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Un "data lab" pour ouvrir l'accès aux données face à la crise du Covid



Tahiti, le 5 mars 2021 - Le séminaire de lancement d’un “Data Lab” jeudi annonce l’élaboration d’une stratégie de la donnée, dont l’absence s’est cruellement fait sentir depuis le début de la crise. Désormais “absolument vitale” selon le ministre de l’Économie, Yvonnick Raffin, cette stratégie doit permettre “d’ouvrir les datas”, simplifiant ainsi les circuits administratifs pour les usagers comme pour les entreprises.
 
“L’année étrange que nous venons de vivre nous aura au moins appris ceci : nous n’étions pas préparés à nous adapter aussi vite. (…) Le Sefi, la CPS, la Direction du travail, la Direction des finances publiques, sans oublier l’ISPF, ont mesuré le coût –humain et financier– de l’absence de coordination de nos stratégies de données”. C’est donc de “data” que le ministre des Finances, Yvonnick Raffin, veut parler en 2021, affichant ainsi une “forte ambition” politique jeudi, dans son discours d’ouverture du séminaire pour le lancement d’un “Data Lab”. Or, “ces données, ces data, ne tombent pas du ciel. Il faut les injecter, les qualifier, les corriger, les actualiser. Cette mise à jour permanente nécessite une coordination”, souligne le ministre, voyant dans ce séminaire, “la première pierre d’une future stratégie de la donnée à l’échelle de la Polynésie”.

Organisé par l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) et la Direction de la modernisation et des réformes de l’Administration (DMRA) dans la salle Hibiscus de l'Intercontinental, l’initiative a été accueillie à bras ouvert par les participants. Car sous ses airs un peu abstraits, ce concept –en plein essor– de laboratoire transposé à l’exploitation des données prend tout son sens dans le contexte de crise sanitaire.

“C’est le bon timing” assure le vice-président du Medef, Olivier Kressmann, convaincu que le covid-19 a fait la démonstration de l'intérêt de l'open data. “La crise a été un élément extrêmement moteur pour comprendre qu’il faut pouvoir accéder à l’information sans avoir besoin de présenter quinze fois le même certificat. C’est une aberration”. Le directeur de l’ISPF le rejoint sur ce point : “les entreprises privées sont en avance sur l’administration. L’importance de faciliter l’accès et l’échange n’est pas encore une priorité dans le travail des fonctionnaires du Pays”.

Les lourdeurs administratives, bête noire des entreprises

EDT, Polynésienne des eaux, IEOM, ISPF, CPS, entreprises privées et services administratifs : les principaux producteurs et exploiteurs de données en Polynésie ont échangé toute la journée sur leur mode de travail respectif, les options de mise à disposition des données et de manière générale “les expériences qui ont bien marché” afin d’identifier les attentes. Bête noire des entreprises, les lourdeurs administratives reviennent sur le tapis. “Comment faire pour les simplifier ? interroge le directeur de l’ISPF, Nicolas Prudhomme. Mais ça peut être des sujets comme la localisation des chemins de randonnées, ou la question de l’open data.”

Le séminaire a par ailleurs mis en exergue la difficulté prégnante de l’accès aux données pour les entreprises qui souhaitent faire des études de marché afin de se projeter, surtout dans un contexte de crise. Des données qui peuvent leur servir, pourquoi pas, à créer de nouveaux services. “L’idée c’est de partager sur le niveau de maturité des différents acteurs sur le sujet, d’avoir des éléments de langage commun et essayer de prioriser les différentes actions” résume le responsable.

L’ISPF, à vocation plus “généraliste”

Une évolution de la réglementation locale relative à l’échange de données est d’ailleurs à l’étude afin de moderniser la cadre juridique tout en sécurisant les acteurs. Car en dehors de l’ISPF, à vocation plus “généraliste”, le manque se fait sentir aux niveaux des spécialistes métiers”. “Dans la santé, les transports ou l’éducation qui sont des thématiques bien spécifiques, il faut avoir une compétence métier pour bien analyser les choses et être complémentaire, justifie Nicolas Prudhomme. Pour les décisions publiques il faut des données, mais on ne peut pas faire les choses tout seul. Par contre, l’ISPF peut se positionner en accompagnateurs des services” sur “ce long chemin de l’open data” comme le lui a demandé son ministre de tutelle.   

