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Une formation pour posséder les clés du métier d’apiculteur



Ultime leçon de cette formation : la technique pour se servir dans une colonie d’abeilles sauvages afin d’initier une activité apicole.
Ultime leçon de cette formation : la technique pour se servir dans une colonie d’abeilles sauvages afin d’initier une activité apicole.
PAPEETE, 29 mars 2016 - Une trentaine de stagiaires ont achevé mardi un stage de formation de 52 heures aux techniques de l’apiculture.

Une certaine effervescence régnait, mardi matin, au domicile de Stéphane Brouttier, dans le quartier du Pic Rouge sur les hauteurs de Papeete. Difficile de se convaincre d’approcher. Dans un bourdonnement sourd, des centaines d’abeilles tournoient autour d’une section de tronc de Falcata colonisée par une ruche sauvage, tandis que les stagiaires s’affairent en rangs serrés et sans la moindre protection à récupérer les rayons pour les installer sur des châssis.

L’arbre a été abattu au mont Marau et transporté la semaine dernière jusqu’à domicile. Ultime leçon donnée par l’apiculteur : la technique pour se servir dans une colonie d’abeilles sauvages afin d’initier une activité apicole.

Après six mois de formation à raison de deux heures par semaine, ce groupe d’une trentaine d’adultes possèdent dorénavant les clés pour se lancer à leur compte dans la fabrication de miel : élever une reine ; construire sa ruche ; en extraire le miel ; recycler la cire ; les dangers qui menacent les abeilles ; la législation en vigueur localement pour réglementer le métier d’apiculteur. Au fil de ces 52 heures de cours, tous ont appris à devenir autonomes.

Déficit de production en Polynésie

Stéphane Brouttier
Stéphane Brouttier
"La ruche, comme on dit, c’est un travail d’homme. Mais on s’est mises à la menuiserie aussi. On fait de tout", explique en rigolant Aimée, une trentenaire qui possède déjà trois ruches à Faa’a et qui aimerait bien se professionnaliser. Dans ce groupe, une petite moitié est composée de femmes. Les stagiaires ont de 18 à 75 ans. "Mon père faisait ça à Tubuai, dans le temps. On n’a pas fait attention à ce qu’il aurait pu nous apprendre. Maintenant c’est trop tard", nous dit Alfred Tumutu, un septuagénaire qui possède déjà quelques ruches à Papara et qui cherche à se perfectionner.

"Le but est de leur apprendre les techniques de l’apiculture pour qu’ils puissent déjà produire du miel pour leur famille", commente Stéphane Brouttier, le maître de formation, un professionnel de l’apiculture depuis trente ans, installé à Tahiti et à Tetiaroa. "Je leur ai tout appris de A jusqu’à Z : sortir les abeilles sauvages d’un arbre, fabriquer une ruche, fabriquer de la cire, élever des reines… Ils sont autonomes maintenant, s’ils le veulent bien. Les stagiaires qui ont suivi cette formation peuvent aujourd’hui, s’ils retournent dans leur île, en associant une activité d’apiculture à un peu de pêche et de coprah, faire sans problème vivre une famille. L’ambition n’est pas d’en faire des professionnels avec 100 ou 200 ruches. Peut-être un ou deux le deviendra-t-il. L’ambition c’est que chaque stagiaire puisse se lancer dans une petite production et peut-être, après 10 ou 15 ans de pratique, en faire sa profession : il faut du temps pour que les ruches se développent".

En Polynésie française, où la collectivité est encore épargnée par les dommages que causent ailleurs dans le monde des parasites tels que le varroa ou la loque américaine, la demande de miel est très largement supérieure à l’offre, tandis que l’importation est sévèrement réglementée. Il y a donc de la place pour des apiculteurs de bonne volonté. D'autant que l’on estime le déficit de production à une soixantaine de tonnes de miel par an. De 2013 à 2014, la production a chuté de 146,2 tonnes à 85 tonnes. Une ruche peut produire jusqu'à 30 kg de miel par an.

Stéphane Brouttier ouvre une quatrième session de formation aux techniques de l’apiculture en juin prochain. Les inscriptions seront gérées, comme pour celle qui s’est achevée mardi, par le service de l’emploi de la mairie de Faa’a qui en assure également le financement.


Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mardi 29 Mars 2016 à 14:22 | Lu 1704 fois





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