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Unanimité sur le dossier des Marquises malgré des débats houleux


Tahiti, le 24 mai 2024 - La résolution visant à soutenir la candidature des îles Marquises pour leur classement au patrimoine mondial de l’Unesco a provoqué des échanges houleux ce vendredi matin à Tarahoi où la politique a pris le dessus dans les débats. Ce dossier qui ne devait être qu’une formalité et qui avait pourtant été retiré de l’ordre du jour de la dernière séance de l’assemblée, a donc finalement été approuvé à l’unanimité.
 
“On va tous voter cette résolution et on trouve encore le moyen de se chamailler”, a réagi le président du Pays, Moetai Brotherson, après les différentes interventions des élus de la majorité et de l’opposition. La résolution visant à soutenir la candidature des îles Marquises pour leur classement au patrimoine mondial de l’Unesco a provoqué, en effet, des débats houleux dans l’hémicycle où la politique politicienne a pris le dessus.
 
Le Tapura regrettant par exemple, par la voix de son représentant-Hakaiki, Benoït Kautai, que le rapport présenté ne tienne que sur “une page et demie” et ne reprenne rien “des travaux effectués pendant 30 ans” par les différents gouvernements. “Comme si ce dossier avait été initié en 2023”, s’est-il agacé. Les élus Tavini ont quant à eux notamment argué que si ce dossier avait été reporté, c’était pour convaincre les derniers récalcitrants. Et Pauline Niva d’assurer que ce rapport du Tavini vien “compléter” celui de 99 pages, rédigé sous la précédente mandature.
 
“L’Unesco ne vient pas pour exproprier”
 
D’où la mission d’une semaine de la vice-présidente Éliane Tevahitua, début mai, aux Marquises pour convaincre et rassurer les propriétaires fonciers. Une mission qui a “permis de répondre aux inquiétudes de la population marquisienne”, a assuré l’élue du Tavini Frangélica Bourgeois-Tarahu. Des réunions qui été suivies par 200 Marquisiens au total. “200 propriétaires sur 8000 habitants, ce n’est pas grand-chose” a concédé la vice-présidente qui estime néanmoins que les convaincre a déjà été “un grand pas”. Elle a par ailleurs rappelé que l’Unesco “ne vient pas pour exproprier” puisque c’est bien le code polynésien de l’aménagement qui s’applique. Autrement dit, cela relève de la compétence de la Polynésie française et les propriétaires fonciers, dont certains étaient présents dans le public, n’ont pas à s’inquiéter.
 
Cette résolution finalement adoptée à l’unanimité en fin de matinée par les 57 représentants de Tarahoi doit maintenant passer en commission de l’Unesco le 26 juillet prochain à New Dehli. Reste à espérer que ces “chamailleries” ne pèseront pas dans la décision finale de classer ou pas Henua Enata au patrimoine mondial de l’Unesco.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Vendredi 24 Mai 2024 à 12:32 | Lu 3073 fois