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« Sauver Tuvalu, c’est sauver la planète »


Dialogue de haut niveau sur le changement climatique et la biodiversité au siège de la CPS


Programme d'inventaire de la biodiversité marine de Tuvalu (Sciences et avenir)
Programme d'inventaire de la biodiversité marine de Tuvalu (Sciences et avenir)
Nouméa, Nouvelle-Calédonie (CPS) – 4 mai 2018- De nombreux chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des ministres et des délégués, se sont réunis au siège de la Communauté du Pacifique à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) pour un dialogue de haut niveau sur le changement climatique et la biodiversité. De multiples références ont été faites au précédent dialogue sur le climat organisé à la CPS, qui a donné naissance à une vaste coalition entre les acteurs européens et océaniens à l’appui de l’accord de Paris, qualifié par M. Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, d’accord équitable et irréversible démontrant une réelle solidarité. M. Le Drian a également déclaré que l’Agence française pour le développement (AFD) était en train de s’affirmer comme véritable banque de développement, dans le droit fil de l’accord de Paris, avec une présence dans le Pacifique.



En préambule aux discussions, M. Colin Tukuitonga, Directeur général de la CPS, s’est montré extrêmement satisfait de voir que les membres insulaires et les membres métropolitains de l’Organisation partagent très largement un même point de vue sur des questions essentielles, et de voir la CPS confirmée dans son rôle historique de « maison commune du Pacifique ». M. Philippe Germain, président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, s’est exprimé en qualité de président en exercice de la Conférence de la Communauté du Pacifique et a souligné l’importance stratégique des ressources et de la stabilité de la région à l’échelle mondiale.

La parole a ensuite été donnée aux membres de la CPS.

v S’exprimant au nom des Fidji, M. Jone Usamate, ministre de l’Emploi, de la Productivité et du Dialogue social, a encouragé la mise en place de nombreux talanoas (terme fidjien désignant un dialogue inclusif qui permet de prendre de bonnes décisions) dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de Paris.

v S’exprimant au nom de Pitcairn, Mme Laura Clarke, gouverneure, a déclaré : « sauver Tuvalu, c’est sauver la planète », soulignant le fait que les États et Territoires océaniens sont aux premières loges du changement climatique. Elle a également cité plusieurs politiques innovantes lancées dans la lutte contre la pollution par le plastique.

v S’exprimant au nom de Tuvalu, M. Enele Sopoaga, Premier ministre, a remercié la France pour son engagement sans faille dans la lutte contre le changement climatique.

v S’exprimant au nom du Samoa, M. Tuilaepa Lupesoliai Sailele Malielegaoi, Premier ministre, a rappelé que son pays constituait un sanctuaire pour plusieurs espèces menacées par le changement climatique, notamment les baleines, les requins et les tortues, ainsi que pour les mangroves. Il a souligné la nécessité d’une protection contre les pratiques de pêche destructrices.

v S’exprimant au nom des Îles Salomon, M. Milner Tozaka, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, a insisté sur le fait que l’accord de Paris était essentiel à la survie des économies sobres en carbone, telles que celle de son pays. Celui-ci déploie en effet tous les efforts possibles en ce sens, dans les limites de ses capacités financières.

v S’exprimant au nom de Nauru, M. Baron Waqa, Président, a déclaré que le temps de la discussion était révolu face au changement climatique, et que, pour les 10 000 habitants de Nauru, la France était une nation amie, dotée d’une forte influence. Il a rappelé les difficultés d’accès des pays océaniens au Fonds vert pour le climat et à d’autres instruments financiers.

v S’exprimant au nom de Tokelau, Mme Paula Faiva, chargée de dossier pour le changement climatique, a placé le débat sur le plan moral, dans la mesure où le pays considère les questions de biodiversité et de changement climatique du point de vue du « pono océanique » (le terme polynésien pono désigne l’équité et la droiture). Elle a également cité la Déclaration sur l’océan du Groupe des dirigeants polynésiens, adoptée en 2016 et qui affirme que l’Océan pacifique est « un trésor de biodiversité, une vitrine de la nature, que nous sommes heureux de partager avec le reste du monde et pour lequel nous demandons instamment respect et protection ».

v S’exprimant au nom de Vanuatu, M. Charlot Salwai, Premier ministre, a répété l’engagement de son pays en faveur de l’accord de Paris, malgré les faibles ressources et les contraintes subies par les îles d’Océanie.

v S’exprimant au nom de Wallis et Futuna, M. David Vergé, président de l’Assemblée territoriale, a souligné que les modes de consommation ont des répercussions pour la planète, et a appelé de ses vœux une intégration régionale plus forte et plus réactive des Territoires français du Pacifique.