“On ne va pas se raconter d’histoire, c’est bien de ça [open data, Ndlr] dont il s’agit”, souligne Yvonnick Raffin, également investi dans la commune de Pirae. “Au sein de cette commune, nous avons, avec le maire, décidé d’ouvrir nos data, (…) parce que nous avons compris très vite que nous ne disposions pas des ressources nécessaires pour tout exploiter nous-mêmes.”

“Aujourd’hui la nouveauté, c’est qu’il y a une volonté politique forte”

Mais le vœu d’une “administration interconnectée” ne date pas d’hier. Plan d'actions opérationnel du Schéma directeur d'aménagement du numérique, Smart Polynesia –“task force” public-privée de différents horizons– avait la même ambition. La volonté politique c’est une chose, la capacité et la volonté des services pour la mettre en œuvre c’en est une autre, commente Olivier Kressmann. Aujourd’hui la nouveauté, c’est qu’il y a une volonté politique forte, auquel s’ajoute une compréhension des services de l’intérêt de casser ce mode de silo des données et des services pour rentrer dans une interopérabilité et être plus efficace.”

Pour y parvenir le ministre de l’Économie et des Finances, insiste sur l’importance de “changer de paradigme, décloisonner nos modes de penser et de travail, accélérer les synergies, bâtir des ponts entre public et privé, déconstruire nos habitudes. En un mot, il nous faut nous adapter sans tarder”.

Reste à savoir quelle forme prendrait ce système statistique de haut niveau. Un portail numérique ? Un outil informatique ? Une plateforme de formation ? Un pôle technologique ? “Ce séminaire doit nous permettre de commencer à définir le format qu’il prendra, indique Nicolas Prudhomme. Mais ce sera quelque chose de vivant qui va se construire au fur et à mesure”. 
 

​Olivier Kressman, vice-président du Medef : “Avec la crise du Covid, nous devons appréhender les problèmes de ressource”

Quel est l’intérêt d’un data lab pour le secteur privé ?
“C’est de travailler et de réfléchir avec le secteur public qui est probablement celui qui contient le plus de données. C’est d’avoir une réflexion sur la question du partage de l’information de manière intelligente, sécurisé et efficace. C’est de dire qu’on veut être plus pertinent au sein de l’administration, dans l’interopérabilité des services, dans un partage d’information, afin de gagner en efficacité.
Un gain qui concerne aussi l’usager. Je suis une entreprise par exemple et je dépose un dossier dans une administration qui me demande un certificat de la DICP, ou un complément d’information de la CPS. L’idéal serait que l’acteur public y ait accès de façon automatique, pour m’éviter d’avoir à aller le chercher. Il s’agit de simplifier les circuits administratifs. C’est un point très attendu par tout le monde, puisque ça contribue à réduire la fracture numérique. On est vraiment au cœur de l’intérêt du partage des données.”

Comment jugez-vous l’accès aux données publiques en dehors de l’ISPF ?
“L’acteur qui nous donne l’accès aux données pour faire des études de marché, c’est l’ISPF. Il faut comprendre que le monde économique ne repose pas seulement sur le plan commercial, il repose aussi sur une compréhension des nouveaux métiers, et de ce qui se fait au niveau des secteurs d’activité. Dans le cadre de la crise du Covid, il s’agit de comprendre où on aura des problèmes de ressource. J’aimerais connaître par exemple l’impact de la crise par secteur d’activité, par tranche d’âge, de rémunération, par archipel, ou par commune, pour pouvoir faire derrière une analyse plus fine de la réflexion portée par le patronat.”

A l’inverse, le partage pourra-t-il se faire dans l’autre sens ?
“C’est essentiel et c’est peut-être une grande difficulté de convaincre le secteur privé de donner de l’information. Prenons le tourisme, nous avons des acteurs du monde du tourisme au sein du secteur public qui nous demandent comment faire pour avoir des données plus pertinentes sur l’analyse de l’activité, de la présence, des nationalités, des îles. Il peut y avoir encore aujourd’hui des réticences parce qu’il y a ce réflexe de protéger ses données commerciales.”
 

Rédigé par Esther Cunéo le Vendredi 5 Mars 2021 à 12:22 | Lu 1790 fois






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