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Tema’e : “Une affaire politique”


Tahiti, le 1er février 2026 - Ataria Firiapu portera la liste Moorea-Maiao A Ti’a Mai pour les prochaines élections municipales de l’île Sœur. Pour les candidats, sans étiquette politique, “la concertation”, “la consensualité” et “la discussion” sont de mise pour les dossiers comme Carrefour ou encore Tema’e. Ils veulent également “la transparence dans les actions”. “On n’est pas là pour vendre du rêve”, assurent-ils.  
 
Ataria Firiapu mènera la tête de liste de Moorea-Maiao A Ti’a Mai pour les prochaines élections municipales. Il assure que “les rencontres” et “les partages” ont débuté en avril dernier. Le mouvement est “apolitique” et lié à aucun parti. “On a voulu s'émanciper de toutes les décisions qui viennent d'une centrale politique”. Mais il n’exclut pas de travailler avec le pouvoir en place : “C'est naturel”.
 
L’ancien premier adjoint du tāvana sortant, Evans Haumani, a expliqué les raisons de sa démission : “Je n’ai pas pour habitude de mentir. Je donne plus d’importance à mes valeurs qu’à mon siège d’élu et surtout pas avec ce genre de personne (…) Aujourd’hui, je tourne une page de cette histoire.” 
 
Ataria Firiapu pointe notamment du doigt le fait qu’à l’approche des élections, “tout s'agite (…). Les deniers publics germent, fleurissent”.  
 
La tête de liste de Moorea-Maiao A Ti’a Mai regrette que certaines personnes aient eu des faveurs relatives aux aménagements, construction et urbanisation. “Si on veut mettre des règles (…) que tous soient sur le même pied d’égalité”, dit-il.
 
Tema’e : un dossier politisé par la fédération   
 
Parmi les dossiers qui préoccupent les administrés, celui de To’atea. Ataria Firiapu considère que celui-ci a été politisé par la fédération Tahei Auti ia Moorea : “Il ne faut pas oublier aussi qu’il y a la politique derrière.” Rappelons effectivement que lors des dernières députations, le président de cette fédération, Rahiti Buchin, était le suppléant de Tematai Le Gayic. Il est également candidat sur la liste Tavini aux prochaines municipales.
 
De son côté, Moïse Ruta, élu au conseil municipal et professionnel du tourisme, explique qu’il est “essentiel de s’assoir et de bien discuter avant d’aller au combat”. Il rappelle qu’avant que Wan, “un enfant du pays”, ne rachète la plage, “il n’y avait pas de problème. Dès qu’il l’a achetée, il y a eu des disputes et c’est devenu politique.”
 
Ce dernier assure même que Wan étant propriétaire de ce terrain, “il fait ce qu’il veut maintenant. Et si la population est contre, on peut discuter mais arrêtons d’aller mettre le désordre (…). C’est un Tahitien et il va créer mille emplois pour nos enfants, c’est bien et c’est cela qu’il faut regarder. C’est la population qui va gagner.”
 
L’élu Julien Tuariihionoa assure avoir soutenu la fédération Tahei Auti au début et “je me suis aperçu que c’est devenu une affaire politique, raison pour laquelle je suis sorti”. Pour lui, la priorité, c’est d’améliorer la route de Tema’e et qu’elle soit cimentée. “Le terrain de Wan, on va le mettre de côté. Après on va voir ce qu’on va faire.” 
 
Le lycée, “un projet majeur”
 
Autre sujet défendu par Moorea-Maiao A Ti’a Mai, celui du lycée. Ataria Firiapu rappelle que les étudiants de Moorea se lèvent à trois heures du matin pour prendre le bateau pour rejoindre Tahiti et reviennent avec la dernière navette. “Si avec cela, on arrive à former des ingénieurs et des scientifiques, je tire un grand coup de chapeau à ces familles qui arrivent à former leurs enfants avec des horaires pareils.”
 
Pour la liste Moorea-Maiao A ti’a Mai, le lycée est “un des projets majeurs, on voudrait le ramener, on va le ramener”. La tête de liste compte privilégier le dialogue avec le ministre de l’Éducation.
 
Ataria Firiapu précise que leur mouvement a “décidé d’entrer en concertation sur tous les projets qui apportent du bien-être à la population”. Il a bien l’intention demain de “faire un état des lieux de ce qui a été fait, ce qui reste à faire et ce qui est en cours”. Il précise qu’ils vont continuer les projets de la précédente équipe si ces derniers sont biens pour la population.
 
“ Le transport est défaillant sur notre île”
 
Concernant le transport public, Moorea-Maiao A Tia Mai compte mettre en place une délégation de service public et “pourquoi pas sur une mandature ? Comme ça, ça nous donne de la stabilité, de la projection dans ce projet”. Il pense travailler avec un prestataire qui a au moins 20 bus, pour “que cela tourne autour de Moorea, que je puisse mettre en place des arrêts ciblés et une application afin que chacun puisse gérer sa journée”. “Le transport public est défaillant”, insiste-t-il. Il explique que si le transport est en régie, “il va falloir programmer l’achat des bus”.
 
