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Retraites: secousses à tous les étages, avant les motions de censure



Paris, France | AFP | lundi 02/03/2020 - Un Premier ministre qui prend un risque, une majorité un peu secouée, gauche et syndicats qui ne désarment pas: le recours au 49-3 pour faire adopter la réforme des retraites provoque des répliques, à la veille de l'examen probable de deux motions de censure.

Edouard Philippe au front

C'est a priori mardi, après la séance des questions au gouvernement, qu'Edouard Philippe fera face aux deux motions de censure de la droite et de la gauche, déposées samedi aussitôt après l'annonce du 49-3 pour faire passer la réforme. Elles seront défendues par Damien Abad (LR) et le communiste André Chassaigne à l'Assemblée nationale.

Le rejet de ces deux motions ne fait aucun doute, tant sa majorité est large au Palais Bourbon : 299 LREM et apparentés et 46 MoDem, soit 345 députés sur 577. Le projet de loi sera alors considéré comme adopté.

Mais le Premier ministre connaît pertinemment le coût politique du recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, qu'il a lui-même combattu quand il était député d'opposition face au gouvernement de Manuel Valls sous le précédent quinquennat. Sa décision intervient alors qu'il est en pleine campagne municipale au Havre. Sa permanence a été taguée et caillassée samedi soir.

Il était encore réticent il y a une quinzaine de jours au 49-3. "C'est normal qu'il n'en ait pas envie, c'est lui que ça expose et qui prend le coup", soulignait un député LREM.

M. Philippe s'expose aussi à nouveau à la mobilisation sociale: les organisations syndicales opposées à la réforme - CGT, FO, la CFE-CGC, FSU et Solidaires... - appellent à des manifestations mardi pour dénoncer un "passage en force".

La majorité bousculée

"Le débat tournait en rond", "ça n'avait aucun sens": les cadres du groupe LREM se sont succédé devant les micros pour défendre l'utilisation du 49-3 face à "l'obstruction" de la gauche de la gauche.

Mais les quelques "marcheurs" de l'aile gauche, qui avaient déjà fait part de leur hostilité à cette arme de la Constitution, n'ont pas changé d'avis... C'est "toujours une forme d'échec et aucun parlementaire ne peut s'en satisfaire", a tweeté Aurélien Taché.

"Aucune surprise en effet mais quelle déconvenue !", a également réagi Martine Wonner, qui veut que "le gouvernement travaille différemment, et s'appuie sur les parlementaires" pour "cet acte 2 du quinquennat".

Le sénateur Michel Amiel a annoncé qu'il quittait LREM après cette décision, "une profonde déception".  

Pour rassurer les troupes, le gouvernement et le chef de file des députés LREM Gilles le Gendre répètent qu'ont été intégrés des amendements de la majorité comme de l'opposition, ou issus des négociations avec les partenaires sociaux. Ceci sur de nombreux thèmes: avocats, droits familiaux, pensions de réversion pour les divorcés, et aussi suppression d'un article sensible qui était vu comme une incitation au développement de la capitalisation.

Droite et gauche: des stratégies différentes

Chez les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon s'appuie sur la séquence pour appeler à de nouvelles "mobilisations populaires", dès mardi et sans violence qui, selon lui, "ne sert que le régime". Mais son collègue LFI François Ruffin considère que les motions, c'est "du bidon": il réclame "une dissolution de l'Assemblée nationale".

Olivier Faure (PS) appelle à un vote sanction aux municipales face à un gouvernement ignorant "les syndicats, le Conseil d'État, la rue, les parlementaires".

De son côté, la droite veut faire de sa motion de censure "une motion de propositions" plus que "d'obstruction", afin de présenter son contre-projet, insiste le chef de file des députés LR Damien Abad.

Le RN votera toutes les motions de censure, d'où qu'elles viennent, en critiquant la "brutalité du gouvernement".

Les oppositions n'ont pas dit leur dernier mot: l'Assemblée nationale devra examiner, sans doute à partir de mercredi, le second volet de la réforme, le projet de loi organique, objet de 2.000 amendements.

Les deux volets partiront ensuite au Sénat, à majorité de droite. Son président Gérard Larcher réclame de décaler les séances à "début mai", pour prendre en compte les conclusions de "la conférence de financement" entre partenaires sociaux. Mais le gouvernement table toujours sur les deux dernières semaines d'avril.

Rédigé par AFP le Lundi 2 Mars 2020 à 10:59 | Lu 213 fois




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