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Signature d’un accord de défense entre la Chine et Fidji



Joketani Cokanasiga, ministre fidjien de la défense, et le général de corps d’armée chinois Wang, ont signé un protocole mardi (Source photo : ministère fidjien de l’information)
Joketani Cokanasiga, ministre fidjien de la défense, et le général de corps d’armée chinois Wang, ont signé un protocole mardi (Source photo : ministère fidjien de l’information)
SUVA, mardi 27 août 2013 (Flash d’Océanie) – Les gouvernements fidjien et chinois ont signé mardi un protocole d’accord en matière de coopération militaire, a annoncé le gouvernement fidjien dans un communiqué.
Ce protocole, signé par le ministre fidjien de la défense, Joketani Cokanasiga, et le général de corps d’armée chinois Wang, à Nadi, instaure une coopération formelle entre l’archipel et la Chine en matière de « coopération renforcée et d’aide technique ».
Selon le ministre fidjien de la défense, cet accord vient « illustrer la qualité des relations entre nos deux pays ».
Cette coopération, au cours des sept dernières années, après le putsch de décembre 2006 qui a amené au pouvoir le gouvernement actuel, dirigé par le Contre-amiral Franck Bainimarama, s’est notamment développée dans les domaines du commerce, de l’économie et des infrastructures (barrages hydroélectriques, routes).
« Nous sommes reconnaissants d’avoir un ami comme la République populaire de Chine », a souligné le ministre fidjien, qui a aussi rappelé qu’un précédent accord de coopération avait été signé en 2011.

Une délégation militaire de haut niveau conduite par le Général Qian Lihua, Chef de la cellule affaires étrangères au sein du ministère chinois de la défense, a rencontré le 21 janvier 2013 le Contre-amiral Bainimarama lors d’un déplacement à Fidji.
À l’ordre du jour des entretiens annuels de coopération de défense sino-fidjienne, qui se sont tenus au QG de l’armée, à Suva : le renforcement de la coopération militaire entre les deux pays.
Cette coopération a été définie comme concernant la fourniture de matériel, sous forme de véhicules, d’uniformes et de matériel de bureau, ou encore de machines destinées à entretenir et remettre à niveau les routes et les ponts, en particulier en milieu rural, selon les mêmes sources, qui évoquent aussi la possibilité d’échange de personnel et de stages de formation au bénéfice des soldats fidjiens.
Une première livraison de matériel a eu lieu en mars 2013.

Remplacer les patrouilleurs australiens par des chinois

À l ‘issue de ces entretiens, le Contre-amiral Bainimarama a également évoqué la possibilité que la flotte vieillissante de patrouilleurs de la marine fidjienne, fourni s par l’Australie au cours des années 1980, soit renouvelée par la Chine.
« Nous cherchons actuellement à remplacer nos vaisseaux de la marine et aussi une aide éventuelle à notre fanfare », a précisé le Contre-amiral.
À cette occasion, le Contre-amiral Bainimarama a réitéré sa reconnaissance vis-à-vis de Pékin pour le soutien apporté à cet archipel.
Un premier lot de matériel avait été livré par la Chine courant 2011, dans le cadre d’un programme de soutien à la capacité de l’armée fidjienne à intervenir dans les domaines des travaux publics et des infrastructures.
La coopération militaire fidjienne avec la Chine s’est significativement renforcée depuis le putsch de décembre 2006, les grands partenaires traditionnels dans ce domaine, Australie et Nouvelle-Zélande en tête, ayant gelé leurs relations (y compris militaires) avec le gouvernement fidjien issu du coup d’État.

Coopération policière naissante

Le ministre fidjien de la défense a aussi rappelé que deux fonctionnaires de la police chinoise se trouvaient actuellement détachés dans l’archipel dans le cadre d’une coopération naissante entre les forces de l’ordre des deux pays.

Ce binôme de deux agents de la police chinoise a entamé cette mission début juillet 2013 pour une durée prévue de trois mois au sein des forces de l’ordre fidjiennes.
Le principe de ces échanges d’agents avait été acté lors de la signature d’un accord en ce sens, en avril 2011 entre le gouvernement fidjien et le ministère chinois de la sécurité publique.
Les deux premiers détachés sont des officiers superviseurs, les agents Cheng Ping (cellule des enquêtes criminelles) et Feng Xinwen.
Accueillis en juillet 2013 par le chef de la police, le Général Ioane Naivalurua, ils appartiennent tous deux à la police de la province chinoise de Guangdong.
Au cours des trois mois de leur séjour à Fidji, sous la supervision de l’ambassade de Chine à Fidji, ils sont affectés au sein de plusieurs unités de la police de l’archipel.
La présence de ces deux agents chinois à Fidji coïncide aussi avec l’arrestation, ces derniers jours, de criminels présumés chinois ayant cherché à se soustraire à la justice de leur pays dans des affaires d’escroqueries à l’assurance.
S’exprimant au sujet de cette première en matière d’échange, le chef des forces de l’ordre fidjiennes s’est déclaré persuadé que ce premier détachement n’était que le début d’une nouvelle tradition d’échanges non seulement avec la Chine, mais aussi avec « d’autres nations ».
« C’est un excellent début, c’est très significatif aussi pour lancer une relation de travail durable entre nos deux pays (…) La police chinoise est réputée pour ses formations spécialisées et ces deux agents nous amènent leur expérience, leur expertise, … », a-t-il commenté tout en replaçant ces échanges dans le cadre plus général de la politique étrangère fidjienne du « regard vers le Nord » (vers l’Asie, du point de vue de Fidji).
En juin 2013, un groupe de dix agents de la police fidjienne se trouvait, deux semaines durant, en voyage d’études à l’école de police de Pékin dans le cadre d’une session de mise à niveau, toujours dans le cadre de l’accord signé entre les deux gouvernements, rappelle la police fidjienne.