v S’exprimant au nom de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, M. Rimbink Pato, ministre des Affaires étrangères et du Commerce, a indiqué que son pays, qui abrite la troisième forêt tropicale au monde après l’Amazonie et le bassin du Congo, souhaitait continuer à nouer des partenariats avec les États européens. De nouveaux mécanismes d’accès aux fonds communautaires constitueraient une aide importante pour les petits pays.

v S’exprimant au nom de Palau, Mme Faustina Rehuhew Marugg, ministre des Ressources naturelles, de l’Environnement et du Tourisme, a souligné le fait que la région dispose d’une manne de savoir-faire traditionnels qui ne demande qu’à être exploitée.

v S’exprimant au nom de Kiribati, M. David Teaabo, Haut-Commissaire aux Fidji par intérim, a réaffirmé l’engagement de son pays envers le Pacifique bleu, ajoutant que les membres et leurs capacités étaient essentiels à l’efficacité du régionalisme. Il a appelé de ses vœux le soutien de la France dans des questions telles que la sécurité en mer et les limites environnementales, notamment sur les atolls.

v S’exprimant au nom de Niue, M. Michael Jackson, député, a indiqué que son pays, qui n’émet au demeurant que très peu de gaz à effet de serre, était en bonne voie pour atteindre ses objectifs de biodiversité et de protection du climat : son énergie sera à 80 % d’origine renouvelable d’ici à 2025, et 40 % de sa zone économique exclusive se compose d’ores et déjà d’aires marines protégées.

v S’exprimant au nom de la Polynésie française, Mme Maina Sage, députée, a affirmé que le Pacifique était une région d’échange et de liberté, et ce, depuis des millénaires. La migration climatique n’est pas une solution acceptable pour les Océaniens qui ne vivent pas sur le continent. Elle a invité la communauté internationale à se montrer à la hauteur de ses engagements dans ce domaine.

v S’exprimant au nom des Îles Cook, Mme Bredina Drollet, directrice de cabinet du Premier ministre, s’est déclarée déçue de la baisse des financements accordés aux petits États insulaires en développement, et a encouragé les partenaires européens de son pays à défendre l’aide financière pour ces États.

v S’exprimant au nom de l’Australie, Mme Concetta Fierravanti-Wells, ministre du Développement international et du Pacifique, a affirmé que son pays était en bonne voie pour respecter les engagements pris en vertu de l’accord de Paris. Elle a ajouté que l’Australie souhaitait vivement resserrer les liens conclus dans le domaine de la sécurité et de l’économie, et partager les enseignements tirés de la protection des récifs coralliens splendides, mais fragiles, notamment la Grande barrière de corail.

v S’exprimant au nom de la Nouvelle-Zélande, M. Winston Peters, Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, a expliqué que son pays allait approfondir et intensifier son engagement dans la lutte contre le changement climatique, en développant les partenariats naissants comme les partenariats existants.

La Communauté du Pacifique agit depuis des années dans le cadre des enjeux soulevés par les participants au dialogue. Citons quelques exemples de ce travail : la Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins s’efforcer d’alléger la pression sur la pêche côtière, le projet Biopelagos contribue à optimiser la gestion des ressources naturelles de haute mer, la Division géosciences, énergie et services maritimes a aidé à intégrer la question du changement climatique dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de la santé et des ressources naturelles, les projets RESCCUE et INTEGRE, dirigés par le Programme durabilité environnementale et changement climatique de la CPS, ont permis d’accroître la résilience et la gestion des ressources côtières grâce une démarche reposant sur les écosystèmes, tandis que le Programme océanien de soutien climat et océans (COSPPac), soutenu par la CPS, fournit des informations sur les marées et le niveau de l’océan, et renforce les capacités des pays océaniens.

En conclusion de ce dialogue, M. Le Drian a repris des termes des langues océaniennes pour former le vœu que les talaonas actuels permettraient de mener à une exploitation raisonnée de Moana, le Grand océan.



Contact médias :
Service de presse de la CPS, tél. (687) 26 20 00, media@spc.int
Frédéric Ballenegger, cellule communications de la CPS, fredericb@spc.int, tél. portable (687) 87 82 00


A propos de la CPS :

La Communauté du Pacifique (CPS) est une organisation internationale d’aide au développement rassemblant 26 États et Territoires membres. Principale organisation scientifique et technique du Pacifique, elle soutient fièrement le développement de la région depuis 1947. Pour en savoir davantage : www.spc.int.





Pour s’inscrire à la liste de diffusion des communiqués de presse de la CPS, cliquez sur ce lien : http://lists.spc.int/mailman/listinfo/communiques-de-presse?language=fr


Rédigé par Communiqué de la Communauté du Pacifique le Vendredi 4 Mai 2018 à 15:52 | Lu 827 fois




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