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Un système de bourse élargi pour les étudiants de l'UPF


Tahiti, le 17 mai 2024 – Le président du Pays a annoncé ce vendredi une évolution du système de bourses pour les étudiants polynésiens de l'Université. Il sera élargi et effectif dès la rentrée prochaine, avec notamment la mise en place d'une “bourse intermédiaire” de 30 000 francs par mois destinée aux revenus mensuels supérieurs à deux Smig et cumulable avec un prêt bonifié.  
 
“Quand on aide un étudiant, c'est un investissement que le Pays fait sur l'avenir”, a indiqué le président du Pays ce vendredi matin à l'issue d'une conférence de presse bilan à l'occasion de sa première année de mandature. Après avoir balayé différents sujets face aux journalistes de la presse écrite, radio et télévisuelle, il a en effet terminé en annonçant que le système de bourses serait modifié et élargi pour bénéficier à davantage d'étudiants. “On ne considère pas ça comme une charge”, a-t-il insisté, expliquant que c'était aussi un moyen de contribuer à redonner un peu de pouvoir d'achat aux ménages polynésiens.
 
“Aujourd'hui, un couple sans revenus, ou dont les revenus cumulés sont inférieurs au Smig, et qui a un enfant étudiant, a droit à une bourse non majorée de 40 000 francs par mois. Nous avons décidé de passer ces bourses non majorées à 60 000 francs par mois”, a ainsi déclaré Moetai Brotherson, et ce, “dès la rentrée prochaine”.
 
Il faut toutefois préciser – ce qu'a omis de faire le président – que ces bourses sont versées sur dix mois et ne concernent que les étudiants de l'Université de la Polynésie française. En effet, ceux qui partent faire leurs études en Métropole, en Europe ou à l'étranger bénéficient déjà d'une bourse majorée d'au moins 60 000 francs par mois. Les bourses majorées sont accordées au mérite, sans distinction sociale, et peuvent aller jusqu'à 150 000 francs selon le niveau d'études.
 
Une bourse intermédiaire et cumulable avec un prêt bonifié
 
Il n'en demeure pas moins que cela reste une bonne nouvelle pour les jeunes bacheliers qui comptent poursuivre leur cursus scolaire sur les hauteurs d'Outumaoro. C'est ainsi que les parents qui gagnent un peu plus que le Smig et qui, jusqu'ici, étaient obligés de contracter un prêt bonifié pour leurs enfants, pourront désormais aussi prétendre à cette même bourse non majorée de 60 000 francs par mois.
 
Pour ceux dont les revenus sont équivalents à deux fois le Smig et qui n'ont pour l'instant pour unique possibilité que de souscrire à un prêt bonifié, ils pourront maintenant en plus être éligibles à une bourse intermédiaire complémentaire de 30 000 francs par mois. “Ça veut dire que potentiellement, ils auront un revenu de 70 000 francs plutôt que 40 000 francs aujourd'hui au travers du seul prêt d'étude bonifié”, a précisé le président du Pays qui va plus loin en incluant aussi ceux dont les revenus sont supérieurs à deux Smig et qui “sont éliminés de facto” de ces deux dispositifs. “Leurs enfants pourront aussi prétendre à une bourse intermédiaire de 30 000 francs par mois.”
 
Rappelons que le salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) a été revalorisé deux fois depuis le début de l'année. Une première fois en janvier et une seconde fois le 1er mai dernier pour atteindre aujourd'hui 146 145 francs net par mois. Il s'agit d'une revalorisation mécanique et automatique qui s'opère au regard de l'indice des prix à la consommation.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Vendredi 17 Mai 2024 à 13:47 | Lu 1886 fois