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SNCF: amélioration du trafic mais le conflit perdure



Paris, France | AFP | lundi 20/10/2019 - La SNCF constate une nette amélioration du trafic ferroviaire lundi, avec des perturbations limitées aux TER et Intercités, sans que le conflit entre syndicats et direction sur les "problèmes de sécurité" soit résolu.

Dans l'ensemble les trains Ouigo circulent "normalement", de même que les TGV, selon la SNCF.
Les TER (trois trains sur quatre) et les Intercités (deux trains sur trois) continuent à être impactés, au quatrième jour de ce bras de fer entre syndicats et direction autour du "droit de retrait".
Des disparités existent d'une région à l'autre, avec des "problèmes résiduels" sur des TGV province-province relevés dans l'Ouest et très peu de TER circulant en Champagne-Ardenne, où l'accident à l'origine de l'arrêt de travail a eu lieu mercredi dernier.
"Nous devons prendre trois trains jusqu'à Dijon, on en a deux qui roulent mais pour le troisième, Lyon-Dijon, c'est le mystère", explique Dominique Guillaume, 58 ans, qui part en vacances depuis Toulouse avec son fils adolescent. Elle qui vient "d'une famille SNCF" dit "bien comprendre les grévistes": "Ils ont raison, ce qui s'est passé avec l'accident est très grave".
A Marseille, gare Saint-Charles, la plupart des TER étaient affichés à l'heure, mais un panneau prévenait que "le trafic sera perturbé jusqu'à la mi-journée".
Sarah et Sébastien ont été "obligés de payer 30 euros en plus" pour changer leurs billets. Mais ils n'ont pas non plus de colère contre les agents: "On comprend tout à fait le mouvement sur le fond, il n'y a pas à supprimer des contrôleurs, ça crée des problèmes de sécurité".
A la gare Saint-Lazare, Mahor, 36 ans, originaire du Yémen, est du même avis: "Ce n'est pas normal qu'il n'y ait qu'un seul chauffeur" car s'il a "un AVC dans le train, cela va mettre en danger la vie des voyageurs".
Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a rappelé dimanche soir que les billets seraient remboursés "à 100%" et a annoncé la mise en place rapide d'un fonds d'indemnisation d'un million d'euros pour les voyageurs qui ont subi "des dommages exceptionnels" (achat d'autres billets, hôtel...).
A l'origine du mouvement, un accident survenu lorsqu'un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau, faisant 11 blessés dont plusieurs hospitalisés. Le conducteur, qui a porté secours aux passagers alors qu'il était lui-même blessé, était le seul agent SNCF à bord.
Les syndicats contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur. Ils pointent aussi des problèmes de sécurité particuliers à l'engin accidenté, un autorail grande capacité (AGC).
La direction a mis sur la table trois propositions qui ne les satisfont pas: modification de "certains équipements" de l'AGC; des groupes de travail sur les procédures de sécurité "dans les jours qui viennent" et "accélération" des recrutements, a résumé samedi Guillaume Pepy.
Il a dénoncé une "grève surprise qui ne respecte pas la loi", puisque à la SNCF le préavis est obligatoire.
Pour les syndicats au contraire, il s'agit bien d'un droit de retrait, une procédure exercée par un salarié lorsqu'il considère qu'il existe un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, ou s'il constate une défectuosité dans les systèmes de protection.
 

- "Suites judiciaires" -

 
Le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s'est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient être données", "notamment "judiciaires".
Dans une interview au Parisien lundi, M. Pepy précise que "dès lors qu'un conducteur gréviste a été qualifié en +absence irrégulière+, il y aura naturellement une retenue sur son salaire".
L'Unsa (2e syndicat SNCF) va organiser des réunions en interne "pour décider de la stratégie à adopter", a souligné Didier Mathis, son numéro un. Mais le syndicat écarte l'idée de déposer un préavis de grève.
SUD-Rail (3e) "va continuer de soutenir les cheminots qui vont exercer le droit de retrait car la direction ne propose rien de concret pour la sécurité", selon Julien Troccaz.
La CGT (1er syndicat) lie les revendications et appelle à participer "massivement" à la journée d'action du 5 décembre contre la réforme des retraites. Elle accuse le Premier ministre de vouloir "le pourrissement".

le Lundi 21 Octobre 2019 à 02:19 | Lu 199 fois





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