Tahiti, le 26 août 2025 – Un étudiant âgé de 26 ans a été condamné, mardi en correctionnelle, à deux ans de prison avec sursis pour une atteinte sexuelle et des faits de voyeurisme perpétrés à l'encontre de deux étudiantes vivant dans la même résidence que lui. L'individu, qui s'était introduit nuitamment chez les deux victimes pour les filmer pendant leur sommeil, est désormais inscrit au Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes.
Affaire peu banale que celle examinée mardi par le tribunal correctionnel de Papeete qui jugeait un étudiant de 26 ans – un homme jusque-là inconnu de la justice –, poursuivi pour une atteinte sexuelle et des faits d'“atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l'image d'une personne présentant un caractère sexuel”.
Les faits, en partie reconnus par le prévenu, s'étaient déroulés dans la nuit du 27 au 28 avril dans une résidence accueillant des étudiants à Punaauia. Constatant que la porte de l'une des chambres du bâtiment dans laquelle dormait une jeune femme n'était pas fermée à clé, il s'y était introduit. Afin de la filmer, il avait tenté de retirer la couverture du lit et avait, selon elle, commis des attouchements sur sa personne. Constatant que la jeune femme était réveillée, il s'était immédiatement excusé avant de s'en aller.
Comportements “irréfléchis”
Si c'est grâce à la plainte de cette première victime que l'affaire a été mise au jour, les enquêteurs avaient également découvert que l'étudiant s'était ensuite introduit, quelques heures plus tard après cette première agression, chez une seconde étudiante pour la filmer durant son sommeil. La jeune femme avait appris les faits lorsqu'elle avait été contactée par les gendarmes qui avaient retrouvé la vidéo dans le téléphone du prévenu.
Confronté aux faits ce mardi lors de sa comparution, le jeune homme a reconnu avoir fait des vidéos et des photos des victimes tout en niant avoir volontairement touché la première jeune femme. Interrogé sur ses actes, il a évoqué des “réflexes”, des comportements “irréfléchis”. Ce à quoi le président du tribunal lui a répondu en citant des propos issus de sa garde à vue. À l'époque des faits, l'homme avait en effet pu déclarer qu'il avait été “instinctivement attiré” quand il avait vu que la porte de sa première victime n'était pas verrouillée et qu'il avait voulu se “rincer l’œil”.
Le tribunal a ensuite évoqué la personnalité de cet homme, un étudiant en couple depuis plusieurs années, mais aussi un individu plutôt solitaire qui souffre de troubles anxieux accompagnés de troubles obsessionnels compulsifs. À la barre, le prévenu a d'ailleurs assuré qu'il avait, depuis les faits, déjà consulté un psychiatre à plusieurs reprises pour comprendre les raisons de son comportement.
Tel que cela était prévisible au regard de la personnalité du jeune homme, le procureur de la République a évoqué, lors de ses réquisitions, une “situation particulière” du fait que ce dernier soit un “étudiant totalement inséré”. Il s'est également interrogé sur les passages à l'acte “transgressifs” du prévenu dont l’évolution s’inscrit dans une “gradation”. Trois ans de prison avec sursis probatoire pendant trois ans ont finalement été requis à son encontre.
Face à ces réquisitions jugées “excessives”, l'avocate du jeune homme, Me Isabelle Nougaro, a tout d'abord demandé au tribunal de relaxer son client du chef d'agression sexuelle en assurant que ce dernier avait soulevé la couverture sous laquelle dormait la première victime sans avoir eu l'intention de la toucher. Elle a ensuite assuré que son client n'était pas dans une voie de “prédation” et qu'il avait subi, au cours de sa vie, plusieurs “échecs” dus à ses troubles anxieux.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné l'étudiant à deux ans de prison avec sursis ainsi qu'à une peine assortie de l’inscription au Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais).


























