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Séisme et tsunami aux îles Salomon : le bilan humain s’alourdit, les secours s’organisent



Scènes de dévastation après le passage du tsunami survenu après le séisme de mercredi aux îles Salomon, dans les îles Santa Cruz (Source photos : World Vision)
Scènes de dévastation après le passage du tsunami survenu après le séisme de mercredi aux îles Salomon, dans les îles Santa Cruz (Source photos : World Vision)
HONIARA, jeudi 7 février 2013 (Flash d’Océanie) – Au lendemain du puissant séisme de magnitude 8 et du tsunami qui a suivi aux îles Salomon, dans les îles Santa Cruz, le bilan humain continuait de s’alourdir, avec un nombre évoqué de victime atteignant huit, selon les derniers comptes-rendus locaux.
Ces chiffres ont été évoqués par une organisation non gouvernementale australienne, World Vision, déjà présente dans cette région dans le cadre d’un programme humanitaire mené par une équipe d’une vingtaine de personnes.
La localité de Lata, la plus proche de l’épicentre de ces secousses sous-marines, dont le nombre approchait jeudi la centaine, sous forme de répliques de magnitude atteignant parfois la gradation 7 sur l’échelle de Richter (jeudi matin, heure locale) a été la plus touchée.
Dans cette région, une vague d’une hauteur estimée à 91 centimètres a pénétré jusqu’à cinq cent mètres à l’intérieur des zones côtières, et en particulier trois petits villages.
Selon l’ONG, le nombre de déplacés pourrait atteindre les trois milliers de personnes, désormais sans abri et nécessiteuses d’aide alimentaire et vestimentaire.
Selon cette ONG, une centaine de maisons, pour la plupart construites en matériaux traditionnels (paille, bois) ont été détruites à des degrés divers.
Des équipes ont été déployées, à des fins d’évaluation aérienne ou de premiers secours aux populations, avec un appui notable de la Mission Régionale d’ Assistance aux îles Salomon (RAMSI, groupe militaro-policier déployé aux îles Salomon en juillet 2003 pour y rétablir l’ordre).
Ainsi, des hélicoptères de la RAMSI ont été mis à contribution pour effectuer les premières interventions sur place, l’atterrissage d’avions n’ayant pas été possible immédiatement, la piste du petit aéroport de Lata ayant elle aussi été submergée.
Le gouvernement local a fixé comme priorité première de remettre en état cette piste (jonchée de débris et terminal inondé), afin de permettre l’acheminement de moyens par voie aérienne, y compris des conteneurs d’eau potable.
Les premières équipes de secours sont arrivées sur zone, depuis la capitale Honiara, jeudi.
La piste a depuis été débarrassée des débris et est depuis à nouveau praticable.
« Dans la petite ville de Venga, peuplée d’environ 750 personnes, des maisons ont été déplacées par l’eau sur une distance atteignant les dix mètres, laissant quatre vingt dix pour cent de ces habitations endommagées. (Le village de) Nela, peuplé de près de deux cent personnes, a vu quatre vingt quinze pour cent de ses maisons emportées », affirme l’ONG dans un communiqué, qui indique que l’approvisionnement en l’eau et en électricité demeure interrompue.
Les premières images parvenues de cette zone, après le passage du tsunami, montrent des paysages jonchés de débris de végétations et d’habitations.
Sur place, World Vision travaille de conserve avec la Croix Rouge locale et le centre national de gestion des catastrophes naturelles afin de coordonner l’acheminement de matériel et denrées d’urgence (eau, vêtements, installations d’abris et de blocs sanitaires provisoires) pour les déplacés, qui ont trouvé refuge au centre de l’île, plus en hauteur (environ 150 mètres au-dessus du niveau de la mer).
Un accent particulier a été placé sur la santé des enfants.
Le père Brown Beu, chef du gouvernement de cette province (Temotu), lançait dès mercredi un appel au gouvernement central des îles Salomon pour qu’il envoie des secours le plus rapidement possible.
« Il y a un besoin urgent, pour ceux qui ont perdu leurs maisons, d’abris temporaires, de vêtements, de nourriture. Ils ont aussi besoin d’ustensiles de cuisine », a déclaré le dirigeant au quotidien local Solomon Star.

