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"Si nous investissons je veux que ce soit dans des secteurs qui correspondent à des besoins du patronat" (Fritch)



Edouard Fritch, lundi matin à l'ouverture de la 2e conférence économique de Polynésie française.
Edouard Fritch, lundi matin à l'ouverture de la 2e conférence économique de Polynésie française.
PUNAAUIA, 10 octobre 2016 - Edouard Fritch a ouvert la 2e conférence économique, lundi matin à l'hôtel Méridien de Tahiti.

Lorsque vous parlez de "budget de combat" pour 2017, qu’entendez-vous exactement ?

Edouard Fritch : Des réformes doivent être menées. Vous avez compris que la réforme de la PSG ce sera un combat. Si depuis 10 ans personne ne prend de décision c’est parce que, derrière, il va y avoir une crise sociale et beaucoup de choses vont se produire. Ce ne sera pas facile d’imposer et de prendre des arbitrages sur les différentes propositions qui sont faites. L’année 2017 sera une année de combat. Il nous faut relancer l’économie : nous n’avons pas suffisamment d’investissements aujourd’hui pour, non seulement, arrêter cette spirale du chômage et créer un millier d’emplois pour que rapidement on puisse se dire que c’est reparti. C’est ça le combat. Quel autre combat que de se battre pour que notre Pays retrouve un niveau de vie correct.

Et comment fait-on pour garantir la pérennité financière du système polynésien de protection sociale tout en annonçant un pacte de stabilité fiscale ? Où trouve-ton les 10 ou 12 milliards nécessaires ?

Edouard Fritch : Le temps viendra où l’on parlera des moyens à mettre en place. C’est bien ça aujourd’hui qui pose problème. Je ne dévoilerai rien à ce sujet-là.

A écouter Nuihau Laurey, ce budget passera moins par le social que les précédents.

Edouard Fritch : Ce n’est pas un problème social. C’est un discours de vérité. L’économie est la base du social. Si, sur le plan économique ça n’avance pas, comment voulez-vous financer le social ? A un moment donné, il faut effectivement se demander si, avec autant d’argent pour le social, le Pays va continuer à assister ses populations ou s’il faut plutôt booster l’économie de façon à ce qu’elle produise plus de recettes fiscales qui nous permettront de financer notre politique sociale.

Dans une période aussi difficile n’avez-vous pas peur que cela soit incompris par la population ?

Edouard Fritch : Ce n’est pas compris depuis un certain temps. Cela fait 50 ans que nous vivons comme cela. Je crois que la politique sociale a toujours pris le dessus à tel point que nous ne nous sommes même pas donné les moyens d’une bonne économie. Aujourd’hui, si on continue comme cela on n’arrivera plus à financer le social – parce que c’est ça le problème qui nous attend : le manque de moyens demain pour financer notre politique sociale. Donc il faut à un moment donné, je crois, dire la vérité et surtout, au niveau politique, faire en sorte d’inverser les choses. Cela n’empêche pas que nous financerons l’emploi aidé (…) : nous n’abandonnons pas nos cas sociaux, mais je crois qu’il faut être raisonnable sur l’utilisation des fonds de façon à ce que nous ayons une économie un peu plus pérenne demain.

Cette conférence, c’est une manière d’écouter un peu mieux les patrons ?

Edouard Fritch : Oui, c’est essentiellement un lieu d’échanges. Il nous faut faire un point. La première conférence s’est tenue il y a un peu plus de 6 mois. Cela nous a permis de lancer un plan d’actions. Aujourd’hui, on fait le point avec le patronat. L’action du gouvernement doit répondre à des besoins précis. (…) Dans la mesure du possible, si nous investissons je veux que ce soit dans des secteurs qui correspondent à des besoins réels et précis du patronat.

Vous revenez de Paris, où en est l’accord de Papeete ?

