Tahiti, le 24 août 2026 – À un peu plus d’un mois des sénatoriales, le Tapura part en position de force. Mais la règle du panachage pourrait rebattre les cartes : parmi les 734 grands électeurs appelés aux urnes le 27 septembre, chacun pourra voter pour deux candidats de son choix. Et si le Tapura paraît en mesure de réaliser le doublé, l’équation apparaît nettement plus serrée pour Édouard Fritch que pour Lana Tetuanui, laissant la porte ouverte à d'autres candidats en droit d'espérer décrocher le second siège au Sénat.
Sur le papier, le scénario paraît écrit. Fort de ses résultats aux municipales et de son implantation dans les communes, le Tapura présente pour les sénatoriales du 27 septembre le tandem qui dispose du socle électoral le plus solide : Lana Tetuanui, candidate à un troisième mandat, et Édouard Fritch, qui ambitionne de retrouver le Parlement après avoir siégé à l’Assemblée nationale entre 2012 et 2014.
Mais les sénatoriales ont cette particularité : on n’y élit pas un ticket. Même lorsqu’un parti présente deux candidats côte à côte, chacun concourt pour son propre compte. Et chaque grand électeur dispose de deux voix qu’il peut librement répartir entre des candidats de sensibilités différentes. C’est ce qu’on appelle le “panachage”. Une règle qui pourrait cette fois peser davantage dans les urnes.
À quelques semaines du scrutin, un constat revient avec insistance chez les élus interrogés : Lana Tetuanui ferait largement consensus. La sénatrice sortante, qui a depuis longtemps fait des relations avec les communes l’un des piliers de son mandat, pourrait même recueillir des voix très au-delà du seul périmètre du Tapura.
La situation apparaît nettement moins confortable pour Édouard Fritch. L’ancien président du Pays bénéficie certes de la force de frappe de son parti et du réseau d’élus municipaux issu des dernières élections. Mais son nom continue aussi de susciter davantage de réticences. Au point que, selon plusieurs remontées de terrain, son élection pourrait se jouer beaucoup plus près de la ligne.
Lana devant, Fritch sous pression
C’est précisément là que le panachage change la donne. Un grand électeur convaincu par Lana Tetuanui n’a aucune obligation de déposer également un bulletin Fritch. Il peut tout aussi bien associer son vote à celui de Steeve Hamblin, Teva Rohfritsch, Bruno Sandras, Temarama Varney ou l’un des autres candidats désormais engagés dans la course. Le risque pour le Tapura n’est donc pas nécessairement de voir ses électeurs tourner le dos à Lana Tetuanui. Il est de voir le deuxième siège au Palais du Luxembourg lui échapper.
Selon nos informations, c’est notamment dans le sud de Tahiti que le jeu tournerait en défaveur d'Édouard Fritch. Plusieurs élus de Taiarapu-Est, Taiarapu-Ouest, Teva i Uta et Papara seraient davantage tentés de partager leurs suffrages entre Lana Tetuanui et… Steeve Hamblin. L’ancien ministre et chef d’entreprise se présente sans étiquette, en “candidat de la société civile”. Un positionnement qui peut lui permettre d’aller chercher des voix au-delà des clivages partisans.
Il pourrait notamment tirer parti du flou qui entoure encore A Fano Ti'a. Le 5 août, Moetai Brotherson confirmait pourtant à Tahiti Infos que le parti aurait bien ses candidats aux sénatoriales : “Ils seront annoncés en temps et en heure”, assurait-il, précisant simplement que ce serait “avant la limite de dépôt des candidatures”. Autrement dit avant le 11 septembre. Mais pour l’heure, aucun nom n'a encore émergé et les prétendants ne semblent pas se bousculer au portillon. Si A Fano Ti'a devait finalement renoncer, ses grands électeurs n'en resteraient pas moins très courtisés.
Du côté du Tavini, en revanche, l'incertitude est levée. Heinui Le Caill a confirmé vendredi à Tahiti Infos que le parti ne présenterait aucun candidat. Autant de voix qui pourraient, elles aussi, peser dans une bataille de plus en plus disputée pour le second siège.
La bataille des deuxièmes voix
Car la concurrence s'est encore renforcée ces derniers jours. Après plusieurs semaines de réflexion et de consultations auprès des élus communaux, Teva Rohfritsch a officiellement confirmé samedi qu’il briguerait un deuxième mandat. Élu en 2020 avec Lana Tetuanui sous les couleurs du Tapura, le sénateur sortant repart cette fois “sans étiquette”, avec comme suppléante Vaiana Tematua-Estall, nouvelle adjointe au maire de Papeete chargée notamment des finances. Après six années au Palais du Luxembourg, où il estime avoir fait “du bon job”, Teva Rohfritsch compte aussi sur son bilan pour tirer son épingle du jeu. Il courtise les grands électeurs avec un programme largement tourné vers la décentralisation et les communes, auxquelles il veut donner davantage de poids et de liberté d'action.
