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Vahine Fierro, une graine de championne



Vahine Fierro, une graine de championne
PAPEETE, le 23 avril 2019. Le vendredi 26 avril lors de la 6e édition de La Journée « Vahine Tu as des talents » dans les Jardins de l’APF, huit femmes polynésiennes qui se distinguent dans leurs domaines d’activités seront mises en avant. L’association Union des femmes francophones d’Océanie (Uffo) met en lumière ces femmes remarquables par leur personnalité et leur force d’engagement. Ce sont nos Poerava ou perles précieuses. Jusqu'au 26 avril, nous vous ferons découvrir chaque jour dans notre journal papier et sur notre site internet le portrait d'une des huit Poerava.

Vahine Fierro, une graine de championne

« Mon objectif est de me qualifier dans le top 10 pour pouvoir intégrer le top 17 comme Michel Bourez », confie Vahine Fierro. « Je sais que ça va être difficile mais je vais tout faire pour y arriver. »


« Je m’appelle Vahine Fierro, j’ai 18 ans. Je suis originaire de Huahine, née d’une mère polynésienne et d’un père américano-mexicain. C’est une fierté pour moi d’être partagée entre plusieurs cultures à la fois. Je parle quatre langues : français, tahitien, anglais et espagnol que j’ai appris à l’école. J’ai eu mon Bac ES en 2018 au lycée de Papara.
J’ai commencé le surf à 5 ans mais je n’y allais pas tous les jours comme je le fais aujourd’hui. Jeune, papa faisait des compétitions de surf et il a transmis sa passion à toute la famille. Jusqu’à l’âge de 12 ans c’était vraiment juste pour m’amuser avec mes deux amies (Kailea et Naumi). Nous étions les seules filles de Huahine à surfer et on se motivait beaucoup, puis nous sommes allées à Tahiti pour les premières « compètes ».

Petite, je passais plus de temps sur terre que sur l’eau car j’habite dans une vallée et prenais beaucoup de temps à jouer dans les arbres, construire des cabanes, cueillir des fruits. Mes liens avec la nature sont tellement forts ! J’ai le privilège de bénéficier de toutes les richesses de la jungle, tout en ayant également une belle vue sur la mer : deux éléments primordiaux pour mon bien être. Je fais souvent des randonnées : ça me calme et me permet de m’évader, me donne du mana et j’ai l’impression d’être une nouvelle personne après chaque randonnée. J’avais un cheval qui s’appelait ‘Oviri’ et jusqu’à l'âge de 16 ans, on allait souvent faire des balades dans ma vallée, on l’amenait parfois à la mer et on faisait des galipettes sur son dos. Ce sont vraiment des moments inoubliables de mon enfance ! Je prenais également des cours de danse tahitienne car mes parents attachent beaucoup d’importance à la culture polynésienne et c’est pour cela que nous faisons l’effort de parler le plus possible en reo tahiti, car il est inutile de rappeler que dans la plupart des foyers polynésiens, c’est le français qui prime et nous avons tendance à délaisser notre si belle langue.

Je n’avais pas d’iPad ou d’Iphone ou de Vini jusqu’à l’âge de 13 ans, et je me rends compte en voyageant et en côtoyant les jeunes de ma génération qu’ils sont constamment connectés. C’est mon cas aussi car, avec mes sponsors j’y suis obligée, mais j’essaye de limiter mon temps sur les réseaux sociaux car il est facile d’y passer des heures sans s’en rendre compte.

Je suis toujours avec mes jeunes sœurs Heimiti et Kohai. Je m’ennuierais tellement sans elles ! On est très complices, on s’éclate aussi bien au surf qu’en danse tahitienne. Elles progressent très vite et commencent à faire des compétitions.

Je voyageais beaucoup avec ma famille quand j’étais petite. La règle chez les Fierro est de ne jamais laisser les planches derrière soi en voyage. J’ai profité de ces voyages pour faire mes premières compétitions pro-junior à 13 ans au Maroc, en Espagne où j’ai terminé 3e, ça m’a motivé pour continuer ... Suite à cela j’ai été sponsorisée, cela m’a vraiment poussée et j’ai réalisé que j’avais le niveau. J’y ai pris goût et maintenant je fais 7 pays en 7 semaines !! J’ai fait la connaissance de beaucoup de personnes renommées dans le monde du surf et c’était très enrichissant pour moi. Je voyageais sans mes parents mais je rejoignais le Team Roxy/ Quiksilver où j’étais la seule fille parmi le team des garçons.