Edouard Fritch : Les discussions continuent. Sur l’accord de Papeete nous avons essayé de recadrer en fonction des propositions reçues de Paris. J’ai demandé à ce que l’accord de Papeete soit beaucoup plus rassurant pour l’avenir de la Polynésie française, avec tous les contrats qui sont en cours. C’est l’idée du pacte de stabilité : il faut que la Polynésie française ait une vision plus pérenne de l’action de l’Etat dans les 5 années à venir ; éviter qu’il y ait des hauts et des bas, des coups de rabot… Cet accord est une occasion pour nous de dresser une feuille de route qui soit plus rassurante pour les Polynésiens, demain : beaucoup de choses sont financées par l’Etat et remises en cause année après année. Nous allons repartir pour les débats de la loi de finances 2017, ce sera un combat comme tous les ans. C’est fatiguant et ce n’est pas rassurant pour les Polynésiens. Au travers de l’accord de Papeete, nous essayons d’obtenir des garanties de l’Etat.

2e conférence économique : le discours d'Edouard Fritch

Monsieur le Secrétaire Général du Haut-commissariat de la République en Polynésie française,
Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,
Monsieur le Vice-président de la Polynésie française,
Monsieur le Président du Conseil économique et social de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les parlementaires de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les représentants de l’Assemblée de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les Maires de Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations patronales de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprise de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs, Chers amis,

IA ORANA,
C’est pour moi un très grand plaisir de vous accueillir, cette fois-ci, en dehors du cadre formel de la Présidence, ici à l’hôtel Méridien, pour l’organisation de la deuxième conférence économique de l’année 2016.

Comme je l'ai présenté lors de la première édition en mai dernier, cette conférence se tiendra désormais deux fois par an, et je souhaite qu'elle puisse constituer un lieu de partage d'informations, d'échange d'idées mais aussi de concertation la plus large possible entre le gouvernement et le monde économique que vous représentez, au travers de la diversité de vos entreprises et des projets que vous portez au bénéfice de notre pays.

Le Ministre de la relance économique, Monsieur Teva Rohfritsch, en charge de l’organisation de cet événement, a dans ses missions, entre autre, de veiller à la parfaite communication entre le gouvernement et les acteurs économiques, et je souhaite vous remercier pour votre participation active et assidue, aux ateliers de travail qu'il mène sur l’ensemble des sujets liés à l’économie polynésienne.

Lors de la première édition du mois de mai dernier, nous vous avions présenté le plan d’actions économiques 2016 du Gouvernement, articulé autour de 6 axes de travail et 39 mesures concrètes destinées à dynamiser la relance économique dans notre pays.

En l’espace de 5 mois, nous avons d’ores et déjà réalisé la moitié du plan en mettant en œuvre notamment :
- des mesures de soutien à la consommation des ménages telles que la baisse du prix des hydrocarbures et du médicament ;
- des mesures de soutien à l’investissement des ménages telles l’opération véhicule propre ;
- des mesures de soutien à la création d’activités via le lancement de 3 appels à projets dans le domaine de l’agroalimentaire, de l’économie circulaire et du numérique. Je rappelle que la date limite de dépôt des projets arrive à échéance le 26 octobre prochain. Il n’est donc pas trop tard pour déposer vos propositions ;
Nos efforts ont également porté sur le développement des entreprises avec la mise en œuvre des mesures d’aide à l’équipement des petites entreprises et l’aide à la revitalisation du commerce de proximité ;
Des mesures de soutien à l’investissement en Polynésie ont aussi été réalisées via le renforcement des capacités financières dédiées à la défiscalisation locale ;

Je veux souligner le travail important réalisé par les différents Ministères concernés, et je les remercie de leur mobilisation pour la réalisation de ce plan, mais également pour l’ensemble des mesures prises au titre du renforcement de la commande publique.
Ces actions multiples et diverses portent leurs fruits, jour après jour, et nous pourrons le constater à l’aune de la revue des grands indicateurs économiques.

Le Ministre de la relance économique reviendra sur ces sujets dans son intervention de la matinée.

Chers amis et représentants du monde économique, je veux vous remercier pour votre disponibilité et vos propositions faites dans le cadre des rencontres avec le gouvernement. Vous avez ainsi contribué activement à la réalisation de ce plan d’actions économique, en participant aux ateliers et groupes de travail, mis en place suite à la conférence économique du mois de mai dernier. Je tenais à vous en remercier chaleureusement car je suis persuadé que de cette coopération étroite, émergera les meilleures propositions économiques pour le Pays.