Quant à la construction d’un magasin Carrefour à Paopao, Ataria Firiapu prône la “concertation” avec le groupe Wane. Et pourquoi pas organiser des réunions publiques, dit-il. Il ajoute que même si les administrés de Moorea sont contre ce projet, il rappelle que le terrain appartient au groupe “et il peut faire ce dont il a envie. La question est de savoir aussi si Carrefour est construit, est-ce que vraiment les autres magasins vont faire faillite ? Ou cela va-t-il améliorer le coin ? Et tant que cela n’est pas construit, on ne le saura pas.”
 
Ataria Firiapu appelle les propriétaires de commerces à s’exprimer en lieu et place des associations. “Nous voulons les entendre et écouter leurs inquiétudes.”  
 
La tête de liste de la commune associée de Afareaitu, Daniel Maruhi, est lui aussi pour “une discussion avec les propriétaires. Il faut savoir que M. Wane, il est dans l'agroalimentaire, également dans l'hôtellerie, l'emploi, oui, il est là”. Ce dernier est même prêt à faire des propositions. “Pourquoi ne pas ouvrir un centre culturel à côté ? Pourquoi ne pas ouvrir un cinéma pour répondre à cette jeunesse ?”
 
Une évolution du statut de l’Épic  
 
Concernant l’épineux dossier de l’Établissement public à caractère industriel et commercial (Épic) Te ito rau no Moorea, Ataria Firiapu assure : “Chacun son métier, la gestion de l'électricité demande des compétences”.
 
Pour lui, son statut “n’est pas adapté” et il faudra évoluer vers une Société publique locale (SPL), comme aux Raromata’i, ou vers une Société d’économie mixte à opération unique (Sémop). Il met également dans la balance un “partenariat avec un privé et public qui est son métier et qui pourra gérer au mieux en ayant de la réserve”.
 
Pour trancher, il compte faire un état des lieux. “S'il faut évoluer vers une Sémop, on choisira la Sémop (…) il faut prendre une décision (…) pour éviter les prochains black-out.” Il précise ensuite que cela ne sera pas “un retour immédiat d’EDT (…). S’il faut retourner vers EDT, il faut être courageux et dire qu’on s’est trompé.”
 
Il regrette enfin que la facturation ait été confiée à la Polynésienne des Eaux. “Là où il y a l'électricité, il n'y a pas forcément l'eau potable. EDT a légué sa base de données (la clientèle, NDLR) qui est supérieure à celle de l'eau. Est-ce que c'est là le point d'interrogation de cette augmentation ? Mais quand on regarde la facturation sur la période des tranches qui fait qu'il y a une augmentation dès qu'on dépasse des tranches, on a l'impression que c'est une simulation pour équilibrer les comptes parce qu'il y a un manque à gagner.”
 
Moorea-Maiao A Tia Mai conclut : “Ce n'est pas un mouvement pour dire non à tout, mais surtout un mouvement de concertation pour trouver une solution, parce que tout le monde a sa place sur cette île”.  

Daniel Maruhi, tête de liste de Afareaitu : “S’il faut taper sur la table, je vais taper sur la table”

Je travaille dans le tourisme depuis 19 ans. Je suis également président d'une association qui a pour but d'aider ces personnes qui ont été oubliées (…) et qui peuvent subvenir à l'économie comme l'agriculture, la pêche, l’artisanat. Mon engagement par rapport à ce mouvement-là, c'est par rapport à ma jeunesse (...). Nous sommes là pour vous, nous sommes là à travailler avec vous, nous ne sommes pas seuls. Avec vous, oui, on fera bouger des choses. Nous ne sommes pas là à vous vendre du rêve, ce n'est pas notre but. Nous sommes là à travailler avec vous avec transparence et respect. Ce sont les mots forts qu'on aimerait partager avec cette population (…). J'ai une population d'agriculteurs, d'artisans, mais qui vit dans des conditions précaires (…). C'est une population qui a été oubliée. On est là pour soutenir les plus petits (…). On est là pour mettre ceux d’en bas en haut (…). Le jeune doit se remettre en question et se dire ‘j'ai des atouts et je dois les mettre en valeur’ et c'est à nous d'aller vers lui. C'est mon engagement, ici. Oui, je m'engage pour toi, le jeune, c'est pour toi que je suis là aujourd'hui, ce n'est pas pour moi (…) je vais être à la retraite bientôt. Je ne suis pas là pour pouvoir siéger dans un conseil où je vais me taire, non. S'il faut taper sur la table, oui, je viendrai et je vais taper sur la table.”  
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 2 Février 2026 à 07:43 | Lu 1609 fois