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Un manque de moyens pour la prévention du diabète



"En moyenne on arrive à dépister plus de 3 000 personnes chaque année grâce à cette action", a précisé Jean-Louis Boissin.
"En moyenne on arrive à dépister plus de 3 000 personnes chaque année grâce à cette action", a précisé Jean-Louis Boissin.
PAPEETE, le 14 novembre 2018 - Depuis le début de la semaine, l'Association des diabétiques et obèses de la Polynésie française (ADOPF) organise des dépistages à Papeete, dans le cadre de la semaine de lutte contre la maladie. Rappelons que près de 40 000 personnes souffrent du diabète au fenua. L'ADOPF pointe  ainsi un manque de moyens pour la prévention de la maladie dans nos îles.

Une balance, une toise, un tensiomètre et un glucomètre. La place de la Cathédrale, à Papeete avait des allures de dispensaire ce mercredi matin. L'Association des diabétiques et obèses de la Polynésie française (ADOPF) organise en effet depuis le début de la semaine des journées de dépistage du diabète sur différents sites de Papeete.
 
Pour rappel au fenua, près de 40 000 personnes sont diabétiques. Soit environ 20% de la population. Et selon la Caisse de prévoyance sociale (CPS), on constate chaque année 3 000 nouveaux cas. Ce qui représente un nombre assez important de patients à soigner, et donc une facture assez salée pour les dépenses de santé, comme l'indique le docteur Jean-Louis Boissin, endocrinologue : "il y a environ une centaine de diabétiques qui sont sous hémodialyse. Et cela coûte chaque année un peu plus d'un milliard de franc".

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Une semaine pour interpeller sur cette maladie grave qu'est le diabète <<

"ON FAIT AVEC CE QUE L'ON A, ET CE N'EST PAS SUFFISANT"

Manque d’activité physique, alimentation déséquilibrée, surpoids, les causes du diabète sont déjà bien identifiées. "Aujourd'hui on va tous vers la facilité. On n'a plus le temps de faire à manger, et on prend tout ce qui est à portée de main", a insisté Lydie Pua, présidente de l'ADOPF.
 
Si l'association, avec le soutien du taote Boissin, œuvre depuis plus de 20 ans à la sensibilisation de la maladie auprès de la population, les moyens pour mettre en place une prévention plus efficace manquent cruellement. "Si on veut faire baisser le nombre de diabétiques chez nous, il faut faire plus de prévention. C'est notamment au ministère de la Santé d'agir à ce niveau-là", indique la présidente de l'ADOPF. Avant d'ajouter, "avec l'association on va dans les établissements scolaires, on essaye de faire un tour de l'île tous les trois mois pour sensibiliser la population. On fait avec les moyens que l'on a, et ce n'est pas suffisant."
 
"On n'était pas loin d'annuler notre semaine d'action, faute de moyen", complète Jean-Louis Boissin. Ainsi, ce sont plus de 1 000 personnes qui ont été dépistées depuis le début de la semaine par l'ADOPF. Aujourd'hui l'association se déplacera au collège Pomare, avant de terminer sa semaine de dépistage au collège de Papara.

INTERVIEW

Jean-Louis Boissin, endocrinologue
"Il faut revenir à un mode de cuisson traditionnel"

La présidente de l'ADOPF pointait du doigt le manque de moyen mis pour la prévention du diabète en Polynésie française…
Chaque année nous avons une subvention de 2 millions. Et généralement elle est versée vers le mois de décembre, ou de janvier. Donc c'est un peu tard. Et on a failli ne pas faire cette semaine de sensibilisation par manque de moyens. Mais la mairie de Papeete nous a accordé une subvention, et nous avons aussi eu le soutien du Rotary Club. Et puis avant, pour les campagnes de prévention il y avait l'EPAP, qui a été dissolu en 2010. J'avais pour projet à l'époque de former et de placer des jeunes dans les écoles primaires. Ils auraient eu pour mission d'assurer des actions de prévention de santé auprès de ces enfants au travers d'activités physiques. A mon avis grâce à cette opération on aurait éradiqué l'obésité chez l'enfant.
 
Pourtant avec plus de prévention on arriverait à réduire les coûts très importants en matière de soins que représentent les malades du diabète ?
Il y a environ une centaine de diabétiques qui sont sous hémodialyse. Et cela coûte chaque année un peu plus d'un milliard de franc. Tout cet argent qui est gaspillé à mon avis, pourrait être mis dans des actions de prévention, ou pour la construction d'infrastructures sportives. Mais les pouvoirs publics ont préféré mettre leur priorité sur les soins curatifs.
 
On sait que le diabète est notamment dû à une alimentation déséquilibrée. Comment faire pour y remédier ?
Il faut savoir que les Polynésiens avaient l'habitude de manger des aliments cuits à la vapeur, ou grillés. C'est l'exemple du ahi ma'a traditionnel. Après il y a eu l'introduction de la friture. Quand je suis arrivé dans les années 1980 il n'y avait pas trop de friture, mais aujourd'hui elle est largement répandue. Si on revenait déjà à un mode de cuisson traditionnel, on arriverait à régler pas mal de problèmes. C'est surtout le gras. L'huile, le beurre, mais aussi le sel. Le sel parce qu'il va abîmer les artères du pancréas, le gras va les boucher, et le pancréas ne marchera plus. Ce qui conduit au diabète. Après on accable beaucoup les fast-food, mais le vrai problème je dirais que ce sont les roulottes qui s'installent à proximité des établissements scolaires. On devrait leur interdire d'ouvrir lorsque les enfants sortent pour aller chercher à manger.

Rédigé par Désiré Teivao le Mercredi 14 Novembre 2018 à 15:58 | Lu 1182 fois






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