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Sortir du nucléaire: d'épineuses équations à résoudre



Sortir du nucléaire: d'épineuses équations à résoudre
VIENNE, 21 septembre 2011 (AFP) - Coûts colossaux, recours "inévitable" au gaz, emplois menacés: une sortie du nucléaire en France n'est pas impossible en soi mais pose d'épineux problèmes, selon des responsables de l'atome interrogés par l'AFP lors de l'assemblée générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

SORTIR DU NUCLEAIRE, QUEL COÛT?

L'Allemagne a donné lundi un ordre d'idée, en chiffrant sa sortie du nucléaire à au moins 250 milliards d'euros d'ici 2020, essentiellement via des investissements dans les énergies renouvelables. Rapporté à la France (75% d'électricité nucléaire, contre 25% en Allemagne), le chiffre serait "le double ou le triple, voire plus parce que le fossé à combler est encore plus grand", indique un responsable européen du nucléaire ne souhaitant pas être cité. A cela s'ajoutera le coût inévitable du démantèlement qui devrait se chiffrer en dizaines de milliards d'euros (EDF en a déjà provisionné neuf) pour les 58 réacteurs français. La Cour des Comptes doit rendre un rapport très attendu sur le coût réel du nucléaire début 2012.

COMBIEN DE TEMPS FAUDRA-T-IL?

La sortie rapide en dix ans "à l'allemande" est un scénario à exclure, s'accordent les spécialistes. Le débat politique français tourne autour d'une réduction voire d'une sortie d'ici 20-30 ans, ce qui est considéré comme le premier calendrier faisable, selon les spécialistes. A cette date, la majeure partie du parc nucléaire français sera arrivée ou devrait arriver en fin de vie. Lancées entre la fin des années 70 et le début des années 90, les centrales françaises ont été conçues pour 40 ans, mais EDF investit pour qu'elles puissent aller jusqu'à 60 ans voire au-delà.

Quant au démontage des réacteurs, "on en a pour 20 ans de travaux", explique André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), présent à Vienne.

PAR QUOI REMPLACER LES CENTRALES?

Du gaz, et du renouvelable. Moins polluant que le charbon ou le pétrole et plus économique, le gaz est déjà la source d'un quart de l'électricité européenne. En cas d'abandon du nucléaire, "c'est la solution de facilité", reconnaît un industriel sous couvert d'anonymat.

Pour le renouvelable, les rares pays à ne dépendre ni du nucléaire ni du thermique sont ceux qui ont de fortes ressources en hydraulique. Mais la France, dont 12% de l'électricité vient déjà de ses barrages, est très proche de son seuil maximal en la matière.

Restent l'éolien et le solaire (moins de 3% d'électricité française actuelle). Leur principal inconvénient est leur production intermittente. Or, pour l'heure, l'électricité ne se stocke pas. Produire au milieu de la nuit ne rapporte presque rien, tandis que la demande s'envole aux heures de pointe. Conséquence: sans nucléaire et avec beaucoup d'éolien, il faudra plus de thermique.

"Le 15 décembre, à 7 heures du matin, on ne va pas attendre que le vent souffle", souligne cet industriel. Autres solutions partielles: économies d'énergies et réduction des pertes sur les réseaux électriques.

QUEL IMPACT EN TERME D'EMPLOI?

Le nucléaire emploierait directement autour de 100.000 à 125.000 personnes, selon les estimations. Areva, sur la base d'une étude récente, a avancé le chiffre de 410.000 emplois "directs, indirects et induits". Selon la même étude, l'atome représenterait 2% de la richesse nationale.

Les antinucléaires répliquent que la reconversion dans le renouvelable créerait elle aussi 100.000 emplois.

Autre inquiétude, souligne Denis Flory, directeur général adjoint de l'AIEA: durant la phase de sortie progressive, "comment s'assurer que des jeunes compétents continuent à vouloir travailler dans les centrales"?

LES PRIX DE L'ELECTRICITE VONT-ILS AUGMENTER?

Grâce au nucléaire, les prix français sont environ inférieurs de 25% à la moyenne européenne. Mais, les écologistes jugent que les coûts considérables du démantèlement sont sous-estimés et devraient être répercutés dès aujourd'hui dans les tarifs.

Rédigé par AFP le Mercredi 21 Septembre 2011 à 06:30 | Lu 426 fois





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