Et Teva Rohfritsch est loin d'être le seul à vouloir se glisser dans la brèche. Les candidatures se multiplient entre Temarama Varney qui portera les couleurs de A Here ia Porinetia, Bruno Sandras celles du Amuitahira’a, Raimana Jordan pour Te Nati-RN, ou encore Jacky Bryant, sous la bannière de Heiura-Les Verts. Autant de noms susceptibles de grappiller quelques-unes de ces précieuses deuxièmes voix et de rendre les reports encore plus difficiles à anticiper.
Un deuxième siège très convoité, donc, où rien ne semble encore joué. Au Tapura, les comptes ont évidemment été faits et le parti croit à son doublé. Mais entre un Édouard Fritch qui ne fait pas l'unanimité, un Teva Rohfritsch bien décidé à défendre son bilan et une offre électorale qui continue de s'étoffer, le président du Tapura s'avance vers un scrutin autrement plus serré que sa colistière. Le doublé, évident sur le papier, pourrait l'être beaucoup moins dans les urnes.
Sur le papier, le scénario paraît écrit. Fort de ses résultats aux municipales et de son implantation dans les communes, le Tapura présente pour les sénatoriales du 27 septembre le tandem qui dispose du socle électoral le plus solide : Lana Tetuanui, candidate à un troisième mandat, et Édouard Fritch, qui ambitionne de retrouver le Parlement après avoir siégé à l’Assemblée nationale entre 2012 et 2014.
Mais les sénatoriales ont cette particularité : on n’y élit pas un ticket. Même lorsqu’un parti présente deux candidats côte à côte, chacun concourt pour son propre compte. Et chaque grand électeur dispose de deux voix qu’il peut librement répartir entre des candidats de sensibilités différentes. C’est ce qu’on appelle le “panachage”. Une règle qui pourrait cette fois peser davantage dans les urnes.
À quelques semaines du scrutin, un constat revient avec insistance chez les élus interrogés : Lana Tetuanui ferait largement consensus. La sénatrice sortante, qui a depuis longtemps fait des relations avec les communes l’un des piliers de son mandat, pourrait même recueillir des voix très au-delà du seul périmètre du Tapura.
La situation apparaît nettement moins confortable pour Édouard Fritch. L’ancien président du Pays bénéficie certes de la force de frappe de son parti et du réseau d’élus municipaux issu des dernières élections. Mais son nom continue aussi de susciter davantage de réticences. Au point que, selon plusieurs remontées de terrain, son élection pourrait se jouer beaucoup plus près de la ligne.
Lana devant, Fritch sous pression
C’est précisément là que le panachage change la donne. Un grand électeur convaincu par Lana Tetuanui n’a aucune obligation de déposer également un bulletin Fritch. Il peut tout aussi bien associer son vote à celui de Steeve Hamblin, Teva Rohfritsch, Bruno Sandras, Temarama Varney ou l’un des autres candidats désormais engagés dans la course. Le risque pour le Tapura n’est donc pas nécessairement de voir ses électeurs tourner le dos à Lana Tetuanui. Il est de voir le deuxième siège au Palais du Luxembourg lui échapper.
Selon nos informations, c’est notamment dans le sud de Tahiti que le jeu tournerait en défaveur d'Édouard Fritch. Plusieurs élus de Taiarapu-Est, Taiarapu-Ouest, Teva i Uta et Papara seraient davantage tentés de partager leurs suffrages entre Lana Tetuanui et… Steeve Hamblin. L’ancien ministre et chef d’entreprise se présente sans étiquette, en “candidat de la société civile”. Un positionnement qui peut lui permettre d’aller chercher des voix au-delà des clivages partisans.
Il pourrait notamment tirer parti du flou qui entoure encore A Fano Ti'a. Le 5 août, Moetai Brotherson confirmait pourtant à Tahiti Infos que le parti aurait bien ses candidats aux sénatoriales : “Ils seront annoncés en temps et en heure”, assurait-il, précisant simplement que ce serait “avant la limite de dépôt des candidatures”. Autrement dit avant le 11 septembre. Mais pour l’heure, aucun nom n'a encore émergé et les prétendants ne semblent pas se bousculer au portillon. Si A Fano Ti'a devait finalement renoncer, ses grands électeurs n'en resteraient pas moins très courtisés.
Du côté du Tavini, en revanche, l'incertitude est levée. Heinui Le Caill a confirmé vendredi à Tahiti Infos que le parti ne présenterait aucun candidat. Autant de voix qui pourraient, elles aussi, peser dans une bataille de plus en plus disputée pour le second siège.
La bataille des deuxièmes voix
Car la concurrence s'est encore renforcée ces derniers jours. Après plusieurs semaines de réflexion et de consultations auprès des élus communaux, Teva Rohfritsch a officiellement confirmé samedi qu’il briguerait un deuxième mandat. Élu en 2020 avec Lana Tetuanui sous les couleurs du Tapura, le sénateur sortant repart cette fois “sans étiquette”, avec comme suppléante Vaiana Tematua-Estall, nouvelle adjointe au maire de Papeete chargée notamment des finances. Après six années au Palais du Luxembourg, où il estime avoir fait “du bon job”, Teva Rohfritsch compte aussi sur son bilan pour tirer son épingle du jeu. Il courtise les grands électeurs avec un programme largement tourné vers la décentralisation et les communes, auxquelles il veut donner davantage de poids et de liberté d'action.
