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Un perroquet au tribunal administratif



Tahiti, le 25 août 2021 - Interdit d’importer son perroquet Jackson sur le territoire, le propriétaire de l’animal a décidé de saisir le tribunal administratif pour contester le refus d’ouvrir les frontières pour son ara. En séance, le rapporteur public a penché du côté de l’animal et de son maître considérant que le refus du Pays était peu fondé.

Il y a deux catégories d’oiseaux : Ceux qui peuvent migrer sur des milliers de kilomètres et s’affranchir des frontières et ceux qui doivent demander la permission. Le perroquet femelle Jackson fait partie de la deuxième catégorie. L’oiseau, domestique, est né et vit en captivité au Canada en étant en quarantaine à domicile sous surveillance d’un vétérinaire de l’agence canadienne depuis 2019. Il n’a donc pas vraiment la capacité de voler de ses propres ailes. Son maître, l’animateur Benny de Radio 1, souhaite qu’il vienne le rejoindre mais la réglementation entrave ces retrouvailles. Le code de l’environnement polynésien est en effet relativement strict : “L’introduction, quelle qu’en soit l’origine, sur le territoire de la Polynésie française, et l’importation sous tous régimes douaniers, de spécimens vivants d’espèces animales ou végétales sont interdites”. Mais le même texte prévoit que des dérogations particulières peuvent être accordées sur la base d’études “établissant l’innocuité de l’introduction ou de l’importation du spécimen sur la biodiversité locale”.
 
Jackson à la porte, en vain

Le propriétaire de Jackson s’exécute et confie alors à un expert la mission de réaliser une étude d’impact sur l’introduction de sa perroquette sur le territoire. Une expertise qui ne convainc pas le Pays. Malgré les efforts de son père adoptif, le chamarré volatile se voit opposer la fermeture des frontières en septembre dernier. L’homme ne pourra introduire l’oiseau. La Direction de l’environnement (Diren) refusait en effet l’importation du chloroptère et le transfert depuis son actuel asile québécois. Montréal devait rester son réel. Une décision de l’administration polynésienne qui s’appuyait sur un avis défavorable de la Commission des sites et monuments naturels chargée de s’exprimer sur les risques de l’introduction d’un nouveau spécimen plumé sur la biodiversité locale. Aussi perroquet soit-il, l’oiseau n’en est pas moins le bienvenu au fenua. Charles Martel avait arrêté les arabes avant qu’ils n’arrivent à Poitiers, la Diren a arrêté les aras avant qu’ils ne débarquent à Papeete. Mais l’argumentaire de l’administration a battu de l’aile à l’audience du tribunal administratif mardi.
 
Test PCR aussi pour les perroquets
Selon le rapporteur public, l’animateur “apparait démontrer l’innocuité sur la biodiversité locale” par la production d’une “étude précise et détaillée réalisée par un docteur vétérinaire et portant sur l’analyse du risque lié à l’importation” de Jackson sur la population aviaire polynésienne. Une expertise qui conclut que, s’agissant des différentes pathologies virales dont Jackson serait susceptible d’être porteuse, “le risque identifié est très majoritairement négligeable ou faible et qu’au besoin des tests de contrôle peuvent être réalisés”. Pour la magistrate, des tests PCR ou des analyses sont disponibles pour s’assurer de la présence de formes pathogènes ou de parasites. Un test beco-pharyngé est donc à prévoir si nécessaire. Du côté de l’administration, “la commission ne fait état d’aucun risque identifié pour la biodiversité liée à l’introduction de Jackson et se borne à faire état de considérations très générales” notamment qu’une dérogation pourrait “engendrer d’autres demandes du même type”. Pour le rapporteur public, la décision de refus d’importation est entachée d’une erreur d’appréciation et doit donc être annulée.
 
Séquence émotion

L’avocat de l’animateur n’a pas cherché à voler dans les plumes de l’administration et a évité la prise de bec. Me Quinquis a ainsi plus insisté sur l’aspect émotionnel que sur l’argumentaire juridique pour demander un réexamen rapide du dossier par la Diren. Selon l’avocat, “derrière le perroquet Jackson se joue quelque chose d’assez tragique pour M. Varney qui fait une dépression de ne pas savoir quand est-ce qu’il pourra vivre de nouveau avec son perroquet avec qui il a une relation très particulière, quasiment filiale. (…) Il y a des interactions très fortes qui se font. (…) Le perroquet lui-même, du fait de la séparation a déprimé avec la perte de ses plumes, il s’est mis à s’automutiler. Lorsque ce perroquet voit son maître par visioconférence, il le reconnait et reprend du poil de la bête”. Le propriétaire, au bord des larmes, évoquera les 16 000 signatures de soutien “pour qu’on puisse se retrouver avec Jackson”. “C’est un animal qui j’ai élevé à la main, elle va fêter ses 12 ans demain. Elle est capable de vivre 80 ans. (…) C’est vraiment encore un tout petit bébé et j’ai autant besoin d’elle qu’elle a besoin de moi”. La décision du tribunal est attendue pour le 7 septembre prochain.

Rédigé par Sébastien Petit le Mercredi 25 Août 2021 à 19:19 | Lu 8121 fois





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