Je l’ai annoncé au mois de mai dernier, sachez que je suis très attentivement tous vos travaux actuels et à venir. Le conseil des Ministres est tenu régulièrement informé de leur avancée car je souhaite que toutes les mesures validées soient rapidement mises en œuvre, cela afin de créer une fenêtre d’opportunités destinée à soutenir de manière particulière, la relance économique à très court terme. Viendra ensuite le temps des projets plus structurants et par nature, plus durables, il prendra alors le relais de ce dispositif de relance.

De la même manière que précédemment, nous débuterons cette conférence économique par un point de conjoncture présenté par les directeurs de l’IEOM et de l’ISPF, que je salue et remercie au passage.
Alors, nous devrions constater que de nombreux indicateurs économiques sont en nette amélioration, n’est ce pas Messieurs ?

En tout les cas, j’ai noté pour ma part, que la tendance des dernières publications semblent indiquer que la reprise économique est là, timide certes, mais bien présente. C’est la raison pour laquelle nous devons tous poursuivre nos efforts. C’est dans l’addition des initiatives publiques et privées que nous redresserons l’économie de notre Pays, pour que demain, les entreprises puissent créer plus de richesse et par conséquent, des emplois en nombre, c’est là, je crois, notre combat commun.

A titre d’exemple, la consommation des ménages est renforcée par un contexte de baisse des prix de -0,6 %, accompagné d’une hausse du pouvoir d’achat pour la deuxième année consécutive. La masse salariale a progressé de 1 milliard de F.CFP, soit +1,4 %. Les indicateurs économiques passent au vert, c’est indéniablement le signe de la reprise de l’activité économique.

L’investissement reste bien orienté, tiré par l’investissement des ménages qui affichent une hausse de +9,5 % des crédits à l’habitat, et par l’investissement public.
On note enfin que si la hausse de l’emploi salarié reste fragile, elle s’accentue et se consolide toutefois depuis le début de l’année.

Autre point important à l’ordre du jour de cette seconde conférence, j’ai souhaité partager avec vous les orientations du budget 2017 du Pays. Le Vice- président en présentera les grandes lignes car il me semble naturel de partager cette vision avec le monde économique que vous représentez, et le cas échéant, recueillir vos avis.

Enfin, nous poursuivrons nos réflexions autour de trois thématiques d’atelier, plus ciblées que lors de la précédente conférence, sur le soutien et le développement des productions locales, sur la simplification du parcours du porteur de projet, et sur l’évolution du cadre fiscal et social de l’entrepreneuriat individuel.

Le gouvernement sera attentif à vos réflexions et vos retours sur ces sujets de fond. Bien entendu, on ne va pas épuiser toutes les questions liées aux thématiques abordées lors de ces ateliers. L’idée consiste à dégager les principales orientations pour ensuite poursuivre les travaux en atelier avec les représentants de vos organisations patronales, sous l’égide du Ministre de l’économie. Les résultats de ces concertations seront ensuite présentés au conseil des Ministres, comme ce fut le cas d’ailleurs pour l’édition précédente. Je souhaite en effet que le gouvernement soit tenu régulièrement informé des travaux en atelier afin qu’il puisse, le cas échéant, prendre les dispositions pour traduire les propositions faites en mesures concrètes à mettre en œuvre.

Je compte donc sur votre contribution à ces travaux en ateliers qui viendront éclairer, je suis certain, la réflexion du Conseil des Ministres.

Je veux vous dire que le gouvernement est particulièrement mobilisé pour accompagner le développement de l’économie polynésienne, dans toutes ses déclinaisons. Et demain, à l’occasion du 1er forum économique de la Polynésie, nous évoquerons les thématiques de la refondation de notre économie pour que l’on puisse, dès à présent, nous projeter pour construire notre économie de demain. J’aurais l’occasion de revenir sur ce sujet lors de l’ouverture du forum demain matin.

