pour les auteurs du vœu, cette restriction n'est ni scientifiquement justifiée, ni conforme à l'évolution des connaissances sur les retombées radioactives. Ils rappellent notamment la persistance de certains radionucléides dans l'environnement et soulignent qu'aucun consensus scientifique ne permet d'affirmer que tout risque aurait disparu après le dernier tir atmosphérique.
“On est là pour tout le monde”
Cette demande prend toutefois le contre-pied d’un choix assumé par Mereana Reid Arbelot. À plusieurs reprises ces dernières semaines, la députée a expliqué avoir volontairement renoncé à cette extension. Selon elle, la loi Morin mentionnait bien la période allant jusqu'en 1998, mais cette possibilité n'avait, dans les faits, quasiment jamais permis l'indemnisation de victimes supplémentaires. Elle a donc préféré concentrer sa réforme sur un point qu'elle juge plus déterminant : remplacer le critère de causalité par un critère d'exposition, afin d'augmenter les chances de reconnaissance des victimes sans fragiliser l'équilibre du texte devant le Parlement.
Léna Normand ne conteste pas cette stratégie, mais refuse que certaines victimes potentielles soient écartées d'emblée. “On est là pour tout le monde”, a-t-elle insisté après l'adoption du vœu. “Ce n'est pas simple d'expliquer à des personnes : hier, tu pouvais déposer un dossier ; mais demain tu ne pourras plus. Les autres pourront, ceux de la période des tirs atmosphériques, mais toi non.”
La vice-présidente de l'association 193 reconnaît volontiers que cet amendement pourrait compliquer le parcours parlementaire d'un texte déjà adopté à l'unanimité au Sénat. “Oui, certainement. Mais on est là pour tout le monde”, assume-t-elle.
“Un message fort”
Interrogée sur l'argument scientifique avancé par la députée, Léna Normand estime au contraire qu'il ne faut pas refermer la porte faute de certitudes. “Aujourd'hui, c'est de ne pas exclure ce que permet la loi, c'est-à-dire laisser la possibilité à toutes les personnes nées entre 1975 et 1998 de demander reconnaissance et indemnisation”. Si des preuves supplémentaires sont nécessaires, poursuit-elle, elles devront passer par de nouvelles recherches, notamment sur les effets transgénérationnels des essais nucléaires.
Pour la représentante du Cesec, l'adoption unanime du vœu constitue avant tout un signal adressé au Parlement. “Il était important que la société civile locale s'exprime. (...) C'est un geste fort qu'envoie aujourd'hui le Cesec.” Un signal politique, certes, mais qui n'a, à ce stade, aucune portée contraignante. La proposition de loi poursuit déjà son parcours parlementaire, après avoir franchi sans encombre l'étape du Sénat. Les chances de voir cette demande se transformer en amendement apparaissent donc limitées.
Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) soutient la réforme de la loi Morin portée par la députée Mereana Reid-Arbelot. Mais la quatrième institution du Pays estime qu'un point important mérite encore d'être revu.
Réunis jeudi, les conseillers ont adopté à l'unanimité un vœu présenté par Léna Normand et Patrick Galenon demandant l'introduction d'un amendement à la proposition de loi actuellement en discussion au Parlement. Leur objectif : rétablir la possibilité de déposer une demande d'indemnisation pour les personnes ayant résidé ou séjourné en Polynésie entre 1975 et le démantèlement officiel du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP), en 1998.
Dans sa rédaction actuelle, la proposition de loi retient, pour la Polynésie, une période correspondant aux essais atmosphériques. Pour les auteurs du vœu, cette restriction n'est ni scientifiquement justifiée, ni conforme à l'évolution des connaissances sur les retombées radioactives. Ils rappellent notamment la persistance de certains radionucléides dans l'environnement et soulignent qu'aucun consensus scientifique ne permet d'affirmer que tout risque aurait disparu après le dernier tir atmosphérique.
“On est là pour tout le monde”
Cette demande prend toutefois le contre-pied d’un choix assumé par Mereana Reid Arbelot. À plusieurs reprises ces dernières semaines, la députée a expliqué avoir volontairement renoncé à cette extension. Selon elle, la loi Morin mentionnait bien la période allant jusqu'en 1998, mais cette possibilité n'avait, dans les faits, quasiment jamais permis l'indemnisation de victimes supplémentaires. Elle a donc préféré concentrer sa réforme sur un point qu'elle juge plus déterminant : remplacer le critère de causalité par un critère d'exposition, afin d'augmenter les chances de reconnaissance des victimes sans fragiliser l'équilibre du texte devant le Parlement.
Léna Normand ne conteste pas cette stratégie, mais refuse que certaines victimes potentielles soient écartées d'emblée. “On est là pour tout le monde”, a-t-elle insisté après l'adoption du vœu. “Ce n'est pas simple d'expliquer à des personnes : hier, tu pouvais déposer un dossier ; mais demain tu ne pourras plus. Les autres pourront, ceux de la période des tirs atmosphériques, mais toi non.”
La vice-présidente de l'association 193 reconnaît volontiers que cet amendement pourrait compliquer le parcours parlementaire d'un texte déjà adopté à l'unanimité au Sénat. “Oui, certainement. Mais on est là pour tout le monde”, assume-t-elle.
“Un message fort”
Interrogée sur l'argument scientifique avancé par la députée, Léna Normand estime au contraire qu'il ne faut pas refermer la porte faute de certitudes. “Aujourd'hui, c'est de ne pas exclure ce que permet la loi, c'est-à-dire laisser la possibilité à toutes les personnes nées entre 1975 et 1998 de demander reconnaissance et indemnisation”. Si des preuves supplémentaires sont nécessaires, poursuit-elle, elles devront passer par de nouvelles recherches, notamment sur les effets transgénérationnels des essais nucléaires.
Pour la représentante du Cesec, l'adoption unanime du vœu constitue avant tout un signal adressé au Parlement. “Il était important que la société civile locale s'exprime. (...) C'est un geste fort qu'envoie aujourd'hui le Cesec.” Un signal politique, certes, mais qui n'a, à ce stade, aucune portée contraignante. La proposition de loi poursuit déjà son parcours parlementaire, après avoir franchi sans encombre l'étape du Sénat. Les chances de voir cette demande se transformer en amendement apparaissent donc limitées.


































