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​Tamarii Volontaires : “Ils se sont sacrifiés pour notre liberté”


Tahiti, le 13 juillet 2026 – L’association des Tamarii Volontaires gère depuis fin juin un lieu de mémoire au sein de la Maison de la France Libre, quartier Vaininiore à Papeete, en hommage aux jeunes Polynésiens qui ont volontairement quitté leur Fenua pour rejoindre les Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale. Un souvenir érigé en exemple pour les jeunes générations. “Beaucoup ignorent que le sang de ces ’aito coule dans leurs veines. Il est important de redonner la fierté de qui nous sommes.”
 
“C’est un jour très important pour les Tamarii Volontaires, et surtout pour nous, les enfants de Tamarii volontaires.” C’est par ces mots, le 26 juin dernier, que le président de l’association des Tamarii Volontaires, Éric Noble, a ouvert la cérémonie d’inauguration de l’espace de mémoire dédié aux 300 volontaires polynésiens qui ont choisi de s’expatrier, en avril 1941, pour s’engager aux côtés des Forces françaises libres sur les théâtres d’opération de la Seconde Guerre mondiale. “Qui se souvient d'eux aujourd'hui ? Les moins de 45 ans sont incapables de répondre. C’est un devoir de mémoire. Un peuple qui n’a pas de passé n’a pas d’avenir.”
 
“Ils se sont battus pour notre liberté”
 
Le 5 mai dernier, les descendants des Tamarii Volontaires ont commémoré les 80 ans du retour à Tahiti de ces engagés volontaires, en 1946 après cinq ans loin du Fenua. Les plus jeunes n’avaient que 16 ans lorsqu’ils sont partis, rappelle Éric Noble, beaucoup sont revenus “traumatisés après avoir connu les pires horreurs de la guerre ; mais malgré tout, ils sont allés jusqu'au bout de leur engagement” : “Prenez exemple sur ces anciens qui ont montré la voie. Si nous sommes libres aujourd'hui, c'est grâce à eux. Ils se sont sacrifiés pour notre liberté.” Le président de l’association appelle d’ailleurs les jeunes Polynésiens à s’engager pour de grandes causes, suivant l’exemple illustre de ces aînés : “Le premier engagement, c'est pour leur avenir. Personne ne peut décider à leur place. Ils ont le libre arbitre. Engagez-vous dans ce que vous pensez être le meilleur pour vous-même. Je veux que ces anciens soient un exemple.”
 
Les enfants du Tamarii Volontaire Maxime Aubry étaient présents. Ils ont apporté des photographies, un drapeau et plusieurs objets fabriqués par leur père, que la famille a choisi d’exposer au musée que dédie l’association Tamarii Volontaires à ces aînés, au sein de la Maison de la France libre, à Vaininiore, Papeete.
 
Défilé du 14-Juillet en France
 
Albert Colombani était parachutiste au sein du Special Air Service (SAS). Sa fille Maeva voit dans ce musée un outil de transmission. “Ce musée représente l'image du ’aito que nos ancêtres étaient. On veut transmettre ces valeurs à notre jeunesse, qui a besoin d'être guidée. Beaucoup ignorent que le sang de ces ’aito coule dans leurs veines. Il est important de redonner la fierté de qui nous sommes.”
 
Alexandre Wholer est persuadé que ce musée inspirera les jeunes “au niveau des valeurs morales, de la vie en communauté, pour faire de la Polynésie une terre vaillante et courageuse comme le Bataillon”.
 
Une délégation est attendue en métropole pour le défilé du 14-Juillet. L’occasion pour Éric Noble de rappeler la place des Polynésiens dans l'histoire de la France libre. “Nous irons dire que nous avons été les premières unités combattantes de la France qui a résisté à l'ennemi nazi. Je veux qu'un jour cela soit inscrit dans le marbre en France.”


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 13 Juillet 2026 à 13:22 | Lu 207 fois