Vous le voyez, mes chers amis, le Gouvernement multiplie ses initiatives et s’inscrit résolument à vos côtés. Nous avons une certitude, c’est tous ensemble que nous réussirons à redresser notre économie.

Je compte également sur votre participation au forum économique qui se tiendra demain et après demain, ici au Méridien. Avec le Ministre de l’économie, nous vous avons préparé un programme riche en information et en expérience, qui devrait, j’en suis persuadé, ouvrir de nouvelles pistes de réflexion et poser les premières bases de la refondation de notre économie polynésienne.

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne conférence économique.

Mauruuru maitai.


Rédigé par Propos recueillis par JPV le Lundi 10 Octobre 2016 à 15:16 | Lu 1756 fois

Tags : BUDGET 2017






1.Posté par emere cunning le 10/10/2016 17:20 | Alerter
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"A un moment donné, il faut effectivement se demander si, avec autant d’argent pour le social, le Pays va continuer à assister ses populations ou s’il faut plutôt booster l’économie de façon à ce qu’elle produise plus de recettes fiscales qui nous permettront de financer notre politique sociale. "
Eh bé, si t'en es encore à te le demander, we won't go far.
Tatou e, tau blabla nei ea ! Et surtout pas oublier ces chers patrons à qui il faut plaire.

2.Posté par PHU le 11/10/2016 08:34 | Alerter
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ha ha, c'est lhopital qui se moque de la charité,..

ton menntor, il a fait ça toute sa vie, et veut encore nous servir la même soupe galère.

avec en pire, des enveloppes de dessous de table avec certains investisseurs bien choisis.


3.Posté par Teriivaea le 11/10/2016 08:39 | Alerter
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"...des mesures de soutien à la consommation des ménages telles que la baisse du prix des hydrocarbures..."! Tout est résumé dans une telle phrase : l'impudence de s'attribuer une baisse pour lequel le gouvernement n'y est bien sûr pour rien (c'est la baisse des cours internationaux des produits pétrolièrs qui est en cause) et le parfait non sens économique car au lieu de faire croire démagogiquement que le gouvernement est à l'origine de cette baisse, il aurait bien mieux fait d'en profiter au contraire, au moins partiellement, de taxer momentanément davantage ces produits pour prélever des ressources supplémentaires afin de favoriser la transition énergétique pour se "désintoxiquer collectivement" de notre consommation excessive d'hydrocarbures fossiles polluants, dont les prix vont forcément (et le sont déjà) repartir à la hausse.

4.Posté par Ariitaia le 11/10/2016 09:13 | Alerter
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"A un moment donné, il faut effectivement se demander si, avec autant d’argent pour le social, le Pays va continuer à assister ses populations ou s’il faut plutôt booster l’économie de façon à ce qu’elle produise plus de recettes fiscales qui nous permettront de financer notre politique sociale."
Ça fait du bien de lire ça ! Enfin des propos intelligents !
Ceux qui pensent que c'est pour plaire aux patrons n'ont rien compris au social !
La France est en train de payer très cher cette erreur.
Monsieur Fritch, vous ne voudriez pas aller donner quelques cours d'économie à François Hollande ?

5.Posté par Kaddour le 11/10/2016 10:02 | Alerter
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Bravo ! Oui ! Il faut "relancer" la machine économique !!! Si tant est qu'elle n'aie jamais été "lancée" depuis l'époque du CEP-CEA ???
Oui ! il faut financer le patronat >>> A condition qu'il investisse !!! Donc , mettre en place des contrôles ... Mais là, c'est une autre paire de manche ...Faut pas déplaire aux copains patrons !!! LOL
Autre solution possible : diminuer les salaires des fonctionnaires et assimilés ! Rendre la production de biens de consommation plus interessante qu'une place de fonctionnaire !!!

6.Posté par Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER le 12/10/2016 01:25 | Alerter
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C'est marrant qu'Edouard "faire-valoir" FRITCH, en costume de colonisé sur un fond rappelant le RMA (?) n'ose pas même évoquer les trois lettres : "RSA". Pourtant ça rimerait presque avec Pat'Ro'Nah hahahahah rollstahiti@gmail.com

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