Tahiti, le 12 février 2026 - Le Sénat lance une mission d’information sur la « diplomatie climatique française à l’épreuve d’un monde en tension », dont Teva Rohfritsch est le rapporteur. Le sénateur met déjà en avant la situation des outre-mer, et particulièrement de la Polynésie, où la montée des eaux menace directement des îles habitées. Les premières auditions débutent ce vendredi.
Le Sénat ouvre un nouveau chantier sur le climat, avec un angle très politique : celui de la diplomatie. Une mission d’information intitulée "La diplomatie climatique française à l’épreuve d’un monde en tension" vient d’être créée à l’initiative du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI). Elle sera présidée par le sénateur Rachid Temal, avec comme rapporteur le sénateur Teva Rohfritsch. Les travaux débutent dès ce vendredi avec une première série d’auditions d’experts et d’anciens négociateurs climat. Objectif : dresser un bilan des dix années écoulées depuis l’Accord de Paris (COP 21), mesurer l’état réel de la coopération internationale et proposer des pistes d’action pour la France dans un contexte géopolitique plus fragmenté.
Dès sa première intervention, Teva Rohfritsch a d’emblée placé les outre-mer au cœur du sujet. Il a ainsi rappelé les données issues des travaux du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui font froid dans le dos. La décennie 2011-2020 est en effet la plus chaude observée depuis environ 125 000 ans, et les années 2023, 2024 et 2025 battent déjà de tristes records. Sans action forte, les événements extrêmes sont appelés à devenir la norme. Pour la Polynésie, l’enjeu n’a rien de théorique. Près d’un tiers des îles pourrait disparaître d’ici 2100 sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer", a-t-il souligné, évoquant aussi la pression future liée aux déplacements de populations dans le Pacifique. Sur ses réseaux sociaux, le sénateur parle d’"urgence absolue" pour les îles et les zones côtières, à l’échelle de deux générations.
"Agir seuls ne suffit pas"
La mission veut comprendre pourquoi la mécanique diplomatique climatique s’essouffle. Les difficultés de la COP30 de Belém, fin 2025, ont illustré les blocages actuels, dix ans après l’élan de la COP21 portée par la France. Retours des logiques de puissance, tensions géopolitiques, arbitrages budgétaires liés aux conflits : autant de facteurs qui compliquent les engagements communs.
Autre point soulevé : le poids réel des émetteurs. L’Europe ne représente qu’environ 6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, contre 30 % pour la Chine, 11 % pour les États-Unis et 8 % pour l’Inde. "Agir seuls ne suffit pas", résume Teva Rohfritsch, qui plaide pour un nouveau cadre de coopération capable d’embarquer davantage de pays.
La mission prévoit plusieurs mois d’auditions (scientifiques, diplomates, ONG, think tanks) et des déplacements de terrain. Les premières personnalités entendues seront notamment l’ancienne co-présidente d’un groupe du Giec, Valérie Masson-Delmotte, et d’anciens négociateurs climat français. Les conclusions sont attendues "d’ici cet été", avec, en ligne de mire, des propositions concrètes. Pour Teva Rohfritsch, les îles du Pacifique ne doivent pas seulement être vues comme des victimes en première ligne, mais aussi comme des laboratoires d’adaptation et des relais d’influence dans la diplomatie climatique française.
Le Sénat ouvre un nouveau chantier sur le climat, avec un angle très politique : celui de la diplomatie. Une mission d’information intitulée "La diplomatie climatique française à l’épreuve d’un monde en tension" vient d’être créée à l’initiative du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI). Elle sera présidée par le sénateur Rachid Temal, avec comme rapporteur le sénateur Teva Rohfritsch. Les travaux débutent dès ce vendredi avec une première série d’auditions d’experts et d’anciens négociateurs climat. Objectif : dresser un bilan des dix années écoulées depuis l’Accord de Paris (COP 21), mesurer l’état réel de la coopération internationale et proposer des pistes d’action pour la France dans un contexte géopolitique plus fragmenté.
Dès sa première intervention, Teva Rohfritsch a d’emblée placé les outre-mer au cœur du sujet. Il a ainsi rappelé les données issues des travaux du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui font froid dans le dos. La décennie 2011-2020 est en effet la plus chaude observée depuis environ 125 000 ans, et les années 2023, 2024 et 2025 battent déjà de tristes records. Sans action forte, les événements extrêmes sont appelés à devenir la norme. Pour la Polynésie, l’enjeu n’a rien de théorique. Près d’un tiers des îles pourrait disparaître d’ici 2100 sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer", a-t-il souligné, évoquant aussi la pression future liée aux déplacements de populations dans le Pacifique. Sur ses réseaux sociaux, le sénateur parle d’"urgence absolue" pour les îles et les zones côtières, à l’échelle de deux générations.
"Agir seuls ne suffit pas"
La mission veut comprendre pourquoi la mécanique diplomatique climatique s’essouffle. Les difficultés de la COP30 de Belém, fin 2025, ont illustré les blocages actuels, dix ans après l’élan de la COP21 portée par la France. Retours des logiques de puissance, tensions géopolitiques, arbitrages budgétaires liés aux conflits : autant de facteurs qui compliquent les engagements communs.
Autre point soulevé : le poids réel des émetteurs. L’Europe ne représente qu’environ 6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, contre 30 % pour la Chine, 11 % pour les États-Unis et 8 % pour l’Inde. "Agir seuls ne suffit pas", résume Teva Rohfritsch, qui plaide pour un nouveau cadre de coopération capable d’embarquer davantage de pays.
La mission prévoit plusieurs mois d’auditions (scientifiques, diplomates, ONG, think tanks) et des déplacements de terrain. Les premières personnalités entendues seront notamment l’ancienne co-présidente d’un groupe du Giec, Valérie Masson-Delmotte, et d’anciens négociateurs climat français. Les conclusions sont attendues "d’ici cet été", avec, en ligne de mire, des propositions concrètes. Pour Teva Rohfritsch, les îles du Pacifique ne doivent pas seulement être vues comme des victimes en première ligne, mais aussi comme des laboratoires d’adaptation et des relais d’influence dans la diplomatie climatique française.





