Les quatre villages les plus touchés, selon lui, sont ceux de Venga, Bwang, Nela et Luova, dans les îles Santa Cruz (Sud-est de l’archipel).
Plusieurs personnes ont été hospitalisées pour des fractures aux membres.
Le Premier ministre salomonais, Gordon Darcy Lilo, a exprimé dès mercredi ses condoléances aux familles des victimes, tout en les assurant de la mise en place et de l’envoi de secours « le plus vite possible ».
Le Britannique John Lansley, chef de la police locale, a néanmoins rappelé, pour sa part, que ces îles étaient particulièrement isolées et que de ce fait, une estimation réaliste de l’étendue des dégâts pourrait encore prendre plusieurs jours.
« Il y a des ressources prépositionnés sur place, parce que ce genre de situation avait été envisagée. Mais la réponse majeure va prendre quelques temps », a-t-il déclaré à Radio New Zealand International.
Les ONG, sur place, tentent de composer avec les moyens dont elles disposent, en mettant en place des abris de fortunes et en distribuant de vivres et des fournitures d’urgence, en attendant l’envoi de fourniture supplémentaires.
Un bateau est aussi parti jeudi de la capitale, avec à son bord du matériel d’urgence.
Il devrait atteindre les îles Santa Cruz ce week-end.


Aide australienne et néo-zélandaise

Au plan régional, les gouvernements australien et néo-zélandais (déjà présents sur place par le truchement de la RAMSI, dont ils sont les principales composantes et financiers) ont rapidement fait savoir qu’ils étaient prêts à participer à une réponse humanitaire en faveur des sinistrés.
« Cela pourra inclure des abris d’urgence, de la nourriture, des fournitures médicales et une aide à la reconstruction », a notamment indiqué jeudi le chef de la diplomatie australienne, Bob Carr.

Jeudi, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Murray McCully, a lui aussi indiqué son intention de venir en aide aux populations salomonaises touchées par cette catastrophe naturelle.
« La Nouvelle-Zélande met à disposition 200.000 dollars (néo-zélandais, soit 125.000 euros) pour des fournitures humanitaires et le soutien aux équipes d’évaluation du gouvernement des îles Salomon », a indiqué M. McCully dans un communiqué, qui n’exclut pas une aide supplémentaire, « le moment venu ».

Menace sanitaire

Au-delà des secours immédiats, comme c’est le cas après de telles catastrophes naturelles, une autre priorité consiste, au plan sanitaire, en un effort afin de contenir la propagation de maladies liées à la présence de grandes quantités d’eau stagnante, comme la typhoïde, la malaria, la dengue, la dysenterie ou encore la leptospirose.
Le tsunami a notamment laissé, sur place, dans les villages, des cadavres de bétail et de volaille.

Polémiques régionales

Dans la grande région, mise sous alerte au tsunami mercredi, trois heures durant, même si aucun dégât n’est à signaler, la vague n’ayant pas voyagé dans des proportions destructrices, c’est pourtant la polémique qui a succédé à la vigilance.
À Fidji, notamment, où les responsables de a gestion des catastrophes naturelles se félicitent de la bonne réaction générale des populations, qui ont rapidement répondu à cette alerte, d’autres voix se font entendre pour souligner que cette alerte, intervenue à la mi-journée, avait provoqué d’énormes embouteillages dans la capitale Suva.
Ces embouteillages, note le quotidien local Fiji Times, auraient pu se révéler désastreux pour la population locale si cette menace de tsunami s’était réalisée », note le journal.

En Nouvelle-Calédonie, des questions ont aussi été posées concernant le fait que des sirènes mises en place récemment, sur les îles Loyauté (Nord-est de l’île principale) ne se sont pas déclenchées.
Les autorités ont souligné que pour pallier cette défaillance, les services de sécurité civile avaient néanmoins pris le relais pour alerter les populations, dans le cadre du plan ORSEC.

Des milliers de Salomonais sinistrés après le séisme du 25 juillet 2012

Le 25 juillet 2012, un puissant séisme de magnitude 6,5 avait frappé l’île principale de Guadalcanal, occasionnant d’importants dégâts qui touchaient près d’une dizaine de milliers d’habitants de cette zone connue sous le nom de Weathercoast.

Le 2 avril 2007, la province de Gizo (Nord-est des îles Salomon) avait été frappée par un énorme séisme de magnitude 8, qui avait fait une cinquantaine de morts et des milliers de déplacés.

Le 30 septembre 2009, un puissant séisme suivi d’un tsunami frappait les côtes de Samoa, des Samoa américaines voisines et du Nord de Tonga, faisant près de 190 morts et des milliers de sans-abri.

Les îles Salomon, ainsi que le reste de la Mélanésie, se trouvent dans ce qu’il est convenu d’appeler la « ceinture de feu du Pacifique », succession de zones d’affrontement et de subduction entre plaques tectoniques, dont l’Indo-Australienne et celle du Pacifique.
Toute cette région à forte sismicité dessine une sorte de fer à cheval trans-Pacifique inversé qui englobe la Mélanésie, remonte vers le Pacifique Nord-ouest et sa Micronésie pour ensuite longer les côtes des Amériques Nord et Sud.

pad

Rédigé par PAD le Jeudi 7 Février 2013 à 06:01 | Lu 2001 fois




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