Les plus grandes difficultés ont été de quitter ma famille et mon île à l’âge de 14 ans et demi pour le lycée de Papara où j’étais à l’internat. J’ai eu du mal à m’adapter. Avec mes voyages je partais parfois pendant deux mois C’était très, très dur. A tel point que j’ai failli suivre des cours par correspondance mais si je voulais bien réussir dans le surf il fallait que je parte et que j’apprenne à surfer dans la section de surf, avec Hira Teriinatoofa et Olivier Napias. Pendant trois ans, je me suis entrainée avec eux et je pense que c’était la meilleure façon pour moi de progresser au niveau du surf et en même temps de grandir et d’apprendre à être autonome.

Le fait d’être une femme ne m’a pas gênée et mon palmarès en est la preuve. Parmi mes résultats je suis fière d’être Championne du monde junior WSL, Vice-championne du monde ISA et de ma place au 9e au ROXY pro France CT.

Une chose essentielle est de m’amuser car tout le reste vient après. En effet, si je ne m’amuse pas, je n’ai aucune motivation pour surfer et m’entraîner. De plus j’aime voyager. Donc ce métier va bien avec ma personnalité. Je souhaite apprécier ce que j’ai : ma famille, ma santé et les petites choses toutes simples. Je pense que je suis une personne humble et discrète.

Mon objectif est de me qualifier dans le top 10 pour pouvoir intégrer le top 17 comme Michel Bourez. Je sais que ca va être difficile mais je vais tout faire pour y arriver. Le surf c’est le « dream job », un métier hors-norme. Tu es payée pour t’éclater dans les vagues et voyager !

Un petit message pour les jeunes qui ne savent pas quoi faire, ou qui sont perdus - je ressens cela moi aussi parfois : ne jamais perdre espoir et se fixer des objectifs atteignables et surtout ne pas prendre de drogue car c’est la pire des choses. Le meilleur conseil que mes parents m’ont donné : « quand tu veux quelque chose, tu vas jusqu’au bout n’abandonne jamais ».
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« Les plus grandes difficultés ont été de quitter ma famille et mon île à l’âge de 14 ans et demi pour le lycée de Papara où j’étais à l’internat», confie Vahine Fierro.


Découvrez les vahine qui ont du talent le 26 avril

Vahine Fierro, une graine de championne
L’association UFFO- Polynésie organise le vendredi 26 avril la 6e édition de la Journée « Vahine, Tu as des talents". A cette occasion, les "Poerava" de l’année 2019 seront distinguées.

La Journée « Vahine tu as des talents », organisée par l’association Union des femmes francophones d’Océanie (Uffo), aura lieu le vendredi 26 avril dans les Jardins de l’Assemblée de la Polynésie française de 8 à 16 heures. L'Uffo a pour objectif de promouvoir l’autonomisation des femmes polynésiennes en les encourageant dans leurs initiatives économiques, sources d’indépendance financière et de réalisation personnelle. L'évènement du vendredi 26 avril est donc une journée d’entraide, de partage d’expériences et d’information. La journée s’adresse d’abord à des femmes qui se lancent et ont besoin d’acquérir de la notoriété, d’être encouragées par l’exemple d’autres. « Notre association poursuivra l’accompagnement de certaines exposantes par des journées de formation-sensibilisation aux aspects de gestion, de communication et commercialisation, et de développement personnel, ainsi qu’une formation à la couture », explique l'association, qui propose gratuitement ses services et son organisation aux femmes qui auront répondu à son initiative.

Les exposantes ont accepté en échange de faire des démonstrations, de parler de leurs activités aux visiteurs. Pendant la matinée des séances de coaching en groupe seront proposées. Pas moins de 70 femmes seront présentes et présenteront des activités variées bouquets de fleurs et couronnes (fleurs naturelles et tissus), produits éco-responsables, tressage de niau - kumuhei, mono'i, huiles de coco parfumées, vêtements pour animaux, chutney, bonbons cocos, fruits découpés, yaourts, sirops…

Vahine Fierro, une graine de championne
A l'occasion de cette journée, l’Union des femmes francophones d’Océanie a également décidé de mettre en avant huit femmes polynésiennes qui se distinguent dans leurs domaines d’activités. "Ces femmes remarquables par leur personnalité et leur force d’engagement sont nos Poerava ou perles précieuses", explique l'association. Ces femmes sont : Carole Atem (Enseignement supérieur et Recherche), Maïlee Faugerat (Entreprenariat et Direction d’entreprise), Marie-Hélène Villierme (Art photographique et du documentaire), Vahine Fierro (Sports de haut niveau), Moea Pereyre (Enseignement et promotion du développement durable), Noelyn Faussane (Promotion du développement durable et entreprenariat), Thilda Harehoe (Enseignement et Engagement social) et Heirani-Nathalie Salmon (Ecriture et communication).
Une mini-tombola est organisée par l’Association UFFO-Polynésie pour financer les dépenses de la Journée.

Rédigé par Mélanie Thomas le Mercredi 24 Avril 2019 à 02:00 | Lu 5575 fois





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