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Un foyer de fièvre catarrhale ovine (FCO) découvert dans l'Allier, nouvelle menace sur l'élevage



Paris, France | AFP | vendredi 11/09/2015 - Un foyer de fièvre catarrhale ovine (FCO) ou maladie de la langue bleue, qui menace aussi les troupeaux de bovins, vient d'être identifié dans l'Allier: une mauvaise nouvelle de plus pour le secteur qui tentait de relancer ses exportations.

La maladie, sans danger pour les humains, est véhiculée par un moucheron piqueur et impose des mesures de confinement des troupeaux qui entravent la commercialisation des animaux.

Le ministère de l'Agriculture a précisé vendredi que l'animal malade avait été détecté dans un élevage bovin et ovin de l'Allier, grande région d'élevage. "Les analyses conduites sur 147 bovins ont montré 27 cas positifs et sur 175 ovins, 6 cas positifs", a précisé le ministre, Stéphane Le Foll, à la presse.

L'élevage concerné a été aussitôt placé "sous surveillance renforcée et les mouvements d'animaux bloqués au sein de l'exploitation", a-t-il précisé. De plus l'élevage concerné est isolé par une "zone de protection et de surveillance de 150 km de diamètre".

M. Le Foll a prévu de rencontrer les responsables nationaux des filières d'élevage jeudi 17 septembre afin d'évoquer un soutien financier aux éleveurs touchés. Mais d'ores et déjà, la direction générale de l'alimentation (DGAL) affirme que la maladie n'impose "pas d'abattage massif car la plupart des animaux guérissent, même si certains peuvent mourir".

Comme le veut la réglementation européenne, toute la zone (21 départements au total) doit appliquer une restriction des mouvements d'animaux et une interdiction de regroupement.

Le Comité national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale doit se réunir lundi pour envisager les mesures supplémentaires, telles les campagnes de vaccination, à observer - la FCO doit être notifiée à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) en raison de sa dangerosité pour le troupeau.



- 1,3 million de vaccins -



"Dès la semaine prochaine nous aurons 1,3 million de doses de vaccin à notre disposition", a annoncé M. Le Foll. "J'envisage de vacciner massivement mais le périmètre dépendra des informations qu'on aura", a-t-il ajouté. "Il faut être dans l'action rapidement et dans la transparence sinon on laisse le temps à la maladie de se disséminer".

Selon la DGAL, qui a fait procéder aux tests, le stéréotype 8 identifié "n'est pas le plus virulent".

L'origine du foyer est encore incertaine mais la DGAL envisage la possibilité d'une circulation via la faune sauvage.

La France a notifié la présence de FCO à l'OIE en raison de sa dangerosité pour les troupeaux. La maladie attaque les ruminants (ovins, bovins, caprins) sans affecter la qualité sanitaire de la viande ou du lait, mais les pertes directes qu'elle cause aux troupeaux, par mortalité ou en laissant de lourdes séquelles, associées aux restrictions en matière de commercialisation pèsent lourdement sur les éleveurs.

D'où la nécessité d'une rapide mise en oeuvre de mesures de gestion "pour limiter les conséquences de la maladie, notamment à l'export", insiste le ministère.

Elle se traduit par de fortes fièvres, un gonflement de la tête de l'animal et le bleuissement de sa langue - d'où son nom.

La France avait été déclarée indemne de la FCO en décembre 2012. Le dernier foyer identifié remontait à juin 2010.

Considérée autrefois comme une maladie exotique - elle existe depuis des siècles en Afrique - son extension est favorisée par la mondialisation et le changement climatique, car les insectes vecteurs tendent à pulluler en période chaude.

En 2006, la FCO avait fait une apparition aussi inattendue que remarquée en Europe du Nord, sans doute introduite par des animaux vivants, importés sans contrôle,souligne l'OIE. Elle avait d'abord affecté l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et, dans une moindre mesure, le Luxembourg et la France, puis en deux ans, s'était propagée à travers toute l'Europe du nord, Royaume-Uni compris malgré son insularité.

Cette annonce est une mauvaise nouvelle supplémentaire pour l'élevage français, confronté à une forte chute des prix et qui comptait sur l'exportation pour sortir de la crise.

Rédigé par Noémie Debot-Ducloyer le Vendredi 11 Septembre 2015 à 14:00 | Lu 281 fois





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