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Sursis pour les caillasseurs de la Mission


Tahiti, le 29 mars 2022 – Les 14 personnes interpellées le 26 septembre 2021 après avoir encerclé et violemment caillassé les véhicules des policiers qui intervenaient à la Mission pour un tapage nocturne, ont été jugées par le tribunal correctionnel mardi. Des peines comprises entre deux mois de sursis et six mois de sursis ont été prononcées à l'encontre de dix des prévenus. Les quatre autres ont été relaxés. 

La scène, filmée par des habitants des Hauts de Tira le soir du 25 septembre 2021 et diffusée par le tribunal correctionnel mardi lors du procès de 14 prévenus poursuivis pour des outrages et des dégradations, avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux. On y voyait des dizaines de jeunes caillasser les véhicules des policiers de la direction territoriale de la police nationale (DTPN) et des mūto'i de Papeete dans le quartier de la Mission. Jets de parpaings, de chaises, de bouteilles en verre et de cailloux sur les véhicules : les forces de l'ordre avaient eu extrêmement de mal à s'extirper de cette situation. À l'époque et alors que les Polynésiens étaient soumis au couvre-feu, le haut-commissaire de la République, Dominique Sorain, avait même pris la parole pour dénoncer des faits "inadmissibles" qui ne resteraient pas "impunis". Le directeur de la DTPN avait quant à lui réaffirmé qu'il n'existait pas de zone de non-droit. 
 
Tel que l'a rappelé le président du tribunal correctionnel mardi, les policiers avaient été appelés dans la soirée du 25 septembre afin d'intervenir pour un tapage nocturne aux Hauts de Tira dans le quartier de la Mission. Sur place, ils avaient constaté qu'une "trentaine" de personnes avaient bloqué la route avec des poubelles. Après l'avoir dégagée, les policiers s'étaient cette fois retrouvés face à de nombreux individus "alcoolisés" qui s'étaient éparpillés en les insultant copieusement. C'est après l'interpellation d'un homme qui refusait de rentrer chez lui que les choses avaient dégénéré et que les policiers s'étaient retrouvés encerclés par les prévenus qui caillassaient leurs véhicules. 

​Aveux et profils bas

Identifiés notamment grâce aux vidéos de la scène, 13 hommes et une femme ont donc défilé à la barre mardi dans le cadre d'un dossier que le procureur de la République a qualifié d'"exceptionnel". Aveux et profil bas : les prévenus, âgés de 18 à 34 ans ont pour la plupart reconnu les faits en expliquant que les policiers s'étaient montrés "agressifs" à leur égard. L'évocation de leurs personnalités a permis de dresser le portrait d'un groupe à la fois composé de petits délinquants condamnés pour des vols ou des conduites sans permis et de pères de famille socialement insérés. 
 
Avant de requérir des peines comprises entre 78 heures de travail d'intérêt général et six mois de prison avec sursis, le procureur de la République a évoqué le fait que cette scène avait dégénéré car il n'y a "rien de plus dangereux que l'effet de groupe". Le représentant du ministère public de la République s'est attaché à rappeler qu'il était "heureux" qu'il n'y ait eu "que des dégâts matériels" alors que nous étions passés "à côté de quelque chose d'extrêmement grave". Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné dix des prévenus à des peines comprises entre deux et six mois de sursis. Les quatre autres personnes ont été relaxées. 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 29 Mars 2022 à 20:15 | Lu 1192 fois