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Tout savoir sur le 'uru



Uru, le fruit de l’arbre à pain
Uru, le fruit de l’arbre à pain
PAPEETE, le 17 mars 2017. La cinquième édition du Festival du 'Uru se déroule actuellement jusqu'au 18 mars à la Maison de la culture de Papeete. Tahiti Heritage en profite pour vous faire découvrir quelques facettes de ce fruit miraculeux.

Uru, l’arbre à pain de Tahiti

Originaire de Nouvelle-Guinée il y a plus de 3 500 ans, le Uru (arbre à pain) a été diffusé dans tout le Pacifique lors des migrations polynésiennes et se rencontre dans la plupart des îles à proximité des zones habitées. Étant la base de la nourriture, des dizaines de variétés de ‘Uru ont été sélectionnées et reconnues à partir de la seule espèce : Artocarpus altilis.


Utilisations culinaires du Uru

L’usage principal de l’arbre à pain est alimentaire puisque son fruit comestible, le uru, était la base de l’alimentation des polynésiens. Il se prépare bouilli, rôti ou cuit à l’étouffé ou plus simplement sur un feu de bois ou un bec de gaz. Aux temps anciens, il était généralement mangé fermenté après conservation pendant plusieurs mois dans des silos de pierre.

Le uru s’est adapté à la cuisine moderne et se prépare en frites et en gratin dauphinois. Depuis peu est proposée de la farine de uru qui permet de réaliser du pain ou des gâteaux sans gluten. Les graines confites font de délicieux bonbons.
Uru cuit au feu de bois
Uru cuit au feu de bois

Uru cuit driectement sur le bec de gaz.
Uru cuit driectement sur le bec de gaz.

Uru frit. Photo Pierre-Henri Vannieuwenhuyse
Uru frit. Photo Pierre-Henri Vannieuwenhuyse

Utilisations médicinales et cosmétiques

En pharmacopée traditionnelle, le latex, les bourgeons, les jeunes pousses, les pédoncules des fruits, les pétioles, la pulpe moisie ou encore l’écorce interne des jeunes branches étaient utilisées pour des traitements médicinaux. Les fleurs, par exemple, sont grillées et frottées sur les gencives pour soulager les maux de dents.

Le latex blanc qui s’écoule de l’écorce servait tel quel de gomme à mâcher, ou comme fixateur pour les cheveux. Les hommes l’utilisaient à l’état frais pour se plaquer les cheveux en arrière. Les femmes faisaient bouillir la sève avec du monoï dans une coquille de pahua (bénitier) avant de l’étaler sur leurs cheveux.

Autres usages traditionnels du Uru

Le latex était également utilisé pour attraper les oiseaux. Mélangée de la fibre de coco, il servait aussi de poix pour calfater les pirogues. L’écorce des jeunes branches servait à la confection de tapa (tissus végétaux) de couleur beige. Le bois était utilisé pour la confection de pirogues, d’armes, d’instruments de musique, de meubles et de cercueils.

La Bounty, à la recherche des pieds de Uru

Le navire HMS Bounty sous le commandement du Capitaine William Bligh arriva à Tahiti le 26 octobre 1788. Sa mission était de collecter un millier de plants d’arbre à pain pour les transplanter aux Antilles anglaises où ils fourniraient une nourriture bon marché aux esclaves noirs.
Cette expédition échoua suite à la mutinerie, provoquée par la décision de Bligh de diminuer les rations d’eau de l’équipage afin d’arroser les jeunes arbres. Cette aventure fut popularisée par le roman de James Norman Hall et Charles Nordoff « Les révoltés du Bounty » et les différentes versions cinématographiques tournées à Tahiti.

Une seconde expédition composée des navires Providence et Assistant, toujours menée par le capitaine Bligh, arriva à Tahiti en 1792 et embarqua 2 126 jeunes pieds de uru, dont une partie fut débarquée en Jamaïque, dans l’île Saint-Vincent et sur l’île de Ste Hélène.

