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Vaste opération contre les trafics vers les îles à la gare maritime et à l’aéroport de Tahiti


Tahiti, le 13 février 2026 - Une quarantaine de gendarmes ont mené ce vendredi une opération de contrôle d’ampleur à la gare maritime de Papeete et à l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Objectif : lutter contre la propagation de stupéfiants dans les archipels.  

Des contrôles spontanés ont été menés vendredi à la gare maritime de Papeete et à l’aéroport de Tahiti-Faa’a, dès 10 heures, dans le cadre d’une opération de sécurité.  

Réunis sous la direction du colonel Jérôme Robert, une quarantaine de gendarmes ont inspecté les passagers et leurs bagages. Les militaires du service d’investigation judiciaire, l’équipe cynophile du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Faa’a, la Police aux frontières et les services des douanes ont participé au dispositif. Cette mobilisation s’inscrit dans la préparation du futur plan de lutte contre les stupéfiants pour l’année 2026.  

Les opérations ont débuté vers 10 heures à la gare maritime, avec des fouilles au départ et à l’arrivée. Plusieurs personnes auraient été interceptées en possession de cannabis. 

Des contrôles ont également été effectués sur les passagers des vols en partance pour les îles à Tahiti-Faa’a, sans qu’aucune saisie ne soit relevée dans la matinée. Le haut-commissaire de la République en Polynésie française, Alexandre Rochatte, a justifié cette mobilisation par une demande des tāvana : Il faut que nous puissions agir contre les trafics de stupéfiants, alcool et arme. Il peut aussi y avoir des contrôles d’argent liquide de façon trop importante. C’était important de mettre la pression sur les deux axes, a-t-il insisté. À noter que cette journée de contrôles a été organisée à l’occasion des départs en vacances scolaires, période marquée par un flux plus important de passagers à destination des îles. Des contrôles ont été effectués à l'arrivée et au départ des aéroports secondaires de Bora Bora, Hiva Oa et Nuku Hiva ainsi que des navettes à destination de Moorea et de l'Apetahi express lors d'escales à Huahine, Raiatea et Taha'a.

 "Éviter que l'ice arrive dans les îles"

Pour les autorités, l’enjeu principal reste d’éviter la progression de la consommation de stupéfiants dans les archipels. On contrôle les départs pour éviter que l’ice arrive dans les îles et qu’il y ait des gens qui commencent à consommer et basculent dans une consommation régulière, a précisé le haut-commissaire.   

Quatre équipes cynophiles ont été déployées. Parmi elles, Crète, un labrador noir de quatre ans, spécialisé dans la détection de stupéfiants. En cas de présence suspecte, le chien s’assoit, entraînant l’ouverture du bagage et, si nécessaire, la convocation de la personne concernée, l’enquête étant ensuite confiée à la gendarmerie. 

Les bagages d’une habitante de Moorea, qui s’apprêtait à rejoindre son mari sur l’atoll de Ahe à bord d’un vol de la compagnie Air Tahiti, ont notamment été inspectés, tout comme ceux de l’ensemble des passagers de son vol. Un peu plus tard, les équipes se sont dirigées vers la soute d’un avion d'Air Moana. Il est entraîné au cannabis et à la méthamphétamine. Il a un entraînement permanent au flair, a confié son maître.  

Les autorités entendent renouveler ce type d’opérations. 



Comment sont contrôlés les conteneurs ? 

Chaque année, environ 40 000 conteneurs transitent par le port. Un volume important qui ne permet pas de contrôler physiquement chaque cargaison dans son intégralité. Mais Serge Puccetti, directeur régional des douanes en Polynésie française, détaille le dispositif mis en place. 

Les contrôles s’effectuent d’abord en amont par voie informatique. Les autorités analysent les documents liés aux marchandises et réalisent des vérifications électroniques afin d’identifier les conteneurs à risque. Ceux-ci font ensuite l’objet de contrôles documentaires, puis éventuellement de contrôles physiques ciblés. 

En moyenne, une dizaine de contrôles sont effectués chaque jour. Il ne s’agit généralement pas de fouiller un conteneur entier, mais d’inspecter certains colis jugés suspects. 

Contrairement à certains grands ports, comme Le Havre, Marseille ou Dunkerque, les autorités locales ne disposent pas encore d’un scanner permettant d’inspecter les conteneurs dans leur globalité. L’acquisition d’un tel équipement reste envisagée, mais dépend des moyens budgétaires.  

Pour détecter d’éventuelles anomalies, les équipes s’appuient notamment sur des brigades cynophiles. Des appareils à rayons X sont également utilisés pour analyser certains colis extraits des conteneurs. Cette technologie permet, par exemple, de vérifier le contenu de marchandises difficiles à inspecter manuellement, à l’instar des pots de peinture, sans avoir à les ouvrir.  


Rédigé par Violaine Broquet le Vendredi 13 Février 2026 à 15:56 | Lu 507 fois