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Un mois de confinement grèverait le PIB français de 2,6 points cette année



Paris, France | AFP | lundi 30/03/2020 - Un confinement d'un mois devrait amputer le produit intérieur brut (PIB) français de 2,6 points sur un an, a estimé lundi l'OFCE, qui juge urgent de lutter contre les faillites d'entreprises.

"C'est une situation complètement incroyable" et "sans commune mesure avec les chocs qu'on a pu connaître", en 2008 ou en 1929, a estimé Xavier Ragot, le président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) lors d'une vidéoconférence de presse. 
Selon l'Observatoire, le premier facteur de réduction du PIB est la modification des "comportements de consommation" des ménages du fait du confinement. Elle entraînerait une baisse de 1 point du PIB sur un an, la consommation représentant 70% du PIB national.
La baisse de l'investissement pèserait elle à hauteur de 0,7 point, tandis que les perturbations des conditions de travail (télétravail, difficultés d'accès aux sites de travail, etc.) engendreraient une perte de 0,4 point de PIB.
A elle seule, la fermeture des écoles pèserait pour 0,3 point de PIB, en empêchant 1,2 million de salariés de travailler.
Enfin, d'autres effets, comme l'affaiblissement du solde commercial, en particulier celui lié au tourisme, entraînerait une perte de 0,2 point de PIB.
La semaine dernière l'Insee a estimé que l'économie tournait actuellement aux deux tiers et qu'un confinement d'une durée d'un mois se traduirait par 3 points de PIB en moins sur un an.
Un chiffre jugé "raisonnable" lundi par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur BFMTV/RMC, alors que le gouvernement a lui anticipé un impact de 2,3 points dans son budget rectifié.
Selon l'OFCE, l'écart avec la prévision de l'Insee tient à ce que l'Observatoire table par exemple sur un  recul moins important de la consommation ou de l'investissement dans le secteur de la construction.
Comme l'Insee, l'OFCE constate que les conséquences sont très hétérogènes selon les secteurs d'activité, ce qui "justifie des mesures budgétaires et fiscales de soutien ciblées".
Si le confinement devait se prolonger, l'OFCE estime que la perte de PIB serait "approximativement" doublée, mais prévient que certains facteurs pourraient "aggraver" l'impact sur l'activité, en particulier une "amplification de la rupture des chaînes de valeurs", ou encore le risque de faillites d'entreprises.

- préserver les entreprises -

L'OFCE estime toutefois qu'une fois le confinement levé, l'économie française pourrait connaître "un rebond (...) potentiellement important, du fait de l'épargne constituée par les ménages et de la "résilience du tissu productif" permise par le soutien public.
"Il y a une certaine urgence à avoir une doctrine d'intervention de l'Etat (...) pour éviter les faillites et pour que la reprise de l'activité en sortie de confinement se fasse dans un monde où le tissu productif soit préservé", a d'ailleurs souligné Xavier Ragot. 
Permettant de réduire l'impact de la crise sur le chômage, le dispositif de chômage partiel pourrait à terme concerner "environ 5,7 millions d'emplois", soit 21% de l'emploi salarié, et coûter plus de 20 milliards d'euros par mois, dans l'hypothèse où il serait utilisé par toutes les entreprises éligibles. Il amputerait aussi le revenu des salariés concernés de 1 milliard d'euros environ sur un mois.

le Lundi 30 Mars 2020 à 05:29 | Lu 124 fois





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