Le navire HMS Bounty (photo extraite du film)
Le navire HMS Bounty (photo extraite du film)

Uru taratoni

Depuis quelques années le fruit du jacquier encore vert est devenu la vedette des restaurants végans pour remplacer les diverses viandes animales, notamment dans les burgers ou les hachés. Sa texture fibreuse rappelle celle du poulet ou du porc et possède un goût assez neutre, facile à accommoder. Riche en sucres lents et en fibres, il s’accommode parfaitement à une alimentation équilibrée.

Uru Taratoni ou Jacquier
Uru Taratoni ou Jacquier

Le popo uru confit

Le « popo » uru confit est une délicieuse confiserie faite à partir de l’inflorescence mâle de l’arbre à pain. Ce bonbon de uru était très apprécié auparavant, à une époque ou n’existait pas toutes les confiseries actuelles et ou on faisait moins attention à la teneur en sucre des aliments.

Popo Uru confit
Popo Uru confit

Le stockage du uru aux Gambier

Les habitants des Gambier étaient bien intelligents. Pour faire face aux périodes de disette, ils conservaient des fruits de l’arbre à pain (uru) dans des fosses creusées dans le sol. Cette fosse royale servait de grenier public. Lorsque le mei ou fruit de l’arbre à pain, arrivait à maturité, il était pelé avec un racloir en coquillage, puis broyé et enfoui par couches successives dans cette fosse dont les parois étaient tapissées de feuilles de auti. Chaque couche était bien tassée avec les pieds et recouverte d’un lit de feuilles sèches de auti.

Cette bouillie fermentée appelée tio’o, ou popoi (si elle a été cuite au préalable), s’y conservait plusieurs mois et constituait une réserve. Le tio’o peut parfois être additionné de lait de coco sous le nom de poke, ou de bananes et s’appelle alors la puputa.

Ancienne fosse à Ma à Rikitea, ile de Mangareva aux Gambier.
Ancienne fosse à Ma à Rikitea, ile de Mangareva aux Gambier.

Légende de la Tuauru, la vallée d’origine du Uru

Avant quelle soit appelée Tuauru, cette profonde vallée de Mahina était splendide et luxuriante. Mais un jour, la famine s’installa sur le pays.

Utari, son épouse et leurs deux enfants vivaient du côté de l’embouchure de la rivière. C’était un homme apprécié de la communauté, à cause de sa douceur, son humilité et son courage à s’occuper de sa famille. Il avait abandonné sa demeure pour trouver refuge dans la vallée où il avait construit un fare opuhi. Chaque jour, il se rendait dans la forêt pour chasser les cochons sauvages pour le repas familial. Il partait dès le lever du jour et ne revenait généralement qu’au coucher du soleil. Mais lors d’une de ces sorties, il resta trois jours et trois nuits dans la forêt jusqu’à ce qu’il attrapa un énorme cochon sauvage, un des petits du grand cochon sauvage Mooiri. Il revint à la maison rempli de joie, mais peiné car la nuit venait de tomber et la famille dormait le ventre affamé. Il resta debout à l’entrée, les yeux remplis de larmes et le cœur débordant de compassion. Il s’éloigna de la porte, leva les yeux vers les cieux, et implora : « Dieux des cieux, mon heure est arrivé. Que mon corps devienne nourriture et qu’ainsi vive les miens. »

Au petit matin, encore dans la pénombre, Utari vahine se leva. Elle vit un grand arbre devant elle et en fut très étonné. Une voix l’interpella en disant :
« Ma chérie n’ait pas peur, c’est moi Utari, j’ai déposé un cochon près de la maison, mangez-en. C’est moi Utari. Mon corps s’est transformé en tronc d’arbre, mes pieds et mes doigts de pieds en racine, mes mains en branches, mes doigts de mains en feuilles, ma tête en ‘uru et mon sang en sève. »

C’est la légende du ‘uru (arbre à pain) qui donna son nom à la vallée Tua-uru, c’est à dire « origine du uru ».
9 IIlustration : John Webber, A View in Matavai, Otaheite. London 1787.
9 IIlustration : John Webber, A View in Matavai, Otaheite. London 1787.

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Rédigé par TAHITI HERITAGE le Vendredi 17 Mars 2017 à 14:33 | Lu 1787 fois





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