Début avril 2013, le ministère chinois de la sécurité publique a livré à Fidji un conteneur entier de matériel (caméras, kit de test des conducteurs) destiné à la police, notamment dans les spécialités de la surveillance de la circulation routière et de lutte contre la conduite dangereuse liée à la consommation de stupéfiants.
Valeur affichée de ce chargement réceptionné par le ministre de la défense, Joketani Cokanasiga : environ 120.000 euros.

Accord militaire avec la Russie

Début juillet 2013, lors d’une visite d’État à Moscou, le Contre-amiral Bainimarama a significativement resserré ses relations avec la Russie, notamment dans les domaines de la coopération militaire, éducative, sanitaire et culturelle.
Parmi les accords signés, le plus visible concerne une coopération militaire « technique » entre Suva et Moscou, notamment dans le cadre général de la participation des forces fidjiennes aux contingents de maintien de la paix de l’ONU.
Depuis le mois de juin 2013, un demi-millier de soldats fidjiens sont partis pour le Golan, à la frontière israélo-syrienne, afin de suppléer dans cette zone-tampon les forces d’autres États (Autriche, Croatie, Japon) qui s’en sont retirées en raison d’une détérioration dans cette bande-tampon frontalière.
Fort d’une expérience de plus de trente années au sein des forces onusiennes, Fidji a promis d’envoyer dans cette zone jusqu’à 540 soldats.

Mi-février 2013, le conseil des ministres des îles Fidji, sur avis du ministre Cokanasiga, a entériné le principe du lancement d’une nouvelle coopération avec la Russie, y compris au plan militaire.
Cette coopération prend la forme d’un accord bilatéral portant sur une coopération « militaire et technique », annonçait alors le ministère fidjien de l’information.
Ce concept a été approuvé par le Cabinet fidjien, sur recommandation du ministre de la défense, de la sécurité nationale et de l’immigration, Joketani Cokanasiga, l’autorisant à aller plus en avant.
Selon le ministre, cette coopération « aidera les Forces Militaires de Fidji à améliorer ses capacités en vue d’acquérir les technologies et le matériel appropriés pour ses troupes, dans le cadre de ses missions au sein des Nations-Unies ».
Les prémices de cette coopération remontent à une mission à Suva d’une délégation russe, déployée à partir de l’ambassade basée à Canberra (Australie), début juin 2010.
Objectif : formaliser une coopération en matière de renseignement avec cet archipel océanien, boudé par les grandes armées de la région depuis le putsch militaire mené le 5 décembre 2006 par le Contre-amiral Franck Bainimarama.
En confirmant la présence de cette mission, le Contre-amiral avait alors confié qu’il accordait une grande importance à cette nouvelle alliance potentielle, car la Russie « est une grande nation et qui est membre du Conseil de Sécurité de l’ONU ».
Au menu des discussions, selon l’homme fort de Suva : des sujets d’ordre bilatéral et, de manière pratique, une coopération technique entrevue dans le cadre de la formation d’une nouvelle agence fidjienne spécialisée dans le renseignement, la lutte contre le terrorisme et la sécurité nationale.
« Les russes ont l’expertise, et nous pourront en bénéficier », déclarait alors M. Bainimarama.
Début février 2010, Isikeli Mataitoga, magistrat de carrière, devenait le premier ambassadeur fidjien en poste à Moscou, où il présentait alors ses lettres de créances au Président russe de l’époque, Dmitri Medvedev.
M. Medvedev est, depuis mai 2012, Président du gouvernement russe.
Il a laissé sa place à Vladimir Poutine.
« Nous sommes prêts à bâtir une coopération (russe) avec la République des îles Fidji, notamment par le truchement des Nations-Unies et d’autres organisations internationales », déclarait alors M. Medvedev.
Ce resserrement des liens entre Fidji et la Russie s’inscrivent aussi dans une logique plus régionale de volonté de retour d’influence dans la région Pacifique.
Pour ce faire, Moscou considère que Fidji est le tremplin idéal.
M. Bainimarama, lors de son déplacement en Russie, se trouvait à la tête d’une délégation de haut niveau.
Il a notamment rencontré le chef de l’exécutif russe, Dmitri Medvedev, ainsi que le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Ce dernier avait effectué une visite officielle à Fidji en février 2012.
Ces rencontres, selon le gouvernement fidjien, « soulignent la politique étrangère robuste » de l’archipel, qui « s’aligne sur celle d’autres nations insulaires du Pacifique et recherche de nouvelles opportunités, au-delà de ses partenaires régionaux traditionnels ».

pad

Rédigé par PAD le Mardi 27 Août 2013 à 06:22 | Lu 646 fois





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