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Un an après la crise, les hospitaliers serrent toujours les dents



Paris, France | AFP | vendredi 12/03/2020 - Le 18 mars 2019, le personnel des urgences de l'hôpital parisien Saint-Antoine se mettait en grève illimitée à la suite d'une énième agression contre des soignants. Un an après, le malaise de l'hôpital public, désormais en première ligne face au coronavirus, persiste.

Les personnels hospitaliers continuent de réclamer des hausses de salaire et des effectifs supplémentaires, ne jugeant pas à la hauteur les différentes annonces du gouvernement.
Partie d'une poignée de services d'urgence parisiens en mars 2019 à la suite d'agressions, la mobilisation a fait tache d'huile dans toute la France et tous les services hospitaliers avec plusieurs actions d'éclat et des journées de forte mobilisation dont la dernière remonte au 14 février. A la clé: jusqu'à 300 services d'urgence en grève et des centaines de démissions administratives de chefs de service. Du jamais vu.
Ne donnant pas l'impression de prendre la mesure du malaise, le gouvernement a réagi tardivement. Une prime mensuelle de 100 euros versée à partir de juillet, un plan de "refondation" annoncé en septembre et un plan "urgence" présenté en novembre, prévoyant rallonge budgétaire, nouvelles primes et reprise de dette: aucune des mesures de la ministre de la Santé de l'époque Agnès Buzyn n'a réussi à faire baisser la tension.
"Il n'y aura jamais eu de négociation" en un an, regrette Hugo Huon le président du Collectif Inter Urgences (CIU), à l'origine du mouvement, dans un livre que le collectif vient de publier (Urgences. Hôpital en danger, Albin Michel).
"On est au bout et, pour le moment, vous n'êtes pas là", a lancé le Dr François Salachas à Emmanuel Macron, le 27 février lors d'une visite du président de la République à la Pitié-Salpêtrière. "L'hôpital public est en train de flamber à la vitesse à laquelle Notre-Dame a failli flamber", a expliqué ce neurologue, membre du Collectif Inter Hôpitaux (CIH), autre fer de lance de la mobilisation.
"Je ne suis pas dans le déni", a répondu le chef de l'État, conscient que pour le personnel hospitalier, "ça ne va pas assez vite (...) et ce que vous vivez justifie qu'on continue à aller plus vite et plus fort, donc je serai au rendez-vous".
Successeur mi-février d'Agnès Buzyn, partie en catastrophe mener la campagne de la République en marche à Paris après le retrait de Benjamin Griveaux, Olivier Véran a promis le 3 mars de "soutenir l'hôpital et prendre soin de ceux qui prennent soin de nous".
Mardi, il a voulu "dire aux soignants qui travaillent dans les hôpitaux qu'on se souviendra en sincérité, de l'effort qui est le leur" en pleine épidémie de coronavirus. 
 

- Fuite des paramédicaux -

 
Le problème, pour le sociologue spécialiste de la santé Frédéric Pierru, est qu'"on a franchi il y a un an un seuil collectif d'indignation: il y a un moment où les soignants ne peuvent plus prendre sur eux le fait de maltraiter des patients" avec des délais d'attente et des conditions d'accueil insupportables dans certains services d'urgence.
L'Académie de médecine a elle-même fait part de son "inquiétude", mi-février, appelant "le gouvernement à prendre des décisions à la hauteur de la crise actuelle".
Pour le Pr Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement (le "parlement" des praticiens) de l'AP-HP, qui regroupe 39 hôpitaux de la région parisienne, certes "il n'y a pas déni" de la part du gouvernement. "Les réponses apportées ne sont pas complètement négligeables mais pas suffisantes. Dans le cas d'Assistante publique-Hôpitaux de Paris, le problème le plus urgent est le manque d'infirmières dans les services. On a plus de 800 postes vacants et la fuite des paramédicaux perdure", détaille auprès de l'AFP ce chef du service néphrologie pédiatrique à l'hôpital Necker-Enfants malades.
L'acuité des besoins de l'hôpital public est mise en évidence par l'actuelle crise du coronavirus. "Sans injection de moyens rapides, nous ne pourrons pas faire face", a mis en garde François Salachas lors de sa discussion avec Emmanuel Macron. "On est encore en capacité" de faire face mais "si on ne répond pas aujourd'hui à la crise de l'hôpital, les choses pourront être plus compliquées à l'avenir", estime Rémi Salomon.
Les personnels "feront ce qu'ils pourront avec les moyens que le gouvernement leur alloue, c'est à dire de moins en moins", insiste le syndicat Sud Santé de Saint-Antoine.
"M. Macron a dit aux personnels hospitaliers : +je compte sur vous+. La réciproque est-elle vraie ?" se demande le sociologue Frédéric Pierru.

le Vendredi 13 Mars 2020 à 06:11 | Lu 263 fois




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