Et Teva Rohfritsch est loin d'être le seul à vouloir se glisser dans la brèche. Les candidatures se multiplient entre Temarama Varney qui portera les couleurs de A Here ia Porinetia, Bruno Sandras celles du Amuitahira’a, Raimana Jordan pour Te Nati-RN, ou encore Jacky Bryant, sous la bannière de Heiura-Les Verts. Autant de noms susceptibles de grappiller quelques-unes de ces précieuses deuxièmes voix et de rendre les reports encore plus difficiles à anticiper.
Un deuxième siège très convoité, donc, où rien ne semble encore joué. Au Tapura, les comptes ont évidemment été faits et le parti croit à son doublé. Mais entre un Édouard Fritch qui ne fait pas l'unanimité, un Teva Rohfritsch bien décidé à défendre son bilan et une offre électorale qui continue de s'étoffer, le président du Tapura s'avance vers un scrutin autrement plus serré que sa colistière. Le doublé, évident sur le papier, pourrait l'être beaucoup moins dans les urnes.
734 grands électeurs, mais qui vote ?
Les deux sénateurs de Polynésie ne sont pas élus directement par la population. Le 27 septembre, 734 grands électeurs seront appelés aux urnes : les 57 représentants à l’assemblée de la Polynésie française, les trois députés, les deux sénateurs sortants et surtout 672 délégués issus des communes.
Contrairement à une idée répandue, tous les conseillers municipaux ne sont pas automatiquement grands électeurs. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, seul un nombre déterminé de délégués est désigné en fonction de la taille du conseil municipal. À partir de 9 000 habitants, tous les conseillers deviennent en principe grands électeurs de droit. Mais la Polynésie présente une particularité supplémentaire : les communes associées sont prises en compte séparément dans le calcul du collège sénatorial.
C’est ce qui explique quelques situations étonnantes. Papeete, Punaauia et Faa’a comptent chacune 35 grands électeurs municipaux, Papara, Paea, Pirae, Arue et Mahina 33, tandis que Taiarapu-Est en désigne 32. À l’inverse, Moorea-Maiao, avec ses six communes associées, constitue le premier réservoir du Pays avec 58 grands électeurs, alors même que sa population est très inférieure à celle de Faa’a.
La Polynésie élisant deux sénateurs, le scrutin est majoritaire à deux tours. Chaque grand électeur peut voter pour deux candidats, sans être tenu de respecter les tandems présentés par les partis. Toutes les combinaisons sont possibles. Au premier tour, la majorité absolue est requise : elle serait de 368 voix si les 734 grands électeurs participent au scrutin. Un candidat doit également recueillir les suffrages d’au moins un quart des inscrits, soit 184 voix. À défaut, un second tour est organisé le même jour, à la majorité relative.
Les déclarations de candidature devront être déposées auprès du haut-commissariat entre le 7 et le 11 septembre à 18 heures. Ce n’est qu’à l’issue de cette période que l’on connaîtra officiellement tous les candidats appelés à se disputer les deux sièges.
Les deux sénateurs de Polynésie ne sont pas élus directement par la population. Le 27 septembre, 734 grands électeurs seront appelés aux urnes : les 57 représentants à l’assemblée de la Polynésie française, les trois députés, les deux sénateurs sortants et surtout 672 délégués issus des communes.
Contrairement à une idée répandue, tous les conseillers municipaux ne sont pas automatiquement grands électeurs. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, seul un nombre déterminé de délégués est désigné en fonction de la taille du conseil municipal. À partir de 9 000 habitants, tous les conseillers deviennent en principe grands électeurs de droit. Mais la Polynésie présente une particularité supplémentaire : les communes associées sont prises en compte séparément dans le calcul du collège sénatorial.
C’est ce qui explique quelques situations étonnantes. Papeete, Punaauia et Faa’a comptent chacune 35 grands électeurs municipaux, Papara, Paea, Pirae, Arue et Mahina 33, tandis que Taiarapu-Est en désigne 32. À l’inverse, Moorea-Maiao, avec ses six communes associées, constitue le premier réservoir du Pays avec 58 grands électeurs, alors même que sa population est très inférieure à celle de Faa’a.
La Polynésie élisant deux sénateurs, le scrutin est majoritaire à deux tours. Chaque grand électeur peut voter pour deux candidats, sans être tenu de respecter les tandems présentés par les partis. Toutes les combinaisons sont possibles. Au premier tour, la majorité absolue est requise : elle serait de 368 voix si les 734 grands électeurs participent au scrutin. Un candidat doit également recueillir les suffrages d’au moins un quart des inscrits, soit 184 voix. À défaut, un second tour est organisé le même jour, à la majorité relative.
Les déclarations de candidature devront être déposées auprès du haut-commissariat entre le 7 et le 11 septembre à 18 heures. Ce n’est qu’à l’issue de cette période que l’on connaîtra officiellement tous les candidats appelés à se disputer les deux sièges.































