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Roland-Garros: Nadal, un règne sans égal



Paris, France | AFP | dimanche 09/06/2019 - Son règne est désormais sans égal : même de plus en plus cabossé, même après une campagne sur terre battue moins souveraine qu'à l'accoutumée, Rafael Nadal a triomphé pour la douzième fois à Roland-Garros dimanche. Jamais personne n'avait imposé sa loi aussi souvent dans un même tournoi du Grand Chelem.

Comme il y a un an, son ultime victime a été Dominic Thiem. Mais à la différence de 2018, le N.4 mondial a arraché un set à l'Espagnol, victorieux 6-3, 5-7, 6-1, 6-1 en trois heures, bras en croix sur la terre battue parisienne après un dernier retour trop long de l'Autrichien.
"C'est un des meilleurs joueurs de tous les temps, aujourd'hui j'ai vu pourquoi", résume Thiem.
"Après le deuxième set, j'ai un peu baissé de niveau, ce qui n'est pas si dramatique contre la plupart des joueurs, mais lui en a profité et m'a marché dessus", décrit-il.
A 33 ans, Nadal devient le premier joueur de l'histoire, hommes et femmes confondus, à être sacré douze fois dans un même tournoi majeur. Le Majorquin totalise désormais dix-huit couronnes en Grand Chelem et revient à deux longueurs du record de Roger Federer. Une motivation, pas une obsession, explique-t-il.
"Il y a très peu de temps, nous ne savions même pas si je pourrais jouer ici, se souvient +Rafa+. Ce trophée signifie énormément."
"J'ai renversé une situation compliquée ces quatre dernières semaines. Ce changement de dynamique, c'est la chose dont je suis le plus satisfait. Ca rend ces dernières semaines très spéciales", insiste-t-il.
 

- "Gros coup de moins bien" -

 
Car derrière la force de l'habitude, il y a une trajectoire récente plus chaotique qu'on ne l'imagine.
Quand, mi-mars, Nadal est trahi par son corps une énième fois, il est "groggy". "Après Indian Wells (forfait avant sa demi-finale, ndlr), mentalement, j'ai eu un gros coup de moins bien. Ca a été vraiment compliqué de revenir en forme, et de retrouver cette énergie dont j'ai besoin pour bien jouer", confie-t-il début mai.
"Les gens ne s'en souviennent pas parce que j'ai fini la saison N.2 mondial, mais l'année dernière, je n'ai joué que neuf tournois et je ne suis allé au bout que de sept, j'ai dû abandonner à l'Open d'Australie, puis à l'US Open. Ca a été difficile. Mentalement, même si j'ai réussi une grande saison, j'ai dû accepter très souvent des problèmes", rappelle-t-il.
A ce moment-là, "Rafa" enquille blessure sur blessure depuis six mois et son abandon en demi-finales de l'US Open début septembre. Si sa finale à l'Open d'Australie fin janvier a un effet trompe-l'oeil, son corps le lâche de toutes parts : en bref, genou droit à New York, abdominaux à Paris fin octobre, cheville droite opérée début novembre, cuisse gauche à Brisbane début janvier, main à Acapulco fin février, et genou qui grince de nouveau à Indian Wells.
"Trop de problèmes. J'ai eu besoin de temps pour accepter ça", résume-t-il. 
Mais le temps presse pour Nadal, car déjà, la saison sur ocre, sa surface chérie, se profile alors. Inhabituellement, il l'entame cahin-caha avec un revers en demi-finales à Monte-Carlo (contre Fognini) mi-avril.
 

- Un mois pour se relever -

 
Le tournant a lieu la semaine suivante, à Barcelone.
"Le premier match (victoire 6-7, 6-4, 6-2 contre Mayer), c'était un désastre, probablement le match de ma carrière que j'ai joué avec le moins d'énergie. Après ça, je suis resté seul quelques heures dans ma chambre, et j'ai réfléchi à ce qui m'arrivait et à ce que je devais faire" pour le régler, raconte-t-il. 
Il écarte alors l'option de "faire une pause pour permettre à (son) corps de récupérer" et décide de "changer drastiquement (son) attitude et (sa) mentalité". L'effet est immédiat : "Le lendemain matin, je me suis réveillé avec une énergie différente. A partir de ce moment-là, j'ai fait des progrès."
Malgré la défaite, sa demi-finale contre Thiem dans la capitale catalane lui permet d'identifier des pistes de progrès. A Madrid début mai, il chute encore aux portes de la finale (contre Tsitsipas) mais "sent de nouveau cette énergie qui fait la différence." Puis à Rome, une semaine avant Roland-Garros, il finit par soulever son premier trophée millésimé 2019.
Dans un timing serré, un mois précisément, Nadal a reconstruit match après match sa carapace indestructible ou presque. 
Tout au long de la quinzaine parisienne, il en a fait la démonstration éclatante.
En finale dimanche, la perte de la deuxième manche l'a comme piqué au vif. Thiem, lui, a sans doute payé aussi sa débauche d'efforts pour venir à bout du N.1 mondial Novak Djokovic en cinq sets à cheval entre vendredi et samedi.
Le douzième sacre parisien de "Rafa" étend encore la domination sans partage du "Big Three" qu'il forme avec Federer et Djokovic : le trio a désormais raflé les dix derniers titres majeurs.
 

 


le Lundi 10 Juin 2019 à 06:43 | Lu 181 fois





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